‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 30 sur 103 · D'ABORD CE QU'IL N’EST PAS QUESTION · texte numérisé non relu

D'ABORD CE QU'IL N’EST PAS QUESTION

Aït. ler. L’Ame connait-elle les Corps par l’intellect? Certains philosophes Grecs, matérialistes des premiers temps, Thalès, Empédocle, Héraclius, matérialisèrent l'intelligence, la sup. posant de même nature que l’objet extérieur d’où connaissance.

elle tirait sa

De plus, poussant leur théorie jusqu’au bout et soutenant que les choses sont soumises à un flux et un reflux perpétuels, ils niè— rent Ja certitude de toute Connaissance,

Voici comment ils pro cédaient.

\1) Pour éviter toute confusion, permettez que j'établisse férence qui existe entre intellect et intelligence : Intellect signifi té intellectuelle mais en puissance,

ici la dife la facul

tandis que intelligence Signifle la mê-

me faculté, mais actuée par son objet, d'où l'on dit d’une chose qu'on com

prend : j'en ai l'intelligence et non j'en ai l'inteliect.

gros être

loin

| des tici-

Tont ce que (1) nous connaissons, noun le connaissons d’une manière sensible : car il est impossible que le canin soit d’un aux tre erdre que le connaissable. Or étant donné que pour eux tout “tait essentiellement mobile, instable, ‘changeant, ils aboutissent fatalement au scepticisme le plus complet.

Platon, venant après eux, tomba dans l'excès contraire.

Comme ses prédécesseurs, il croyait que la connaissance ne peut pas être d’un autre mode que l'objet connu. Or constatant Comme eux la mobilité dans les choses, d’un autre côté, voyant qu’il avait des pensées dmmuables, universelles, certaines, : il ne Savait comment concilier les deux.

C’est alors qu’il imaginn un système basé snr des substances

universelles, séparées, des idées types d’après lesquelles existent les substances singulières sensibles.

Voyant que l'intelligence a pour objet l'être, l'aniversel, il se disait : Ce n’est pas dans les choses singulières, matérielles que je trouve cet objet ; done il existé des substances universelles géparées, des formes pures, immaïtérielles, supra sensibles,

D'où pour lui deux mondes réels: le monde matériel et l’ime watériel, le monde sensible et le supra sensible, deux mondes superposés et par là absolument semblables ; car d’après je ne sais quelle harmonie préétablie, le premier de ces mondes immatériel, invisible, est le type parfait de l’autre, matériel, visible, sur le. quel il est calqué.

De là, poussant plus loin, il établissait ce parallèle entie les deux et disait: De même que mes sens Connaissent les singuliers du monde visible, de même mon intelligence connait les stbstances universelles du monde invisible et supra sensible,

Evidemment l’idée était ingénieuse. Par cette invention des formes séparées, universelles, énvariables par conséquent, Platon échappaît au double inconvénient dans lequel ses prédécesseurs étaient tombés, à savoir la seule perception purement sensible et la mobilité des choses: mais ce n'était là éviter Charybde que pour Scylla, et heurter contre une #ütre difficulté non moins in.

mare mm ne

(1) N'allez pas croire pourtant me ces Grecs fussent des esprit grossiers; c'étaient des intelligences supérieures, les plus

être qui atent 2

subtiles peut- Aussi iours systèmes tels qu'exposés par eux, sont

loin d'être ridicules.

ET conséquente et non moins grave. ,

En effet si notre intelligence ne perçoit rien des choses exté= rieures sensibles, elle n’en peut tout au plus avoir qu'uue simple probabilité. De là les deux graves inconvénients qu’en fait ressortir le St. Docteur :

(10) D’abord les sciences relatives au monde matériel sont par là réduites à néant, ou tout au moins à l'incertitude, et il ne reste de certain que la métaphysique qui seule est basée sur l’universel, sur l'être. *

(20) En second lieu, il semble étrange, tout au moins, qu’en

cherchant à atteindre ce monde visible, j'atteigne un monde in-

termédiaire, factice, que vous posez ainsi entre ce monde visible et mon intelligence. Comment dès lors pourrait-on porter un jugement sur le monde sensible, si c’est un tout autre monde? Suns doute Platon affirme qu’il est tout-à-fait semblable au premier et en est le type; mais ce monde ayant son existence propre et par conséquent étant distinct du mouce sensible —qu’il ressemble ou non à ce dernier—n’est pas lui en définitive. Ils'en sut que le monde matériel nous échappe, et Platon, pas plus que nous, n’a le droit d’affirmer la ressemblance où la non ressemblance; car pour avoir le droit de porter un jugement, il faut connaître les deux termes, et dans le cas présent, chacun de ces deux mondes. Or, d’après son propre aveu, l’un des deux lui échappe. Comment St. Thomas refute-t-il l'erreur commune à Platon et aux matérialistes, À savoir que la connaissance ne peut être d’un autre mode que l’objet connu ? Tout simplement par ce fait basé sur l’expérience, que puisque dans la matière elle-même, unique récipient, la forme est reçue À tant de nuances, de degrés et d'états divers, il ne faut pas s’étonner que des modifications bien plus profondes encore s'imposent aux formes lorsqu’elles sont reçues dans l’intelligence. De ce fait indubitable, basé sur lexpé— rience, St. Thomas déduit cette loi absolue et universelle que toute forme subit le mode, les conditions du milieu où elle est reçue, Or l'intelligence étant une faculté immaiérielle, la forme, pour y être reçue, devra donc subir son mode, ses conditions, et, de matérielle qu’el'e était, devenir immatérielle et partant immobile. D'où la conclusion de sou article : ‘Direndum est e1go quoi anima per intellectum cognoscit corpora cownitione immateriali, uni.

versali et necessariA.

Plat

plus obsc moy taire son vrag de P eebr Doc!

Flan tiqui Thor

Dans les articles suivants, St. Thomas s'attarde À réfuter toutes les erreurs dans lesquelles sont tombés les premiers philosophes, à cause de leur faux principe que le St. Docteur exprime par ces mots : ‘’simile simili cognoscitur.” Ces systèmes disparus depuis mille ans n’ont pas besoin de réfutation. si l’on veut, les lire dans le texte qui est très clair. Il ÿY aurait Cependant dans les articles IV et V, des choses très intéressantes à reproduire ici sur l’exposé de la théorie de Platon et de celle d’Avicène qui en réalité n’a fait que porter et reprendre à ga façon, sur le terrain de la philosophie, la théorie guostique qui fait sait elle aussi émaner les Dons les uns des autres. St. Thomas aura recours à c: dernier et surtout à Platon. notamment dans la théorie où il expose comment est opérée par Dieu l’infusion des espèces intelligibles dans les anges,

C’est ainsi que les théories Platoniciennes entreront par St. Thomas aidé de St. Augustin, dans la théologie catholique, principalement au sujet des idées divines, (1) du Verbe des anges et et de l’âme une fois séparée du Corps. C’est ainsi que s’opéra, dans l'œuvre du docteur Angélique, la fusion entre les deux phi-

losophies opposées de l’antiquité paienne, celle de Platon et celle d’Aristote.

Ou pourra,

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