WEBSTER, N.Y
23 WEST MAIN STRBET
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naissance humaine dépend exclusivement du sujet connaissant, exprime les formes et les lois de sa constitution sans avoir” au- Cune force représentative ‘du monde extérieur.”
On conçoit qu’en faisant de toutes les connaissances humai. nes ‘‘les lois constitutionnelles du sujet connaissant,” l’on mettait à l'abri de toute attaque, les notions fondamentales de la philosopüie, mais au prix de quel sacrifice ? n’était-ce pas sacrifier d’un seul coup toute la réalité de l’ordre expérimental et objectif ? et Cependant c’est l’œuvre tant vantée depuis que Kant a poursuivie et réalisée dans son ouvrage célèbre intitulé : ‘‘critique de la rai. son pure.” Notre dessein n'est pas d’entreprendre une exposition délaillée de son système ; nous n’en avons ni le courage ni le temps. Ilÿ aurait peut-être témérité de notre part de vouloir rendre un compte exact l'œuvre d’un homme dont Joubert a
pu dire en toute vérité : ‘C'esy un Athas taillé en philosophe. On s’y casse la tête.” [1]
Nous uous contenterons d’examin rons d'établir brièvement et avec le plus de clarté possible, les points fondamentaux de ce grand système et d'exposer le procédé par lequel le philosophe allemand cherche à exclure de nos con. : naissances toute valeu:: objective au point de vue représentatif. Il nous sera facile ensuite, après une semblable exposition, de
sigualer l'insuffisance et la fausseté de cette conclusion fondamentale du système Kantien.
er les bases, nous essaie.
En présence de la certitude qu'ont acquise l'astronomie et
les mathématiques, du jour où elles ont été en Possession de leur véritable méthode, Kant se pose cette interrogation: ‘Les incertitudes de la philosophie ne proviendrait.elles pas, elees aussi, d’un manque de méthode ?” Observant que dans la théorie des Connaissances humaines, on a toujours, par le passé, cherché à (1) Comment voulez-vous qu'on le comprenne,
pre aveu, il ne se comprenait pas luià un de c2s plus brillants élèves qui s tre. Il est bien chanceux répondit le prend pas moi-même Mon intentio ment de ridiculiser le philosophe, plement faire ressortir que €
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les expliquer par leur origine objective ‘‘et extérieure,fil se demande si l’on ne pourrait pas partir d’une hypothèse et subordonner À son tour le monde extérieur au sujet pensant. Mais le grand astronome de Thorn Copernic son compatriote, n’a-t-il pas trouvé les Lis du mouvement des astres et démontré I£ rotation terrestre daus un ciel immobile? Plus grand que son époqueset au-dessus des préjugés de son temps, n’a-t-il pas dû, pour établir son immortel système, démolir des croyances aussi anciennes que le monde? Renonçant aux appar-nces pourtant si fortes, j'allais dire presque irrésistibles qui jusqu’à lui avaient séduit et trompé l'humanité, ne fonda-t-il pas , à leur encontre ce merveilleux systême? Alors pourquoi la même révolution ne serait-elle ras possible dans le domaine de la métaphycique? Kant crut devoir tenter cette révolution. Jugeant qu’on avait trop longtemps condamné le sujet à l’objet il déclara qu’il fallait enfin renverser cet ordre et établir le sujet comme centre autour duquel tous les mondes expérimentaux et scientifiques devaient évoluer.
Le point de départ du système de Kant est donc un essai d'interprétation des connaissances humaines en se plaçant à un nouveau point de vue. Seul ie succès de cette tentative pourra en justifier la valeur. Au lieu de discuter sur les objets de la pensée, soit pour les affirmer, soit pour les nier, le philosophe allemand reporte sa réflexion sur la pensée même pour l’analyser, la disséquer, en scruter la nature et en délimiter la puissance. Ce qu’il lui importe de savoir, ce n’est pas ce que nous connaissons, imais commeni nous le concaissons.
Comment édifiera-t-il son système, et réaïisera-t-il son hypothèse? C’est ce qu’il nous reste à voir.
Pour établir son système Kant n’a réellement qu'un chemin à prendre, il n’a qu’une voie onverte; c’est de faire successivement la critique de toutes les facultés humaines qui sont pour nous des iustruments de connaissance, et de montrer, pour chacune d’elles, que les données spécifiques apportées par elles sont le fruit et le résultat ‘‘de leur constitution intime” mais nullement et en aucune façon des données venues du dehors. Les choses sont pour nous comme nous les pensons, voilà du moins ce qu’on peut affirmer a priori. Mais comment pensons-nous ?
Qu'elle est en réalité ia constitution de nos facuités intellectuelles ? Pour Kant l’universalité de la connaissance humaine se ré-
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