‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 38 sur 103 · OBSERVATIONS PSYCHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS PSYCHOLOGIQUES

C’est un principe reçu que l'importance respective des caractères d’objectivité et de subjectivité qui accompagnent nos connaissances, détermine lenr nature objective ou aubjective. Au dire de Kant, nous discernons tout d’abord dans notre connaissance un caractère de subjectivité, celui

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u'ont éprouvé toutes les âmes qui o re. Il faut ne devenir qu’un av pour en sentir tout le Charme et en lire tou

également en évidence par la ‘difficulté’

fléchir sur le sujet, de nous saisir nous.

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dition qu’on nous impose est de fermer extérieur qui nous distrait et nous absor centrer au moins pour un temps,

de nos facultés dispersées ordinairement sur

d'objertivité n’est que secondaire; si nous

ecutraire le rôle dominant de ce dernier, nous devons en donner des raisons. La première preuve de cette affirmation est que je constate avec évidence que la: raison d'objet précède la rai. son de sujet. Et cumment en serait-il autrement ? comment la raison d’objet ne serait-elle pas nécessairement la première mani festée, puisque tout nous vient de l'objet? Kant lui même est obligé de l’admettre. Qu'il appelle cette loi empirique de l'objet sur le sujet, phénomène ou apparence, peu importe, cette sensation première n’en est Pas moins pour lui comme pour moi la production du non moi, ou si ce mot production répugne à Mr Kant, mettons occasion. C’est doric le Caractère d’abjectivité qui se manifeste primordialement duns le fait de notre connaissance. Et ce n’est que plus tard, grâce À un effort qui lui permet de se replier sur elle-mêm2, que la raison Coutracte ce caractère pP'ononcé de subjectivité que lui impose l'intervention de la réflexion.

A. L’inégalité de ces deux earactères ce est tellement sensible que parfois nous de l’objet, abstraction faite du sujet. &’objet absorbe tout et la raison de subjectivité se trouve complètement effacée.

Qu'un homme, admirateur de l’art, se trouve en face d’un tableau de maître représentant nne scène historique, il ne maîtrise plus son impression et reste absorbé par son sujet. Epris de la même conception idéale que le peintre, il sent toute Ia beauté de l'œuvre, en examine tous les détails, vit de cette scène, s’identifie avec les pereonnages, et peu À peu, dans son enthousiasme crois. sant, perd conscience de ce qu’il est et de ce qu’il fait. Voilà ce

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B. Le caractère de l’objectivité de nos

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N'est-ce pas là le conseil universellement donné par les contemplatifs? Ne faut-il pas, d’après eux, rentrer tout d’abord en soimême, se retirer tout-À-fait de ce monde, c’est-à dire se dégager le plus complètement possible de ses sens, silon veut pouvoir enfin se ressaisir, prendre possession de soi et se parler? Une preuve non moins palyræable, c’est qu’il nous est certes bien moins facile de regarder au dedans qu’au dehors, c’est que la réflexion chez l’homme est chose très rare. ‘Desolatione desolata est ter. ra, s’écrie le Seigneur par son prophète, quia nullus est qui recogitet corde.”

Ce reproche que Dieu faisait À son peuple, nous pouvons nous l’addresser chaque jour À nous-même, à nous surtout américains, peuple excessivement act: qui marchons toujours de l’avant sans jamais prendre le temps .de regarder quelque peu en arrière, Pourquoi la science a-t-elle toujours eu si peu d’adeptes dans le monde sinon parce que la science ne peut s’acquérir sans la réfiexion? Or la réflexion n’est pas même possiple au grand nombre, absorbés et pris qu’ils sont par ces mille et une sollicitudes de l'extérieur qui sans cesse et saus relâche les aseiègent, les poursuivent, agitent leur pensée et consument leurs forces. Ils ne vivent pas; ils sont vécus. Or être ainsi pris et dominé par l'extérieur au point d’en être lesclave ‘‘d’être vécu” par lui, est-ce bien là du subjectivisme? qu’en

. pensez-vous ?

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