‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 48 sur 103 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MATERIALISME (1) DE L’EXISTENCE DU MONDE, DE SON ORIGINE ET DES PRINCIPES QUI LE CONSTITUENT.

Avant d'entreprendre la réfutation du matérialisme et de ses nombreux systèmes, il importe que nous donnions ici un aperçu du point de départ de son évolution et des rapprochements étonnants qui existent entre luiet le matérialisme ancien, entre ces théories d’autant plus nouvelles à mon sens qu’elles sont plus an. ciennes, et les théories de l’école d'Empédocle et de Mélisse qui nous montrent le matérialisme encore dans les langes,

Commençons d’abord par exposer les théories anciennes,

D’après St. Thomas (1a P. quaestio 44 )il y ent trois étapes bien distinctes dans l’évolution philosophique des premiers siècles. Les premiers philosophes(2) ne sont pas montés plus haut que nos savants modernes duns la série des causes. Ils #e sont bornés à l’étude de la matière et de ses phénomènes purement extérieurs. Ne voyant dans les corps que de la matière, ils ne cons. tatèrent jamais comme conséquences des transmutations, pour eux, purement accidentelles des formes, d’autres lois que celles que ions appelons aujourd’hui l'attraction et la répulsion,

C’est le système actuel des mécanistes personnifié en Alle. magne par Hoeckel, disciple de Darwin qui, après avoir constaté l'existence du monde et la t'ansmutation accidentelle de certains

Corps en d’autres corps, avoue son impuissance à reconnaître l’o«

rigine et la fin de la matière, Ce système a pour représentant en Angleterre Herbert Spen-

cer, qui lui, va jusqu'à nier l’origine de la matière,

Arrêtons-nous à cette première étape de l’évolution philoso-

(1) Le R. P. Gardeil a déjà publié à ce sujet dans la Revue Thomiste (années 92—93 et suivantes) une série d'articles remarquables intitulés : L'Evolutionisme et les principes de St. Thomas.

(2) Les philosophes des quatre éléments n'ont fait que bégayer sur la composition les corps; Aristote les appelle des conscrits. Venus après, Empédocle et Anaxagore ont fait avancer d'un pas la question, puis vinrent Aristote et Platons, ces deux puissants génies à l’apparition desquels on vit jaillir presque la pleine lumière. Enfin il était réservé à St. Thomas de dissiper les dernières ombres dans cette question 4#ième que j'appellerais volontiers le nœud de toute la première partie de la Somme.

phique et voyons au juste ce que les premiers philosoplres ort enscigné sur l’existence du monde, sur son origine et sur les prinepes qui le constituent.

‘Non euraverunt, dit St. Thomas {Physique liv. E. leet. 24} nisi de causâ matériali, dixerunt différentias rérum non esse nisi accidentales, et earum sabstantiam esse materiam. Unde secnndum quod de prineipio naturali loeuti sunt, ita et de entibus, ita qnod qui umum tantum principium materiale eognoverunt, unum tantum ens seeundum substantiam esse eontenderunt, qui autem pluræ, plura et entia.”

A propos des Monistes, Tilman Peseh fait une remarque qui est très juste: ‘Il y a dit-il, deux monismes: Un monisme outré celui qui réduit tout ee monde à up seul être immobile””-c'est le monisme de Parménide et de Mélisse. ‘*Et un monisme mitigé qui tout en n’admettant qu’un seul principe, admet cependant diverses modifications de ee prineipe unique selon les méthodes diverses d’après lesqueiles il évolue”—c’est le monisme de Thalès

-et de tons les moristes de son éevle, la seule suivie par les matériaiistes de nos jours.

Après le monisme de Thalès et de Mélisse, vient le mécanisme de Démoerite qui, voyant l'impossibilité de n’admettre qu’une substanee, a ffirme l’existence du vide. De plus, loin de nier la mobilité —ee qui n’est rien moins que nier la nature elle-même dont la seule vraie définition est Ens mobile. — Démoecrite affine que tout est mobile et divisible à l'infiui: ‘Tout se meut dans

Finfini, voilà ce qu’il constate. D’où vient ce mouvement? en.

quoi consiste-t-il? El ne s’en oecupe même pas. Epicure qui vient après, essaye d'expliquer ce mouvement par la pesanteun ; mais comme la chute perpendiculaire est insuffisante à expliquer la rencontre des atomes pour ls formation des corps, il en est réduit à imaginer une certaine chute oblique, qui permet cet effet.

La théorie de Démocrite est à mon avis, le dernier mot du matérialisme. Si son système est faux, il a au moins sur celui des modernes l’avantage immense d’être conséquent avec luimême.

Démocrite compare l’âme à un diublotin de mercure, excessivement mobile, répandu dans toutes les parties du corps. Elle est composée d’atomes d’une nature très subtile; la forme onde qu'ils affectent, la surface lisse qui les caractérise, et la substance

de de

res orrt les prin-

leet. 24} esse nisi je secunbus, ita nt, unum ui autemr

arque qui isme oule”’-c’est ne Mitiyé dant dihodes die ‘Fhalès

par les

mécanisre qu’une e nier la lle-même > affinne ut dans

ent? en.

icure qui santeur ; xpliquer n est rét effet.

mot du sur celui vec lui-

excessi- )s. Elle me 20nde ubstance

ignée dont ils sont formés, contribuent puissamment à les rendre souples et pénétrants. Susceptibles de se corrompre comme toute matière, ils se renouvellent incessamment par la respiration. Cela doit vous paraître ridicule. Eh bien j’affirme que je ne ‘connais ricn de plus grand en fait de matérialisme, c'en est là certainement le dernier mot on n'ira jamais plus loin.

Que ke monisme paraisse ridicule, il n’y a rien d’étrange, et cependant n'est-ce pas à lui que conduisent toutes les grandes théories urodernes ?

Page 1