L( COTE METAPHYSIQUE DE LA QUESTION
Après Thalès et Démocrite, viennent Platon et Aristote qui, de V’urté qui se trouve au fond de la multitudeet de la diversité des êtres sent remontés à la cause de l'univers.
Voici le principe indiscutable sur lequel ils s’appuient :
‘‘Diversa in quantum hujusmodi, non faciunt unum”’—on bien cet autre non moins é.ident: ‘*Unumest causa unius.” Peu importe pour Le moment la voie qu'ils ant suivie dans leurs recherches,
Platon prenait pour point de départ la simple multitude, Aristote s'élevait de la hiérarchie des êtres à un premier être en dehors de la série (IL métaphysique lect. 2 et XII métaphysiques).
Or St. Thomas réunissant ces deux considérations dans un point de. départ encore blus général disait: ‘El faut que l’universef en attribution tire son existence de l’universel en perfection, c’est-à-dire, de l’Etre universel-existant par soi. La raison qui de lui fait affirmer est celle-ci :” Plus une cause est élevée dans la hiérarchie des causes, plus elle embrasse d'objets, Par suite une cause intermédiaire ne peut pas expliquer tous les eftets d’ure cause plus hante.—Par suite, aucune créature (ange même où ciel) n’explique la production de l'être d'existence, forme univer. selle, qui s'étend à tous les objets, (ÿ compris l’ange et le ciel), Vis à vis de l’être universel que n’explique aucun des êtres aux. quels il convient, il faut poser une ‘cause extrinsèque” à la série, Cette cause sera l’Etre par essence à savoir le Créateur, come son effet, la créature, est l'Etre par participation.
De cette manière, St. Thomas tend parfaitement compte de
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l’'Un qui gît sous la multiplicité des êtres mais le multiple qu'est. ce qui en rendra compte ? Si l’être par essence est source de l’unité dans Jes êtres, qu'est-ce qui m’expliquera la multiplicité ? Il est certain que l’un existe avant le multiple, au moins de priorité de nature, sinon de priorité de temps. Par conséquent, l’Un existant, il n’a dû jamais y avoir que de l’Un. Et c’est le cas de citer l’axiome philosophique ‘‘Unum est causa unius—Ergo nihil est nisi sit unum. St. Thomas en s’évertuant à prouver l'unité dans les êtres n’a fait que déplacer la difficulté. La multiplicité ne pouvait expliquer l’unité, et maintenant l’unité ne peut expliquer la multiplicité, Cependant il est hors de doute que la multiplicité existe. En présence de cette difficulté, Parménide ejette le multiple. Voici son raisonnement: ‘*Quidquid est praeter ens, est non est-id est nikil, sed ens est unum, atqui unum et ens convertuntur, Ergo est tantum unum ens.
Quidquid est praeter eus est nou ens. Nego majorem— quia praeter Deum scilicet praeter Ens per se existens sunt plura et entia non per se quidem, sed per participationem tamen existentes. Unde de majore debet poni : Quidquid est praeter entia ‘est non ens, :
L’abandon du multiple et ce monisme outré ont dérouté la physique ancienne.
Nous n'’imiterons pas Parménide qui nie l’évidence dans son impuissance de l’expliquer. Nous l’admettrons et nous l’expliquerons, :
Ce problème de la multiplicité est un problème métaphisique de premier ordre,
C’est précisément ce côté métaphysique dun problème que St, Thomas aborde tout d’abord.
Mais c’est surtout le côté physique de la question qu’il nous importera d'approfondir : parce qu’il est la réfutation directe des fausses théories métaphysiques des physiciens tant anciens que modernes,
Rappellons-nous que les premiers, les physiciens les Grossiores existentes dont parle St. Thomas ; ou mieux encore, les conscrits comme les appelle Aristote, rappelons-nous que ces conscrits, qui ont bégayé sur la composition des corps supposaient ia matière éternelle éternellement animée de mouvement d’attraction et de répulsion. Les jrincipes de ces mouvements étaient pour
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Empédocle ’amitié et la discorde, principes qui se rattachaient au système de Bémocrite dont le seul principe était le pur hasad. Quant au principe d'Anaxsgore qui est l'intelligence immixte, nous ne saurions le confondre avec Îles deux précédents desquels n’admettent nullement pour la composition des corps la aécessité d’une idée directrice, (. métaphysique)
Quel sera le principe de la distinction des choses? Deux opinions se présentent pour résoudre cette question. L'opinion de Démocrite la résout par le hasard (ou celle d’Empédocle dont la théorie de l’amitié et de la discorde peut se réduire à celle du pur hasard). En secomi lieu, l'opinion plus distinguée d’Anaxagore admet la nécessité d’un Zntellect.
{ Démocrite—Le hasard, Empédocie--L'amitié et la discorde
20 Anaxagore—L’intellect
À ces deux opinions anciennes correspondent exactement les deux grandes théoriee modernes à savoir le Mécanisme personnilé dans Hoeckel et le T'éléologisme de Hartman. Notre devoir sera de les suivre sur leur terrain et de leur montrer 10 l’insuffsance de leurs explications physiques pour résoudre un tel problème et 20 La fausseté métaphysique de leurs arguments physiques.
N'oublions pas que le Mécanisme et le Téléologisme correspondent exactement aux deux célèbres théories anciennes, et que ces deux théories sont aujourd’hui les deux grandes formes de l’évolutionisme, lequel comprend tous les problèmes modernes : à savoir :
La formation des astres dérivent de la nébuleuse H. Spencer.
M. Faye, Thompson:
Wurtz.
L’oxigine des principes immédiats non organisés Berthelot,
La Genèse des protoplasma-ferments-moississures —Scherzenbergue,
Le développement des espèces par la concurrence vitale pa-
rallèle: au développement de l'embryon. Iafluences des milieux et sélection naturelle—Darwin.
La génération spontanée—Les microzoens—le monisme— Souchet,.
primitive {
L’atomisme |
L'hérédité et les signes ataviques inférieurs, des animaux supérieurs —l’éducation et le développement des instincts— l’origine des facultés par l'exercice des mouvements réflexes —Prezer.
L'existence de l’homme des cavernes—craniologie -la signification des civilisations primitives—Mr. Broca.
Il nous est impossible d'aborder ce problème dans toute son étendue ; qu’il nous suffise d'exposer avec St. L'homas, les chefs de réfutation fondamentaux.
Comment Dieu a-t-il pu réaliser le multiple. On répondra : C’est qu’il l’a voulu. Personne ne le conteste, mais comment donnera-t.on une explication suffisante et évidente, si l’on s’en tent uniquement à l'effet de son libre arbitre? Ce ‘libre arbitre” n'est pas une explication. Nous cherchons en Dieu, être indivi. duel et absolument un. Une détermination qui puisse être regardée comme la cause propre c’est-à dire comme la cause actu causans de la multitude des êtres, et nous trouverions cette cause suffisante où cause actu causans dans son libre arbitre. Est-ce que le libre arbitre de Dieu a’est pas Dieu lui-même? Dès lors, n'est-ce pas l’Un et toujours l’Un simple et indivisible ? Comment en ferait-on sortir le multiple? Cominent l’unité deviendrait-elle cause de la pluralité! Pour répondre à cette question il faut distinguer entre la nature d’une causc naturelle, c’est-à-dire d’une cause qui produit fatalement son effet toujours égal ct commensuré à son être. Bos semper generat bovem: il faut distinguer entre cette canse fatale, aveugle en quelque sorte, et la cause libre, c’est-à-dire basée sur une intelligence, et qui, dépendant d’elle, lui fait concevoir des formes distinctes, des idées absolument distinctes; comins l’artiste qui, dans un seul tableau put renfermer plusieurs plans superposés ; il n'en est pas moins vrai que ces idées divines si nombreuses, si multiples les supposiezvous, ne sont et ne peuvent être ‘‘qu’une seule chose” avec Dieu, et que le nier, c’est nier l’unité de!Dieu, Par conséquent elles ne peuvent pas introduire ‘la multiplicité en lui.” En un mot Dieu est Un, or l’un ne saurait être cause du multiple.
Cette conclusion est erronée, Car mon âme absolument une et indivisible, est cependant multiple dans ses puissances et dans ses actes ; elle renferme réellement, éminement les trois vies végétative, sensitive, intellectuelle, lesquelles n’affectent en rien son unité et son indivisibilité, puisqu'elle les possède virtuellement et
non séparément et à l’état superposé, y a en lui Unité parfaite; mais distinction virtuelle, et partant, existence éminente de la multiplicité.
elle même, n’eu est pas moins, en tant que ‘‘divèrsi mode imitabilis” le principe suréminent de toutes ses formes, et sutlisant par Couséquent pour trouver en lai-mêine la raison d'être de leur distinction nécessaire, Comme conclusion de ce problène pris au point de vue métaphysique, nous n’avons rien de mieux que la Synthèse magnifique du monde faite par. St. Thomas dans sa Somme contre ler Gentils(Livre LIL, eh. 97ième.)
En dehors de la doctrine métaphysique qui place la cuuse de la distinction, de la différentiation ou diversité des êtres dans une Cause transcendante, intelligente et libre c'est-a-dire en Dieu. Il n’y a en réalité que deux théories possibles,
Le Mécanisme matérialiste et le Téléologisme panthéistique. Tous deux, nous l’avons vu, mettent la canse de la distinction des êtres dans l’univers lui-même.
nante et non tr'anscendante, C’est d’un mot—La Nature.
C’est pourquoi, si l’on avait demandé au mécaniste Démocrite ou au finaliste Anaxagore : qui nous a crées et mis au monde ? Ils auraient répondu : lanature, Qui a crée le monde? la nature ; par conséquent, qui est Dieu? la nature.
St. Thomas a parfaitement caractérisé le système de Démocrite. La matière, voilà son dogme.
la matière, cause de tout. : Deuxièmement, la matière est douée de mouvement. Troisièmement le mouvement n’a d’autre loi que
le hasard,
C’est la doctrine de Descartes, fondateur du mécanisme moderne., Lui auséi ne conserve à la matière que l’étendue et la dote C’est son idée matérialisée,
Descarte croyait que l'atome matériel devait recevoir son mouvement de Dieu et être dirigé par lui (c’est le vrai mécanisme scientifique.)
Démocrite pose au contraire l’atome étendn, matériel, essentiellement animé de mouvement, passant de lui-même de la puissance à l’acte et guidé par le hasard dans ses évolutions. Or
du mouvement.
Il en est ainsi de Dieu: Il
L’essence divine, une en