POINT DE RAPPROCHEMENT ET SYNTHESE DES DEUX SYSTEMES
Le ‘principe commun’ qui est le point de rencontre de Dé. mocrite et d'Anaxagore est celui-ei : La matière a primordiale. ment et de pur elle-même la détermination de laquelle doivent sor. tir par voie de causalité absolue, nécessaire —tons les êtres de l’univers.
Dans ce principe même et non dans les détails de leur me, St. Thomas attaque ces deux doctrines,
REFUTATION
Materia est propter forman non à Converso. Distinctio au. tem est per formas proprias, Non ergo distinctio est in rebus propter materiam, sed, potins à CO1vers0, in materia creata est difformitas nt esset diversis formis accomodata. (1)
Le principe posé par St. Thomas peut donc se formuler comme suit : ‘C’est la fin, c’est le but qui commande à la matière et not pas la matière qui commande au but et produit d’elle-
systè-
«1) Ces propositions, nous le verrons, tum esse et du fleri seulement, à cause des adversaires que nous avons en vue, il vaui mieux se placer au point de vue du tieri c'est-à-dire du devenir. Nous considérons dans ce cas la matière (non pas dans son sens strict, c'est-à-dire dans le sens bien déterminé qu'elle a en scolastique lorsqu'elle est partie d’une substance) mais bien comme le moyen d'arriver à la forme qui est la fin de la génération, La matière ainsi comprise rend exactement l'idée des évolutionistes qui du reste comprennent mieux le mot fin que le mot forme. Notons toutefois que pour les mécanistes la fin est un simple terme, un simple résultat qui a uniquement le sens de résultat non de but atteint en vertu de prévision. Enun mot, pour le mécaniste il n'y & pes de causes firales, mais uniquement des causes ‘‘efficientes”" c'est-à-dire une matière aveugle, mais active, et cause de tout.
sont également vraies dn fac-
même un étre à la formation duquel, loin de commander, elle re peut tout au plus que concourir, Ce n’est pas la matière, mais, l'idée type, l’idée directrice qui fait qu’un chêne est et reste ehëêne,, e’est elle seule qui maintient et dinige son évolntionm depwis le: gland jusqu'à l’arbre adulte, Ce n’est pas la matière, mais l’idée type qui fera que de denx œufs dont la composition chimique est identique, il sortira de l’anun aigle, de l’autre un eroeodile, Tant qu'on philosophera, le fori du spiritwalisme, et nous "our: rions ajovter dir bon sens, sers le dogme philosophique d’Aristoteet de St. L'homas : ‘‘Materia est propter formam et non è eonverso; ce qui veut dire que dans tout être physique, qu’on le eonsidère eomme déjà fait ou seulement en train de se faiie, e’est toujours ka matière qui est au service de la forme et nom la forme au service de lu matière, En un mot et pour parler le langage: scientifique moderne : ‘Toute nécessité quise trouve dans la matière vis-à-vis de la fin ‘‘vient de la fin.”
io PREUVE NEGATIVE
Dans la matière pure, il n’y a pas de nécessité vis à-vis de la fin, La raison en est bien simple ; C’est qu’il n’y a jamais d'effet sans cause; pas de résultat sans raison suflisante ; e’est là une vérité que les matérialistes eux-mêmes devraient admettre.
La matière aue, indéterminée, réduite à l’état de pure tendunee telle que l’a conçue Démoerite ou, même de tendance relative telle que l’a eonçue Anaxagore. La matière ainsi eonçue ne rend eo mpte de rien et n’arrivera jamais à exqliquer en aueune fagon les résultats qualitativement différents et eonstants, qui sont ces êtres absolument distincts que nous avons sous nos yeux et qui forment lunivers,
N'est-ce pas là d’ailleurs ee dont s’est parfaitement rendu compte M. de Hartmann? ‘La forme attractive de l’atome corporel tend, nous dit-il, à rapprocher de soi tout autre atome; le résultat de cette tendance est la réalisation du rapprochement. Nous avons ainsi à distinguer dans la ‘‘force” 1o la tendance elle-même eomme acte pur, et 20 le but poursuivi, le eontenu ou l’objet de la tendance. Mais la tendance précède l’accomplissement du but... le mouvement produit n’est donc pas contenu en réalité dans la tendance, puisque ls tendance et lui existent ‘‘à des moments différents.”
elle re
, Mais .
chêne, pwis ler s l’idée:
que est eodile, "out ristote- Onvel— eonsist touforme:
\ngage aus Îlæ
s de la d'effet [à une
> tene relaque ne ine fas, Qui s yeux
rendu 1e Corne: le ment.
dance
nu ou
Et ponritant si ce mouvement n'était pas contena dans Îla tendance, ‘til n'y aurait aueune raison” pour que celle-ci produi. sit l'attraction plutôt qu'autre chose, la répulsion par exemple, wi qu’elle changeñt avec la distance suivant telle loi plutôt que suivant telle autre, Nous n’aurious qu'une tendance vide, la pure forme de la tendance, “sans aucun but” ou contenu déter. miné., La tendance ne poursuivrait aucun but, n'aurait aucun Objet, et par conséquent n’aboutirait à aucun résultat, Or l'ex. périence nous apprend le contraire. L'expérience enseigne bien plutôt qu’un atome n'exerce pas au hasard la force attractive on répulsive; mais qu'il tend à son but d'une manière constante, et demeure toujours ‘semblable à lui-même.” Ainsi, poussé F par l'évidence, le philosophe ajoute: 11 ne nous reste done qu'à ademettre que la tendance de la force attractive ‘‘contient en soi” la raison du rapprochement des atomes et la loi des changements que eubit son action suivant la distance, c’est-à-dire ‘toutes les déterminations changeantes” de son mode spécial d’action mais que pourtant elle ne les contient pas en soi comme une iéalité, (c'est-à-dire comme déjà réalisées de fait) (Hartmann, L’inconscient 2è vol 8è partie page 144.) Ce passage extrêmement caractéristi ue du philosophe alie. mand adapté aux conceptions du mécanisme actuel sert de transition à la partie positive de notre preuve.