‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 52 sur 103 · PREUVE POSITIVE · texte numérisé non relu

PREUVE POSITIVE

Dans la matière déterminée pour la fin «til y a nécessité” vis. à-vis de cette fin; ou ce qui revient absolument au même: Il n'ya pas d'effet sans raison suflisante, La matière conçue comme ayant en elle le principe de la détermination vers une fin déterminée rend compte de la détermination de cette fin. La matière est telle que nous venons de la concevoir. C’est.à-dire qu’elle possède, et contient en elle la forme de l'effet à venir, et que par conséquent l'effet en découle nécessairement comme tout effet de sa cause propre.

Ou, pour préciser encore d'avantage. La nécessité dela matière qui produit un résultat vient donc de la fin. Par conséquent dans toute évolution, dans tout fieri la fin n’est pas seulement fin mais principe, n’est pas seulement résultat mais cause, tout comme l'idée de l'artiste dans la statue qui la représente a été tout,

non seulement dans son terme, mais dans sa mise à exécution. C’est elle qui a provoqué la mise en œuvre, qui a posé comme modè!e peadant sa :nise À exécution, qui a dirigé le ciseau de l’artiste jusqu’à son dernier poli, à son parfait achèvement. Sans doute la matière était nécessaire pour que l’idée s’y incarnât : mais la matière est au service de l’idée et non pas l’idée au service dela matière. ‘:Materia propter forman et non è converso.”

DEVELOPPEMENT DANS L'EXPOSE ET LA CRITIQUE DES SYSTEMES EVOLUTIONISTES ACTUELS, $ MECANISME,.

DEMOCRITE—HOECKEL. (1)

D’après Hoeckel si l’évolution était le fait d’une idée directrice quelconque, nous ne rencontrerions jamais dans un être des Organes rudimentaires absolument inutiles voire mêne nuisibles.

Le fait est que nous en trouvons. Le graud facteur de l’évolution est donc le hasard et non pas l'intelligence.

Critique de sa théorie, (a) Critique de sa preuve.

Nous pouvons répondre à Mr Hoeckel que du point de vue même de ‘l’évolntion des espèces” si l’organe est de fait inutile dans tel être ou tel groupe d'êtres, il ne l’est jamais pour ‘‘lensemble de l’évoiution” qui aboutit à cet être ou à ce groupe d'êtres,

En d’autres termes que Mr Hoeckel regarde attentivement, qu’il parcoure l’échelle de la série des êtres en questions et il ne tardera pas à constater que cet orgaue devenu inutile chez le des- Cendant n’en a par moins servi non seulement comme utilité, mais souvent comme Condition nécessaire à l’une des espèces ancestrales.

Quoi d’étonnant si cet organe, devenu inutile chez le descendant, s’atrophie petit à petit et disparait graduellement ? n’estce pas absolument conforme aux lois de la nature? elle qui pro-

(1) Pour Démocrite voir ler des Métaphysiques leçon 7ième. Pour Hoeckel voir sa thèse historique de la création naturelle Ière leçon: Les orgaves rudimentaires inutiles—page 2—12—13 —1)où il se croit en droit de conclure que le hasard est le facteur unique de l’évolution.

© le toujonrs si harmoniensement si graduellement et jamaïs par bonds? Natura non facit saltum, disent les scolastiques, et l’expérience prouve qu’ils ont raison, Au point de vue absolu, le monstre suppose une foule de causes déterminées lesquelles concourent directement à sa formation.—Que d’actions vitales élémentaires par exemple pour arriver à produire un avorton, un ra- Chitique, ou même chez l'adulte parfaitement développé, un chantre, une tumeur, une excroissance quelconque! D'où. son nom de ‘Peccatum Naturae” qui montre bien que la nature est et reste quand même le fonds de la monstruosité; la preuve, c’est que dans les êtres même les plus monstrueux la nature reste quand même et toujours presque entière dans son espèce, quelles que soient d’ailleurs la multitude et la grandeur des obstacles qui s'opposent à son développement normal, (Voir St. Thnmas Pars La questio 48 art. 4, voir aussi II des Physiques lec. 8.)

(b) Critique de son point de départ.

Nous avons critiqué la preuve de Hoeckel: il nous reste a critiquer la position qu’il prend, et à lui montrer que, à priori et sans recherche aucune, son point de départ est insoutenable, parce qu'il est irrationnel, contredisant le principe absolument certain et démontré par St. Thomas: Materia est propter forman et non è converso.

Nous pourrions nous arrêter ici: mais pour rendre notre réfutation plus évidente et plus explicite, développons un peu la théorie du philosophe allemand et voyons jusqu’à quel point elle contredit le grand et immortel principe de St. Thomas.

D'après Hoeckel, la vie aussi bieh que la science des inorgauiques, s’explique par des causes nécessaires (les actions physico chimiques, ) lesquelles sont des propriétés ou dérivent de propriétés inhérentes à la matière,

Voici un exemple tiré de l’auteur lui-même : ‘qu’une pierre lancée daus l’espace libre, tombe sur le:s0l d’après des lois déterminées ; qe dans une solution saline, un cristal se forme, ces phenomènes appartiennent tout aussi bien À la ‘vie mécanique” que la croissance ou la floraison des plantes, que la multiplication ou l’activité consciente des animaux ; et il ajoute même : que la sensibilité ou l’entendement de l’homme.”

Cette proposition caractéristique et qui résume parfaitement la pensée de Hoeckel, peut s’interprêter dans deux sens :

10 Le premier est celui-ci : qu’une pierre pour tomber constamment vers le sol; qu’un cristal pour se former invariablement de la même façon dahs la même solution : qu’une plante pour croître et fleurir toujours snivart son espèce ete etc... puissent faire cela en vertu de la simple et nue activité des atomes; c’est bien 1à, à mon avis ‘poser une matière sans détermination pro- Auisant un effet parfaitement déterminé ;” quand, d’après l’évidence même, c'est tout le contraire qui doit avoir lieu en vertu de cette grande loi de la nature, loi aussi sûre, aussi invariable, aussi conftante que son auteur: Materia est propter formam et non è converso.

20 La seconde irterprétation et la seule vraie, c’est celle ci : Toutes choses, quelles qu’elles soient d’ailleurs, et 4’où qu’elles viennent, pour être produites avec une nature parfaitement déterminée, ont absolument besoin d’une matière qui ‘‘coutienne d'avance” la raison d’être de leur détermination. Sans cela, il n’y a pas et ne peut pas y avoir de détermination possible, Ainsi

de ce fait absolument banal de ‘la Cescente de la pierre vers le

centre” dont la raison évidente pour tous est la loi de sa propre pesanteur; atez la pesanteur à la pierre, enlevez lui cette sim ple qualité, cette forme accidentelle, il est vrai, mais qui n'en est pas moins une forme, c’est-à-dire une détermination constante ‘‘nécessitant d’avance” la pierre à tomber vers le centre ; otez lui cela, et vous aurez un effet sans cause, un résultat inexplicable. Laissez lui au contraire, cette pesanteur, et la chûte de la pierre s’expliquera d'elle-même. Cette explication très simple et très conforme à la raison representée ici par le principe: Materia est propter formam, détruit à elle seule le mécanisme tout entier. Avouez la plus petite détermination de la Marche de la matière vers son effet, la plus petite détermination qui assure la r0duction de l’effet,ne serait-ce encore une fois que la qualité quasi mécanique de la pesanteur, avouez cela et le mécanisme aura fait son temps il aura cédé la place au téléologisme où finalisme d’Anaxagore et de Mi de Hartmann. Les partisans de Descartes contre Newton l'ont parfaitement compris. C’est ce qui expliqu: leur tollegé néral contre ce dernier. Encore, Dascartes explique-til par l'impulsion divine, ‘la direction’? prise par le premier mouvement.

Cette chiquenaude, 4 nnée par Dieu, üne fois supprimée,

mécanisme matérialiste des modernes n’est ni plus ni moins qu’une contradiction flagrante pour ne pas dire un non sens.

De Ia théorie de Démocrite et de Hoeckel passous maintenant à celle d'Empédocle et de Herbert Spencer:

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