‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 53 sur 103 · THEORIE MIXTE DRM BEDOOL ET DE HERBERT SPENCER · texte numérisé non relu

THEORIE MIXTE DRM BEDOOL ET DE HERBERT SPENCER

Je dis théorie mixte, car la théorie d’Empédocle tient le milieu entre la théorie de Démocrite et celle d’Anaxagore, comme de nos jours la théorie de Herbert Spencer entre le mécanisme de Hoeckel et le téléologisme de Hartmann. Voici ce que dit À ce sujet, dans un de ses articles le R. P. Gardeil : ‘En dehors de la doctrine qui attribue la différenciation des choses à une cause transcendante, intelligente et libre, il n’y a en réalité sur ce problême que deux positior : ellectuelles possibles : le mécanisme que certains philosoph. ::;:allent improprement le système des causes eflicientes; le téleologisme immanent ou systèmes des Causes finales internes,” :

En effet de deux choses l’une: ou bien la force inhérente à la matière agit au hasard, ou ses démarches sont harmoniques. Dans le premier cas l’univers est le résultat d’un coup de dés gi. 8autesque (l’image est ou peu s’en faut d'Aristote I.Métaphs. lec, 7) ; dans le second, il se développe comme un arbre immense qui trouve la raison d’être des particularités de sa croissance Olm ganique dans le germe duquel il est sorti, Le mécanisme résulte du premier point de vue; le téléologisme émane du second. Or Empédocle admet sans doute une direction générale pour l’evolution du monde; elle suit les lois de ‘‘l’amitié et de la discorde’? ‘de l'attraction et de la répulsion”, mais ce n’est là qu’une fina-

lité très large : le hasard est endigué, il n’est pas supprimé ; le jeu des combinaisons accidentelles va son plein entre.ces rives trop distantes : il reste dans son fond un jeu de hasard,

Empédocle nous apparait à ce point de vue comme ayant un pied dans chaque Camp tout en relevant certainement plus de De. mocrite que d'Anaxagore. A cet égard, il symbolise d’une ma-

nière assez exacte... la position intermédiaire de Herbert Spencer entre Hoeckel et Mr de Hartmann.”

SYSTEME D’'EMPEDOCLE ET DE SON ALTER EGO DU 19ème SIECLE, HERBERT SPENCER lo E\ PEDOCLE(1}

Ponebat mundum multoties faetum et multoties eonceptums ita quod enm mudus corruptus fuit amicitia omnia confundente ju unum, item mundus generaretur, lle séparante et distingninte, et sic confusioni succedit d'istinctio et à converse.”

CRITIQUE PARFICULIERE.

(a) Nous pouvuns répondre à Enpédocle que deux eausescontraires, Cest.à-dire deux causes absolument distinetes et w'ayant entre elles absolument aucun lien d’action, ne peuvent être les Lers principes efficients du monde.

C’est d’une impossibilité absolue et patente. Comment l’unité des lois, Fharmonie des formes, peut-elle être le fruit de deux causes” absolument étrangères et opposées l’une à l’autre ?

(b; Comment expliquer surtout que ee soit tantôt à l'amour tantôt à Ja discorde d’exercer ainsi successivement son rôle ? C’est mécaniquement impossible et contradictoire avec le système luinême; prisque dans la forme mécanique elle-même de ce système, cette suecession ne peut pas être expliquée. La eause qui possède, allant toujours droit devant elle, loin de lui donner naissance, ne peut que paralyser la loi contraire.

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