HERBERT SPENCER
Passons maintenant au systèmeîde Herhert Spencer, et vOy-— Oùs en quoi consistent les rapprochements entre le philosophe Grec et le philosopr. Anglais.
On ne peut nier qu'il y ait comme ‘taspect général” une très grande analogie entre les deux systèmes ; j’ajouterai même que la seule différence qui existe entre eux est plutôt apparente que ré. elle ; car si à l’encontre d’Empédocle, il n’admet qu’un seul principe de la génération des mondes, cette unité de principe nous le verrons, est plutôt apparente que réelle.
Pour Herbert Spencer—l’union et la désunion des principes matériels des êtres, c’est-à-dire des atomes, est unique, comme nous venons de l’affirmer; mais cet ‘‘unique principe” que le philosophe anglais personnifie dans la Force, joue tantôt le rôle de l'amour tantôt celui de la discorde.
Pour concrétiser sa pensée, prenons le point de départ d’une période, car, pour lui comme pour Empédocle, ce point de départ n’est iui-même que le résultat d’une évolution antérieure.
Au commencement de notre période actuelie, la matière était dans une état extrême de dissolution et formait une masse homogène de gaz dans laquelle chaque atome jouissait de sa petite vibration propre. C’était donc ‘’Homogène.”” Grâce à ces petites vibrations, et à cette force essentiellement active (les atomes, voici que l'Homogène ne peut se maintenir dans l'équilibre et devient lui-même essentiellement instable. D'où le point de départ d’un immense mouvement où nous avons d’un côté, la matière qui tend à se réintégrer, c’est-à-dire a se condenser, et de l’autre, le mou-
vemen£ qui, après s'être condensé, tend de nouveau à ge disperser.
La période caractérisée par cette grande loi est une période d’Evolution, laquelle aboutit à la formation de noyaux matériels, c’est-à-dire à la formation des mondes et des êtres qui les rem. plissent.
Mais, le mouvement marchant toujours son chemin, ct l’évolution parachevant son œuvre, nous arrivons enfin et fatalement à un état extrême de condensation de la matière et de dispersion
es, et partout, c'es la force est essentiwine en dessous et rive enfin à détruire cet équilibre.
De 1à, dans la théorie de Herbert Spencer, activité de la Force,
instabilité de l'équilibre.
Ea force pour ainsi dire,
Plus moyen d'avancer, c'est aux extrèm “l’Equilibre” parfait. Mais nous l'avons vu, ellement aetive, la force travaille toujours, elle
toujours jnsqu’à ee qu’elle ar
dépasse le bus, où plutôt, me pouvant passer outre, elle établit le courant en sens contraire, et se met elle-même à détruire son œuvre. De là, période de dissolu— tion caractérisée eette fois par la chspersion de la matière et par l'intégration du mouvement, jusqu’à ce que chaque atome dissocié ayant enfin vepris sa petite vibration conmnaturelle, on se trouve aimsi de nouveau al point de départ d'une évolution nouvelle, d’une nouvelle formation des mondes.
Cette gigantesque évolution des forces aiusi expliquée, il ny a plus de raison pour en finir ; elle devra commencer pour finir et. finir pour recourinencer éternellement où du moins, indéfiniment. Voici un exemple qui aidera peut-être à mieux comprendre l’idée du philosophe Anglais. Une cellule, un gerine, évolne, ik intègre de la nratière qu’il dépouille de son mouvement vibrstoire propre et le remplace par son mouvement vital à lui-le voilà végéta! parfait (c'est l Equilibre). Mais la force qui l'a formé le travaille toujours. Puisqu’il est végétal parfait et qu’elle ne yeut plus conséquemment travailler sur lui dans le sens de la formation, elle te travaillera dans le sens de la destruction; et au lieu de croître et d'acquérir une nouvelle vigueur, il vieillit, s’étiole et
meurt.
Puis de ses propres débris ainsi rendus à la liberté de leur Homo zène”, nait et croit une végétation nouvelle
a mourir que pour ressusciter encore.
vail mystérieux de la formation et de la destruction d’une plante à la formation et àla destruction des mondes et vous avez très srisissante et plus exacte la grande et belle théorie de Herbert Spencer. C’est précisément ce travail mystérieux de la nature, c’est cette pensée sublime qui inspire Goethe dans son immortel chef d'œuvre, c’est cette force mysté-
rieuse de Herbert Spencer qui & parlé à Faust dans sa vision : Ecoutez le dans son langage st blime :‘ Dans l’océan de la vieet dans
les tourbillons de Paetioi, je monte ef deseends, je vais et viens !
mouvement ‘l qui elle-mê.ne ne devr Lransportez ce tra
Naissance et tombeau ! Mer éternelle, trame changeante, vie énergique dont j'ourdis au métier bourdonnement du temps les tissus
c'est enti- impérissables, vêtements amimés de Dieu.” ee CRITIQUE DE CE SYSTEME Di Ce» Xa) Mr Herbe:t Spencer a sur Empédocle la supériorité d’avoir compris l'inconvénient immense qu’it ÿ a de poser comme le pou- philesopke ancien deux premiers principes efficients des choses et se ‘Opposés l’un à l’autre.
olu— S’il n'es pas parvenu à l'éviter, du moins a-t-il de mérite de par- d'avoir eompris. Il-explique fort bien, par la simple persistance dis- active de son principe Force, le changement de l'unification à n se da dissolution et vice versa.
nou- (b) Cependant, malgré cette explication, ilu’arrive pas à | éviter complètement le vice fondamental da système mixte. La il n'y force suit une loi, la loi de l'intégration de la matière et de la déir et. sintégration du mouvement et vice versa.. D’où je conclus qne nent. le mouvement du monde n'est pas un mouvement purement ménudre eanique ; il x une loi ce mouve:xent et conséquemment une forme, re, ik c’est-à-dire, une déterraination constante ‘‘nécessitant d'avance” toire et l'intégration et la désintégration de la matière et du mounvevé- ment, c’est là que Herbert Spencer se montre inconséquent avec 6 le lui-même.
veut Après avoir reconnu la nécessité de cette loi des forces, et LmA- l’avoir prise comine point de départ et comme base de son systè- , liew me, il voudrait, par une inconséquence commune à Hoeckel et a le et: presque tous les matérialistes, ne reconnaître, en définitive, comane loi essentielle à toutes les forces, que la loi des mécanistes. leur Après avoir constaté et admis les lois naturelles, il prétend velle les réduire aux forces purement mécaniques, c’est-à-dire au mouvement absolument simple, sans qualité et sans loi : en un mot la le la force pour Herbert Spencer comme pour Hoeckel, c'est ‘la na- \ des vette” äu tisserand prise avec son seul mouvement rectiligne. ide et De là, découlent La nécessité d’une même critique pour Herbert ravail Spencer et Hoeckel, et la disproportion de la cause avec l’effet ; aspire car la matière force ne contient pas l’effet et par conséquent ne nysté- saurait en rendre compte. De sorte que à ce système matériaision : liste comme À tuus les autres mentionnés plus haut, nous n’avons t dans à donner qu’une seule réponse toujours bonne bien que toujours
viens !
3 Se 2
Ja même: “Materia est propter formam’ ou mieux encore: La navette n’a pas en elle les dessins variés de la toile.
D’où il est facile de conclure que malgré l’apparente unité de son principe des choses, il ne peut, vas plus qu’'Empédocle, expliquer le rythme constant de l'évolution du monde ‘à chaque moment de l'évolution et de la dissolution” pour la bonne raison, que la force une et toujours la même serait ainsi, sans changer en quoi que ce soit, cause de deux effets absolument contraires”.
De plus d’où viennent donc ces périodes alternatives doit Vune est constamment d'évolution et l’autre de dispersion? D’où viennent ces effets constants sans causes constantes? Ne serait. ce pas le cas de répéter ici contre Herbert Spencer la citation de Monsieur de Hartmann contre Hoeckel ?
Les oscillations d’une force purement mécanique ne se compenseraient-elles pas plutôt naturellement comme les essences dans le calcul infinitésimal, et, par conséquent, le monde ne ::8terait.il pas stationnaire au lieu d’être changeant ?
SRE TELEOLOGISME ANAXAGORE ET HARTMANN
A. Anaxagoras (1) ponebat semel tantum mundum factum esse ita quod à principio, omnia essent commixta in unum. Sed Intellectus qui incepit extrahere et distinguere nunquam cessabit hoc facere ita quod nunquam erunt omnia commixta' in unum.