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Pour réfuter Mr de Hartmann sur son propre terrain, nous n'avous qu à lui répondre avec Aristote et Saint Thomus qu’il en est de la puissance volontaire comme de toute autre puissance dont aucune ne peut d’elle-même se déterminer et passer à l'acte.
FT M le ere el De à puissance à l'acte. Cet être mobile Contingeat par essence passe une première fois à l'acte tout entier; ainsi il est créé.
Que veut dire M. Fouillée quand il appelle la création une induction à rebours et dans un sens contraire À l’ensemble des sciences? La science nous interdit-elle de raisonner et de remonter, en nous appuyant sur le principe de causalité, jusqu'à la source de l'être? Sans la création le monde, domaine des sciences physiques, reste inexplicable et absurde, comme le démontre, sans Je vouloir, la théorie des idées-forces. Ilfant ettre au principe des choses non plus l’acte pur précédent la puissante, mais la pure puissance précédant l'acte; et cette pu'ssance n’est pas même pos- Sibilité, mais pure contraciction : au lieu de la création ex nihilo entis contengentis nous avons l'évolution ex nmhilo absoluto.
Les idées-forces sont-elles un Système idéaliste ou matérialiste? La réponse n'est pas facile. Les idées-forces se colorent un peu de tous les systèmes qu’elles approchent; si vous déterminez trop la couleur, en changeant le position elles présentent une autre nuance ; ou même elles se dérobent sous l'obscurité des formules ; elles ont le nom et l'apparence d'idées. A ce point de vue, Comme elles sont tout dans l'univers le système paraît un idéalisme. D'autre part, ces mêmes idées plongées dans la matière constitnent le fond des atomes étendus; ce sont des forces atomistiques qui par degrés prennent un ton plus haut et arrivent dans l’homme à la conscience d’elles-mêmes. Sous ce rapport elles ont bien l'air de n’être que la matière lente, élevée dans l’homme à la dignité de protoplasme ou vibration des ceilules nerveuses. Prenons un moyen terme et, pour concilier les idées avec la matière, appelons le système des idées-forces une théorie idéo-matérialiste. Dans ce mot composé chacun prendra ce qu'il voudra; notre idée, c’est que tout le système n'est qu'un matérialisme déguisé en idées,
Les idées, au sens spiritualiste, sont-elles des forces? Cette question demanderait un long article. Nous résumerons en peu de mots notre pensée pour ne pas laisser supposer que nous méconnaissons l'influence des idées. La force est l'efficacité de l'agent. Mais l'agent, cause efficiente, n’est pas la seule cause finale qui meut par l'attrait du bien, la cause exemplaire qui présente le plan d'une œuvre et en dirige l'exécution. ‘Toute influence capable de faire exister ce qui n'est pas est une cause.
Ces distinctions établies, l’idée procède d’une force radicale qui est l'âme, par une force plus immédiate, l'intelligence, Elle est par conséquent l’acte immanent d’une force, image spirituelle et vivante de son objet. A proprement parler, l'idée n'est Pas cause efticiente, relativement aux effets qui sont hors de l'intelligence ; mais elle meut la cause etficiente, le sujet qu’elle illumine, en présentant à la volonté, le bien, motif ou cause
Nous n'avons plus qu’à appliquer contre lui uotre grami principe: Materia propter fo’mam'’.
Comment une simple idée peut-elle évoluer d'elle-même et
roduire à l'extérieur un résultat concret, si elle ne reçoit de l’exférieur une ‘mpuision quelconque, si elle ne reçoit quelque chose de cette existenee eonerète qui est dans le résultat où la forme, pour nous servir du terme seulastique ?
Pour être cause proportionnée et moyen un effet quelconque, il ve suffit pas seulement que Pidée de cet effet & pit contente
finale. Elle est aussi cause exe oisire, lan idéal qui rend à Pavance l'œuvre présent à l'ouvrier et dirige lexécition. Qui ne voit pas en cela ane influence causale ne connait en aucune laçon l'eflicace des moteurs immobiles, racine profonde du mouvéteit.
L'idée est le prineipe de teute acion intelligente. L'homme en tant, que raisonnable n'agit et ne se meui qu'à la lumière de l'idée. Non-seulement au point de vue spéeulatif l'itée engendre Yidée dans une progression qui ne connaît point de bornes, mais au point de vue pratique elle inspire et gouverne toute la vie. Lans l'ordre physique, l'idée a crée l’industrie et les arts pour la nécessité, l’utilité, l'agrément de la viehumaine:; dans l'ordre moral, elle est l& racine de l’acte libre et propose à la volonté le choix entre le bien et le mal; dans l’ordre social, elle permet à l'h1mme d'établir des relations avec ses semblables et de se lier par des obligations; dans l'ordre religieux, elle nous fait eonnaître Dieu et ss loi, principe de tout devoir, moteur dela vie raisonnable à satin. C'est l’idée qui remue le monde physique et le monde moral pour édifier et pour détruire. L'idée règne sur l’humanité, inspire les grandes actions des particuliers et des peuples, et aussi, quand elle s'égare, les actions coupables, provoque un élan de progrès ou les révolutions ruineuses. L'action de l'homme est raisonnable c’est: à-dire humaine par l'idée.
La puissance pratique de l’idée vient de ce qu’elle a pour objet l'être. Par là elle atteint l'infini en tout sens, pénètre dans l'intime des choses, tend à porter l’action aussi loin et aussi profondément que le regard. Par là elle perçoit les relations et devient principe de l’ordre par la prévision du but, l'adaptation des mnyens à la fin: ‘‘Opus ordinatum est opus intelligentiae.” :
La connaissance est aussi ie ressort de la vie animale- Si l'animal se meut pour saisir sa proie, éviter une douleur, jouir d’un plaisir, si en un mot sa vie est une vie de relation, c'est que la connaissance sensible a provoqué son appétit et déterminé le monvement. Son action est limitée pas sa manière de con£aître. Il n'a point «+ vie morale, sociale ou religieuse; sa vie physique est bornée à ques opérations, toujours les mêmes ; ii fait bien ce qu'it fait, mais il le fait avec nne stupide uniformité. C’est que la counaissance sensible, emprisonnée dans l'urgane, n’est