‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 60 sur 103 · ATOMISMÉ OÙ GENERATION DES CORPS · texte numérisé non relu

ATOMISMÉ OÙ GENERATION DES CORPS

L'atomisme est iæ théorie des corpuscules ow des infimiment petits, de la collection et de la eombinuison desquels le monde résulte.

= L'atomiame ne voit dans les corogqure de Ia nratière et ne constate comme eonséquenee de la transmutation accidentelle de leurs formes d’autres lois que cells que nous appelons aujourd’hui l'attruction et la répulsion ; ces lois sont-elles inhérentes à la matière; vous avez l’atomisme physique, an contraire, lui vieunentelles du dehors, vous avez l’atomisnre méeauique.

L'atomisme est la théorie généralement adoptée par tous les chimistes et tous les physiciens modernes, même par ceux qui en reconnaissent x fausseté, Ea raison très juste qu’ils alièguent est que pour eux le mieux est de prendre pour élément ce qui leur sert de base dans leurs divers combinés libre à eux de fractionver plus tv ces nêmes élémente dans deux combinés ou plus.

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Si je ne m2 trompe, Mr Dumas affirme quelque part que, même parmi les chimistes matérialistes, l’atomisine n’a jamais été admis par eux que comme pure hypothèse, peu leur importait qu’-

elle fût ou non prouvée dès qu’elle leur était secourable pour l’étude et la formation de leurs combinés.

REFUTATION

lo Par les faits-Il est un fait indéniable C’est que très eouvent les nombres dans les divers combinés varient et même ge fractionnent-Alors où est l’atome ; où Piudivisible ; où l'élément ? Cômment peut-on l’appeler élément s’il 8e fractionne, s’il est lui. même un composé ?

20 Par lu.raison. (a). Qu'est.ce que les atomes ? Ce sont des corpe infiniment petits, je le veux bien, mais ce sont des Corps, partant des étendues ; or comme tout ce qui est étendu a des parties, et comme tout ce quia des parties est principié et non principe, 1l s’en suit done, pour que l'explication puisse être complète, qu'après avoir ainsi expliqué les principes des autres corps, il faudrait expliquer les principes de ces principes, ces prin. cipes étant eux-mêmes des principiés, des corps.

(b) Donc la seconde conséquence qui 8’en suit, C’est qu’il est itr possible, d’après ce système, d'expliquer l’unité des êtres, puisque leurs principes mêmes en sont privés; or nous sommes

un, je crois l'avoir suffisamment démontré-donc le système est faux.

(c) Si l’atomisme est vrai, il n'existe plus entre les êtres qu'une différence purement accidentelle, il n’y a plus entre moi et le cheval, entre Je cheval et un tas de pierres que la différence qui existe entre deux agrégats dont l’un se compose de corps plus ou moins gros et l’autre de Corps plus ou moins petits ; que dans l’un les corps auront la forme cubique, ou triangulaire et dans

. Pautre la forme conique, voilà tout. Est-ce vraisemblable ? Non

assurément. ! Voilà pourtant où l’on en arrive lorsque, pour expliquer la formation des corps, on rejette la théorie de la forme substantielle et de la matière première,

Après avoir montré l’absurdité des principes des corps déjà contitués, montrone-la dans leurs transformations. Prenons la transformation de l’oxygène et de l'hydrogène en eau ; dans cette transformation ce n'est pas évidemment avec les deux formes

respectives de l'oxygène et de l’hydrogène que vous en êtes arrivés À la forme eau; ce n’est pas avec deux atomes dont l’un a la forme pyramidale et l’autre quadrangulaire que vous obtiendiez la forme eireulaire de l’atome d’eau; puisque, d’après les atomistes eux-mêmes, il est parfaitement admis et démontré que les formes ne sont pas convertibles: et cependant voici un fait, c'est qu’avee deux atomes de formes différentes vons êtes arrivés à la forme unique d’eau; or si ees deux formes premières disparaissent pour faire place à une troisième, e€’est donc qu’il reste quelque chose de l’oxygène et de Phydrogène : quoi alors? ce ne sont pas Îles formes puisqu’elles, sont disparues, c’est done la matière première.

Supposé que les atomes ‘‘restent les mêmes” dans le eomposé, coniment expliquer que l'eau qui n’est composée que d'oxygène et d'hydrogène c’est-à-dire de deux gaz dont l’un est inflammable et dont l’autre active la flamme, comment expliquer que ces deux gaz À l'état eau sont réfractaires au feu ?

Aussi en présence d’un de ces contrastes évidents, Berthelot, le grand chimiste Berthelor s’exprime ainsi : L'analyse du sel maiin conduit À le décomposer en deux éléments, le ehlore et le sodiu:u, et il ajoute : les propriétés de ces deux éléments ne présentent ‘‘aueune analogie” avec celles du sel marin. En effet d’une part, le chlore est un gaz jaune doué de propriétés eolorantes et d’une extrême activité chimique ; d’aut:e part, le sodium est . un métal doué d’un aspect argentin, plus léger que l'eau, apte à décomposer ce liquide dès la température ordinaire, On voit combien ces éléments ressemblent peu au sel marin, matière sois de, blanche, cristalline, dissoluble dans l’eau ete. Voilà done un fait que M. Berthelot constate, voici comment il explique où du moins prétend l'expliquer : ‘Au premier abord, noue dit-il, il est difficile de voir comment des corps doués ‘tde propriétés aussi peu semblables” à celles du sel marin en sont cependant les ‘seuls vé. ritables éléments” ; puis vient enfin cette réflexion candide : ‘On serait porté à croire à l’inlervention de quelque autre composant que l’analyse aurait été impuissante à nous. révéler !”? Certes, je crois bien qu’cn serait porté à le croire surtout si l’on considère que ies effets produits par le sel marin et par l’un ou l’autre ou n'ême les deux de ces composants en sont on ne peut plus distincts et on ne peut plus diamétralement opposés. En effet qu'est-ce

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que produit Pun? quel effet produit l’ean de mer ou le sel marin chez l'homme? Un effet tont inoftensif qui le purge ei Ini donne la santé, tandis que le chlore et le sodium, ses deux composants, sont ni plus n1 moins que deux poisons qui, pris ensemble ou sé. parément À égale dose empoisonnent ce même individu et lui pro- Curent non la santé, mais la mort. Et vous voudriez que ces effets absolnnent différents et opposés soient le produit d’une seule et même cause? Mais c’est absurde, Et alors comment

voulez-vous que ce soit la même nature si ce n’est pas la même

cause? Auriez-vous démontré par hasard que la même cause na.

turelle, ou ce qui revient absolument au même, que la même na. ture ne produit pas toujours et iufailliblement, les mêmes effets ? Voyons, je vous en prie, réfléchissez an seul instant; voilà une nature qui se décompose, une nature qui se change en deux élé. ments absolument dis arates, absolument distincts du composé d’où ils émanent, Eh! bien devant cette décomposition, ce changement je suis contraint de raisonner ainsi : de deux choses l'une

où le changement produit est accidental ou il est essentiel, S'il

est accidentel expliquez m'en la Permanence ; et alors si vous êtes

obligé de convenir que ce changement est essentiel, expliquez moi s’il vous plaît comment un changement essentiel peut garder la même nature. Et s’il change de nature, expliquez moi done encore s’il vous plait comment peut s’effectuer un tel changement sans l'intervention de ‘ce quelqu’autre composant” contre leque! Mr. Berthelot a soin de nous mettre en garde et à défant duquel sa démonstration reste impuissante,

Non voyez-vous, fatalement et malgré moi j’en reviens à me dernière preuva toujours la meilleure bien que toujours la même : Materia propter formam ete... Sans cet axiome de l'Ecole et sans le dogme de la matière première, v voudrez si ce n’est l'unité et la vérité.

Materia propter formam et non à converso.

Les atom2s ne pourront constituer des corps formellement un, s’ils ne sont préordonnés et disposés d'avance à cela.

ous aurez tout ce que vous

Avec l’Atomisme vous aurez des agrégats ; mais des unités ; jamais ! la preuve c’est que les matérialistes °#x-mêmes n’emploient jamais le nom d’unité mais bien d'affinité, Voilà pour l’atomieme pur, Quant à l’atomisme par tourbillons de Thompson, il su. bit tont à fait, bien qu’à un autre point de vue, la critique qui at.

teint la formation des tourbillons de Descartes, Car à supposer vraie sa théorie, les tourbillons tels que conçus par Thomrson, n’en denrandent pas moins l’existence d’une préorlination des atomes à ces formes {tourbillons) tont comme la formation des trombes ou des mouvements gyratoires de l’ean exigent nécessairement pour se produire ‘un mouvement primitif en sens contraire”. Sans ce mouvement primitif et en sens contraire, il est impossible d’explique: les trombes ou les tourbillons quels qu'ils soient et d’où qu’ils viennent. Iln'y a pas à y échapper; ici comme ailleurs le per accidens se ramène âu per se; or ce sont précisément, ces mouvements primordianx qw'il faudrait expliquer, et que malheureusement on n’explique pas.

8ième THEORIE GENERATION SPONTANEE

La théorie de lu génération spontanée est loin d’être nouvelle. Les anciens privés des instruments et des moyens d’obseivations dont les modernes disposent, se trouvaient à chaque instant en présence de générations dont ils ne pouvaient expliquer la provenance par les moyens de génération ordinaire, comme par exemple : les millions d’animalcules qui, sous l’action de la chaleur apparaissent dans un bocal rempli d’eau, les myriades d’insectes ou petits vere qui se développent à l’intérieur d’un f:0mage etc. etc.

Comme ils ne pouvaient nier ces faits, ils cherchèrent à les expliquer par la théorie de la génération spontanée. Aristote et St. Thomas ont parfaitement démontré, non pas le fait, mais la possibilité de telles générations, Ce n’est donc pas au point de vue de la possibilité que nous combattrons les matérialistes, mais bien ici comme partout, au point de vue de l’insuflisance de leur cause productrice,

Au nom de Ia saine raison, longtemps avant les expériences de Tyndal et de Pasteur, St. Thomas et Aristote lui-même soutepaient que jamais un effet ne saurait dépasser sa cause et que par conséquent la vie seul rend raison de la vie.

Poussé par ce qui lui semblait être l'évidence, St. Thomas admettait la génération spontanée, Voici comment il l’expliquait, Pour lui, je le répète, l’évidence philosophique imposé cette

loi que le moins ne peut d’ancune manière produire Je plus, La

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matière ou les éléments réduits à la seule force physico-chimique ne peuvent, par conséquent produire des êtres dont la loi ‘io lente” celle des éléments qui les composent,

En effet comment expliquera-t.on que dans l’arbre, par exem. ple, la sève, qui est un corps grave, contrairement à la loi de tout corps grave, monte vers le sommet au lieu de tendre sans cesse et de descendre vers le centre? Comment expliquera-t-on cette force qui non-seulement paralÿyse la première, mais encore l'oblige à suivre une loi diamétralement opposée? St Thomas, pour en rendre compte, est obligé d'admettre, en dehors de cette force phyeico-chimique, la nécessité d’une autre force supérieure à la première et qui a en elle non-seulement la vertu d'agir su les forces actives des éléments et de les dominer, mais qui de plus possède en elle-même les types À réaliser.

Cette force active, disent les modernes, les mécanistes, ce sont les vibrations de l'éther. L'éther, il est vrai, rend compte du mouvement, mais ne contient pas en lui les types à produire, Il faudra donc, sous peine d’avoir des effets sans causes suflisantes, remonter comme St Thomas à une force intelligente qui mette en branle l’éther par une motion instrumentale, laquelle, en lui com-

muniquant ainsi une vertu supérieure, lui permettra de produire

instrumentalement une vertu supérieure à elle-même. Cette vibration spéciale, agissant sur les forces des éléments ou des e8-

pèces inférieures, leur fera produire, non en vertu d’elle-mème,

mais en vertu de la cause principale dont elle est l'instrument, les + formes supérieures, +4

La génération spontanée et le ‘Transformisme ainsi expliqués sont sauvés.

ième THEGAIX, TRANSFORMISMI.

Le transformisme réunit en une seule doctrines celles de la ‘‘variation des espèces” et de !a, génération spontanée, car, philc-

sophiquement parlant, toute transformation d’une espèce en une

autre est la génération spontanée d'une forme supérieure à la for-

me qu'elle remplace. (1) ; ‘

La parenté des êtres qui dn protoplasma à l’homme sont échelonnés dans l'univers selon un ordre patent, indéniable, a donné lieu à deux systèmes diamétralement opposés : le Transformisme

et la fixité des espèces. ; Ier. SYSTEME

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