QUID REF
Qu'est-ce qu'une religion? Ka quoi consiste-t-elle? Ici se présente une diffieulté qui est de réunir sous une défimtion générique des systèmes religieux dun ordre et d'une perfection fort avancés chez certains peuples, tandis qu’ils se trouvent à l’état tout à fait rudimentaire ebez certains autres. Comment arrivera-t on à donner une définition précise et complète s”’appliquant à tous et à chaeun ?
Quelle est Ta méthorle à suivre pour arriver à la vérité? Estce la méthode à prioriste suivie par Max Muller, Emmunuel Kant, Jules Simon et tant d’autres, qui veulent à tout prix plier la rehgiou à un système ; où w’est-ce pas plutôt la méthode historique b'.sée sur l'expérience et appuyée sur des faits? Evidemment oui.
Toutes les définitions qu’on a soirées de la Religion peuvent se ranger sous deux chefs prineipau x, lies sont ou systématiques ou historiques. Quand on cousiièe liée de religion au point de vue exclusif d’uu système, il est tout naturel et même fatal que la notion en soit plus ou moins défigurée sclon les idées plus ou moins à prioristes que ce système éveille dane l'esprit et dont il est très difficile, sinon impossible de se débarrasser totalement. Les uns, (les philosophes) ont donc fait de la religion une espèce de philosophie, la confondant tantôt avec la morale, tantôt avec l'esthétique ou la laissant quelquefois purement et simplement à l’état de système ou de science.
Pour nous en convaincre nous n'avons qu’à voir leurs définitions. Parmi les nembrenses définitions que nous cite Max Muller, notons d'abord celle d’Emmanu 1 Kant. D’après le philoso. phe de Koenigsberg, la religion consiste uniquement dans la re— connaissance de nos devoirs envers Dieu; à cette définition toute morale, il n’est pas difticile de reconnaître l’auteur de ‘La Raïisop pratique”. Pour Fichte ia religion est tout le contraire ; elle n’a absolument rien à voir avec la pratique; c’est À la morale et à elle seule qu’il appartient de nous guider. Pour lui la religion n’est rien autre chose qu’une phiiosophie où uñe science qui perfectionne notre être. ;
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Mr Yves Guyot annonçait que la religion de l'avenir, identiiée avec l'art, ne serait autre chose que l'esthétique.
Pour d’autres enfin, la religion se confond totalement avec le culte, À l'encontre de Kant qui ne voyait dans le culte on dans les pratiques religieuses que bigoterie et superstition, Ceux qui partagent l’opinion de Kant, s’appuient sur ce fait qu’il ya cer. taines peuplades dont la religion se borne à des croyances, qu'on y trouve même l'ombre d’uue pratique religieuse,
Maller affirme avoir vu le fait et avoir rencontré certaines ue plades chez qui il n'a pu saisir aucune manifestation extérieure d’une croyanc. religieuse quelconque. A cela nous pourrions répondre que fait, f@t-il réel, n’en est pas moins une exception à ce qui se passe dans l’ensemble de l'humanité; or une exception ue saurait détruire une loi. Si, par malheur, une pauvre petite peuplade perdue au milieu des mers, est tombée, par suite de l'immoralité et de }a dégradation, dans un état de décadence et ‘l'ignorance telles qu'elle ait perdu même la notion de toute reli. gion et de toute divinité, cela n'empêche qne, dans son état normal, l'humanité est aussi naturellement religieuse que raisonna. ble. Du reste, cette affirmation du savant allemand m'a teujours paru autant plus douteuse qu'elle se trouve en contradiction flagrante avec les assertions d’autres Voyageurs qui des mêmes observations, dans les mêmes tribus, en sent arrivés À conclure tout le contraire. En effet de ce que Max Muller n'a rien vu qui ressemble à notre culte civilisé et à nos pratiques religieuses, estil en droit de conclure qu’ils n’ont de fait aucune pratique religieuse ? pas le moins du monde! rien n'empêche que ces beuplades ne rendent un culte à leurs divinités. De quelle manière; nous n’en savons rien et nous n’avons pas besoin de {e savoir, pourvu qu’ils le sachent. Le culte de toute religion, la vraie exceptée, n'est-il pas, comme la civilité, chose de pure convention et tout à fait arbitraire; de ce qu'un/sauvage bien élevé doit manger tout ce que son hôte lui présente, où du moine, s’il ne peut arriver à tout marger, emporter avec lui ce qui reste, devons-nous conclure que les sauvages n’ont aucune notion d’étiquette ni aucune règle de civilité? De ce que les lois de la bonne société en Chine ou en Russie, en Angleterre ou en Autriche, différent sensible. ment des nôtres, sommes-nous en droit de conclure que ces peuples manquent absolument de civilité et n’ont ancune notion du