‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 66 sur 103 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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Sâvoir vivre? Evidemment nou, Ainsi en est-il du culte relf. gieux : tel culte peut non-seulement différer du culte voisin, mais en être tout le contraire sans cesser pourtant d’être culte, Si, en Russie, une femme (4) est en droit de dire qu’elle n’est pus tie mée Jorsque son nrari à été plus de huit jours sans la battre, au Cénada la pauvre épouse battue n’est elle pas en droit d’en conclure tout le contraire ? S'il en est des cultes conne de l'étiquette ce n’est hi à nous, ni à Max Muller de rien conclure sur ce qui Concerne les pratiques religieuses des autres surtout celles de pays barbares et absolument incultes. Le défaut commun de toutes les délinitions, c'est l'A priori où l'idée systématiqu: appliquée à la notion religicuse,

La religion ne peut être Lien définie qu'à la condition de l'être non pas telle qu’on la coaçoit mais ‘‘£elle qu'elle el”? dans le fait et dans les donnécs Mstoriques,

Dans le fait religieux, quel est le caractère fondameutal et essentiel qui ressort de toutes les religions et qu'oi retrouve days les religions les plus rudimentaices comme dans les plus parfaites ? D’après Monsieur Max Muller qui, bien que à prioriste, est aussi réellement observateur, le caractère essentiel de toute religion est ‘la perception de l'infini”, Cette définition bieu qu'imparfaite et peu juste en est pas moins de beaucoup la meilleure que nous ait donnée le rationalisme, Elle est peu juste du moins dans les termes : en effet, qui dit perception de l'infini dit deux choses qui se contreldlisent, Comment peut-o2 percevoir l'infini par des sens finis et limités? Car remarquez-le bien, percevoir veut dire contenir; or l'infini nous déborde; nous n'avons de l'infini qu’une no. tion très vague, très indirecte que nous recevons v'écisément du fini en tant que fini et que nous élevons en-uite d’une certaine fa. ou jusqu'à l'infini. Le terme n’est donc pas juste, il ne faut pas en être surpris et encore moins eu savoir mauvais gré À ce brave allemand chez qui on ne saurait trouver plus de pré“isions dans les termes que dans les idées. 11 faut donc que nous changions le mot perception en celui de notion. Mêine alors la définition reste incomplète, En ne nommant que la notion elle ne fait entrer que la croyance religieuse dans sa définition et elle omet complètement

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toutes les pratiques extérienres qui ne sont que les manifestations de ces mêmes Cr'éÿances. Pour reprendre cette définition ei la vendre complète nous pourrions appeler religion “Un ensemb e de troyunces et de pratiques par lesgelles l'homme cherche à gatisfaire l'instinet qui le pousse À se mettre eu rapport avec un mon. le supérieur, Pour Max Muller lui-même l'objet de Ia relig'on c’est l'infini, l'homme cherche l'infini dont il a déjà l'idée mais uon la perception,

Avant d'aller plns loin et de enivre pas À pas les rationalistes sur leur propre terrain, j'aurais une remarque à leur faire, Le tort des rationnlistes en fait d'histoire de religion, c'est de vouloir à tout prix que le sentiment religieux sorte tout entier du sujet; en un not, de vonloir que la religion soit un phénomène purement Subjectiviste, C’est absolument faux, et tant qu'on w’admettra pas ce fait indéniable de toutes les époques et de tous les lieux, ce fuit positif do commerce “d'un espr'! supétieur”’ intervenant sans cesse dans log affaires jamais que des raisons fantaisistes et l

hütnaines, on n'aura on he pourra jamais expliquer le pourquoi des religions, A:til jamais existé nne senle religion au monde qui n'ait eu ses orucles et ses fétiches ? Non! voilà pourquoi en religion comme ea philosophie le subjectivigme est un on sens,

D'après Max Muller et les rationalistes l’objet de Ia re. ligion où des recherches religienses, c’est le surnaturel. Au fond de toute Religion l’homme religieux cherche ce qui est ‘on dehors ue ses sens et de sa Countissance”, S'ils veulent être logiques, il leur faudra poser, comme “ctrastère fonlamental” de tonte religion, quelque chose de supérieur qui dépasse la connaissance humaine. Comme la très bien dit Benjamin Constant :

‘Ce que les mortels croient et ce qu'ils espèrent se pl

ace toujours pour ainsi dire à la ‘circonférence” de ce qu'ils savent, Observation

très juste qui nous montre bien le fait de toute religion, Le point le départ de la religion chez tous les peuples est situé à la limite du naturel et au commencement du surnaturel ou mieux (car le mot surnaturel n’est pas absolument Juste) la religion commence là où ne pent atteindre la raison; dès qu’un phénomène qu'on ne Counprenait pas devient manifeste, on cesse immédiatement de lui rendre ün culte, et on l’abandonne pour chercher plus loin objet de sa religion, LA où l’homme cesse de comprendre, il commen

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ce Aadorer, À mesure que le cercle de «es connaissances s'élargit, son adoration recule, non pas pour s'évanouir, mais bien pour s'élever toujours jusqu’à ce que de secret en secret, de mystère en mystère, l’homme aboutisse enfin au Dieu incréé, à l'être infini, an surnaturel, däns la plénitude de son acception, où sa connaissance se perd et où son adoration s’abime; car elles ont entin trouvé leur objet +4’ Infini”.

L'homme peut se tromper sur l’objet particulier de sa religion, mais 11 n’abandonne pas pour cela la religion. Du moment même qu’il s'aperçoit que l'objet de ses adorations est naturel, il le quitte mais pour adorer encore,

La religion ainsi définie, nous constatons que sa définition renferme de 1x éléments distincts, l’un “subjectif” qui fonde daus l’homme l'existence de sa religion, l’autre ‘‘objectif” qui est en dehors de lui ei consiste dans la révélation, les rites sanctificateurs etc. ete. Il importe, pour le moment, d'étudier la thèse au point de vue purement rationaliste et subjectiviste, de se mettre avec l’adversaire, de le combattre sur son propre terrain et de tirer de ses propres aveux toutes les conséquences que nous en pouvons tirer,

Puisque tous, Rationalistes et Subjectivistes, acceptent avec nous le premier de ces éléments, c’est à-dire l'existence du se ment Religieux, puisqu'ils acceptent au moins cet ‘élément jectif” qui fonde en nous l’existence de la religion, rangeons nous avec eux sur ce terrain commun,

Or dans le sentiment Religieux on doit rechercher trots choses :

10 Sa nature ; 20 Ses conséquences ; 30 Son universalité.

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