‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 71 sur 103 · QUESTION D’ORIGINE · texte numérisé non relu

QUESTION D’ORIGINE

L'homme peut censtruire une forme religieuse quelconque : sa nature religieuse suffit pour expliquer cette possibilité : Cepen-

Al

dant si de la possibilité non: passons au fait, et si nous nous de- Mandois comment a commencé de fait la religion dans le monde, nous affirmons que la révélation seule peut résoudre le problème et que le rationalisme avec ses hypothèses ne saurait y arriver.

Quant à nous, abstraction faite de la révélation et en nous plaçant au seul point de vue de la raison, nous osons soutenir que n08 probabilités monothéistes l’emportent sur leur prétendue animisme ou fétichisme primitif de l’Inde et de l’Asie,

Le sys:ème en vogue, chez la plupart des rationalistes actuels, n’est rien autre qu'une continuation du transformisme en religion. D’après eux la religion comme le monde a commencé par quelque chose de très primitif, de très rudimentaire et très imparfait, Le sentiment religieux à peine en germe se manifestant ainsi chez l’homme, s’est développé peu à peu À travers les siècles comine sou intelligence. D’après Mr. de Hartmann cette évolution successive et Continue, en se poursuivant à travers les âges, doit Passer par trois phases bien distinctes exposées par lai dans son Ouvrage intitulé : ‘La religion de l'avenir.”

La première phase Comprend la période Mythologique ou religion de l’homme primitif qui divinise les forces cachées de la nature, et les adore sans les comprendre,

La seconde période, dite Mythologico-Anthropologique constitue un réel progrès. L'homme ne s'arrête plus à offrir ses adorations à ce je ne suis quoi d’indéterminé, de vague, qui fornait, dans la période précédente, l’objet de son culte, Il concrétise cet objet, le personnifie, en fait un Dieu homme, Désormais ses hommages ne s’adresseront plus À la cause inconnue qui produit les tempêtes ou alimente le feu: Ii adorera Eole, Vulcain, Venus, tous les dieux et toutes les déesses de l'Olympe. Le polythéisme Grec caractérise Parfaitement cette seconde période dont le christianisme, qui propose à notre adoration un Dieu home me, est la forme la plus élevée et la plus parfaite.

La troisième période appelée anthropolatrique est encore à venir.

Elle diffère de la précédente en ce qu'elle est dépouillée de ‘‘tout caractère divin”, Ici l’homme comprend enfin que Dieu c’est lui, que ce Dieu qu’il adore n’est sntre que lui-même, en un mot que ia nature qui se trouve dans les phénomènes qu'il aperçoit est non-seulement la même qui est en lui, mais qu’il en est la

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Partie la plus noble, l'effet le plus étrange et le plus grand, La religion de l’averir n’est ni plus ni moins que l'identification de l’homme avec le grand Tout, le To Ego, l’Etre.

Goethe dans'Faust offre à nos regards, l’homme arrivé ‘à cette unité avec le génie de la uature”, ét s’adorant lui même.

Nous n'avons pas à parler ici des deux dernières périodes. Seule la période mythologique doit nous occuper, et notons pour l'intelligence de notre thèse, que, lorsque nous employous le mot mythologie, nous ne voulons en aucune f&çon rappeler les souvee nirs des fables racontées par les anciens de Rome ou d’Athènes "KE sur leurs héros et sur leurs dieux, nous prenons ce mot dans son # | sens étymologique dont on le détourne aujourd’hui, 4.

La théorie mythologique, nous l’avons vu, s’appuie sur ce fait que l’homme étant un animal lentement transformé, vivait d’abord et pendant des siècles absolument à l’état sauvage. Toute espèce d’idée élevée lui était alors chose impossible, il ne pouvait donc former que des aspirations vagues et des notions grossières, Eteuné de ce qu’il voyait, incapable de remonter à la cause des phénomènes qui de toutes parts s’offraient À ses yeux et frappaient son intelligence encore à l’état embryonnaire et peu subtil, il leur attribuait un caractère divin. C’est là le mythe fondamental de te système. Le mythe n’est donc autre chose qu’une force mystérieuse analogue à la force hunaine, prêtée à un objet naturel, à une montagne, à un fleuve, à un cadavre même.

Ce mythe ou cette force mystérieuse peut se concevoir de deux façons, ou comme un esprit où comme une force inhérente à un objet naturel et lui faisant produire des effets étonnants.

Prenant cette distinction comme point de départ, les savants ont crée deux théories différentes pour expliquer l’origine de la religion. Ceux qui“oient, dans le mythe un Esprit, ont donné naissance à l’Animisme.-L'Enothéisme est le système de ceux qui ne regardent le mythe que comme une force naturelle,

De ces deux hypothèses en est-il une de vraisemblable ? C’est ce qu’il uous reste à examiner.

‘*L’Animisme, dit Monsieur Tiele, professeur d'histoire des religions à l’Université de Leyde, l’Animisme, c’est la croyance à des âmes et à des esprits que l’on conçoit tantôt errant dans le

morde entier, tantôt fixés dans quelques êtres vivants ou inanimés”’,

Les auteurs qui adhèrent à cette théorie apportent en sa faveur deux sortes d'arguments : preuves psychologiques —preuves tirées des faits, —

Le système de Evolution fournit les arguments psychologiques. L'homme n'étant qu’un animal transformé et perfectionné a nécessairement commencé par l’état sauvage et n’a pu avoir, dès le début, que des idées simples et grossières dont ila fait la base de sa religion. Toujours en vertu du même système d’évolution et de progrès, cette religion, d’abord si rudimentatre et si imparfaite, s'est élevée graduellement et parallèlement à l’intelli. gence de l’homme et en est arrivée jusqu’à ces formes les plus nobles et les plus hautes, les plus éthérées et les plus subtiles que ous reneCntrons maintenant au sein de notre civilisation et de notre 19ième siècle. D’après Monsieur Tiele c'est elle qui aurait été le germe du plus par spiritualisme de tous les temps. Dans son manuel d'histoire des religions notre spécialiste Hollandais a voulu se mettre sur le terrain pratique et expliquer psychologiquement comment:a dû s’éveiller chez l’homme primitif l’idée de la divinité, 11 nous fait assister pour cela {qu’on me pérmette l'expression) à une scène d’intérienr dans le premier âge du monde-Un membre de la famille vient @’expirer : Etonnement de tous devant ce cadavre qu’on examine, qu’on palpe, qu’on remue. Comment done se peut-il que cet être, en vie il y a peu d’instants, soit là étendu, inanimé? 11 y avait donc en lui une force, un esprit, un génie quelconque qui s’en est allé.

Mais où se trouve maintenant cet esprit? Demeure-t.il auprès du cadavre? Hante.t-il les abords de la case? Parcourt-il les sombres profoideurs des forêts voisines ?—Questions embarrassantes n’est-ce pas? Questions que se posent les premiers hommes placés en face de la mort—S’ils sont incapables d’en donner

l’exacte solution, ils en arrivent du moins àcette conclusion certaine que cet esprit est quelque part.

Leurs raisonnements se poursuivent ; ils ne sauraient s’en tenir là. Cet esprit doit avoir une puissance quelconque, et cette puissance il est tout naturel qu’il l'utilise en faveur de ceux qu’il laisse sur la terre.

Voici la place à de nouvelles réflexions. C’est encore la

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mort qui frappe, mais elle frappe à la porte d’un de mes ennemis. Que va faire l'esprit du défunt! va-t-il m'être favorable ou uuisible ? Evidemment, maintenant qu'il est libre, il va user de de tout son pouvoir pour me maltraiter et pour me nuire, —D'où, d’une part, l'idée d’esprits bons dont l'homme doit attirer les faveurs par ses offrandes et par ses prières, et de l’autre, l’idée d'esprits mauvais et nuisibles dont il faut par les mêmes noyens sinon conquérir l'amitié du moins neutraliser l'influence. Quant aux preuves de fait, il n’y en a aucune qui ait une réelle valeur, non pas que les faits allégués soicnt faux, mais parce qu'ils ne concluent rien en faveur de l’animisme, Voici la principale —C'est l'existence universelle remontant à la plus haute antiquité d’une sorte de philosophie de la nature qui admet que le monde est ‘‘peuplé d’esprits invisibles—parcourant en liberté la terre et l'air, et apparaissant aux hommes, soit par leur propre mouvement, soit par contrainte, soit par l’effet d’une conjuration magique, Ces esprits peuvent également prendre, pour demeure temporaire ou Permanente, un objet vivant où inanimé : alors, cet esprit auquel On attribue une puissance supérieure est adoré et employé à la protection des personnes où des Communautés”. (T'iele hist. des religions liv. I ch. I.) Cette doctrine, d’après Monsieur Tiele, formerait le fond de la religion des peuples les plus anciene, des Sumis de la Chaldée, des Egyptiens et des Chinois. Ces mêmes idées se retrouvent chez la plupart des Sauvages actuels. Ces peuples, continue:t il, doivent nous représenter À peu près l’état des premiers homines dont la civilisation devait se rapprocher de celle de nos sauvages Modernes, D'où il conclut que cette croy= ance aux génies est la source Commune d’où sont sorties toutes les grandes religions et par conséquent qu’elle constitue elle-même le prernier développement de la simple idée d’une puissance surhumaine,

Exposant ensuite l’esprits de ces religions, Monsieur Tiele constate, Comme autrefois Lucrèce, que la crainte est le sentiment dominant en elles; mais il va plus loin et il ajoute que cependant la reconnaissance et la confiance n’en sont pas totalemenexclues. D’après lui leurs rapporté avec la morale sont nuls ou peu s’en faut. Les bénédictions accordées et les châtiments infiigés par les esprits dépeudeut des sacrifices, des dous qui leur sont offerts ou refusés, mais nullement de la moralité des actions

ré

accomplies par ceux qui les leur offrent ou les leur refusent, Quant à la croyauce à l’immortalité, elle consiste presque exclusivement dans l’idée que la vie terrestre se continue ailleurs, C’est À peine si la doctrine de la récompense ou du châtiment qui doivent suivre la mort en laisse soupçonner les premiers éléments.

ENOTHEISME.

Telle est en peu de mots la théorie animiste de Monsieur Tiele. Quelle en est la valeur? Nous le verrons plus tard,

Il importe que nous donnions auparavantun exposé de l’Enothéisme. C’est à Monsieur Max Muller que revient l’honneur d’avoir développé la théorie Enothéiste, il n’est pas ditiicile de le,reconnaître du premier coup. En formulant sa théorie, l'auteur de ‘L’Origine des religions” se ressouvenait trop de ses études des langues orientales et des rehgions indoues, On y surprend en outre une analogie frappante avec le t'anscendantalisme de Hégel et la philosophie d'outre-Rhin, bref-‘ça sent l’Allemand .””

Voici comment notre Erudit développe sa théorie et nous indique son mode de procéder. Le mythe n’est pas un esprit, c’est. une force naturelle supérieure que l’homme, encore incapable d’abstraction, envisage sous une forme concrète et vivante, Toute différente de la doctrine animiste cette conception religieuse remonte pourtant à une antiquité également reculée, C’est elle que nous retrouvons dans les Védas de l’Inde et dans la religion oflicielle de l’'Egypte.—

Pour développer ce nouveau système Max Muller et ses disciples suivent une toute autre marche que les défenseurs de Panimisme. Ils cherchent leurs arguments non dans la psychologie, mais dans la linguistique, pour la bonne raison, affirment-ils, que ce qui est vrai de l’origine du langage doit l'être aussi de l'origine des religions. De même que la langue sanscrite est la source commune des idiomes indo-européens, de même aussi les Védas, c’est-à-dire les plus anciens monuments religieux écrits dans cette même langue, doivent nous représenter sinon l’image parfaite, du moins la moins altérée de la reiigion primitive, dé nos premières croyances. L'étude du Rig-Véda ou recueil des hymnes sacrées des Aryas ne peut laisser aucun doute sur le caractère

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de cette religion antique,

Bien supérieure aux croyances des penplades sauvages, elle est par Ià-même plus apte à donner la clef de toutes les autres doctrines. Nous en POuVOas connaître tous les éléments par les livres que nous possédons, Les hymes des Vedas ne sont que l'expression naïve et le fidèle reflet des impressions produites dans l’homme par le spectacle de la nature.

Partout autour de lui l’Arya sent la présence et la domination d'une puissaice mysterieuse, Ne sachart comme la glorifie dans chacun des phénomènes par lesque feste, Il l'adore dans lu produc

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ls elle se mani.

tion du feu, dans le retour régulier de la lumière, dans le souffle du vent qui rafraichit et déssèche,

dans la fureur des tempêtes, en un mot dans tout ce qui l'étonne et le frappe pur son côté invisiole et mystérieux. Ces phénomè. nes, il les désigne par mille épithètes dont la variété correspond à sou innépuïisable étonnement.

Trausformées peu À peu, modifiéee par la suite ces épithètes deviennent dans son imagination des êtr leux, des dieux qu’il invoque tour à tour. Je dis tour à tour, et c'est là la différence essentielle avec le polythéisme d’une part, lequel adore plusieurs dieux à la fois, et le Monothéisme de l'an. tre, lequel n’adere qu’un seul et même Dieu. D'après Max Mul. ler, c’est précisément de ces adorations non pas de divinités mul. tiples mais de divinités successives, où l’homme, sans même se rendre compte s’il] ÿ & Un où plusieurs dieux adorait aujourd’hui la divinité du soleil, demain celle du tonnerre, après demain celle de la tempête, que sont sorties les deux forines polythéiste et monothéiste, Ce n’est que plus tard, grâce à l’évolution progressive, que l’homme, sorti enfin de sa longue enfance et en état de réfléchir, put se demander : le dieu du tonnerre, le dieu de la tempête, le dieu de l’eau et le dieu du feu sont-ils plusieurs dieux ou ne sontils que les manifestations variées d’uue seule et même divinité, d’un seul et mêire Dieu ? Des solutions contraires sont sorties leg deux formes religieuses opposées, le monothéisme d’une part, le polythéisme de l’autre. Ce système, pour être faux, n’en est pas moins très ingénieux, ne MauqUuE pas de vraisemblance et géduit par la forme gracieuse que lui donnent ses auteurs, lorsqu'ils nous représentent la peusée religieuse des premiers hommes, laquelle s’éveille en présence des phénomà 28 de la Lature, s'exta.

des temps, es merveil-

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sie d'admiration au lever du soleil où au bruit éclatant de In foudre, et résume ses impressions duus le ecrit Voilà Dieu!

On ne saurait nier que cette doctrine ne soit faite pour obtenir assez facilement l’asseptiment de ceux qui vivent sans la foi et ne réfléchissent guère sur de si hautes questions, Vraie ou fausse, cette doctrine n’en est pas moins très supérieure à la théorie brutale de cet animisme ou fétichisme primitif qui se réduit à faire sortir le plus du moins, À supposer des effets sans causes. Si le système Euothéiste, qui admet duns l'homme l'existence d’une faculté resigieuse spéciale et lui donne pour cause existante les grands phénomènes de la nature, ne réussit pas complètement à résoudre le mystérieux problème de l'origine de la religion, ib est du moins un essai viutment rationnel, Cette doctrine, désignée par Max Muller sous le nom d'Enothéisme, n’est rien autre que” le culte des divers objets sous lesquels l’omme a soupçonné la présence 4e l’invisible et de l'infini, et dont chacun, s’élevunt peu à peu et cessant d’être puremeñt fini et naturel, devient une chose vivante, un être vivant, un être immortel et éternel, autrement dit, un dieu doué des qualités les plus hautes que l'intelligence humaine a pu concevoir. C’est la notion d’un Dieu un (enos Theos), par opposition au polythéisine (Polus theismos } plusieurs dieux, et au monothéisine, (monos Theos), Dieu uni que et solitaire.” C’est, si, je puis ainsi parler, le culte successif de différents dieux, différents êtres suprêmes, dont chacun, à son heure, entend dire de lui tout ce que l’homme peut dire d’un Dieu. Le poète qui s’adresse à l’un, semble oublier que d’autres dieux existent jusqu’à ce que dans ne autre hymne, il oublie la divinité qu’il a louée et suppliée, pour offrir à une autre ses hommages et ses chants.

Ce fait constaté sert de point de départ à notre érudit pour construire sa théorie Enothéiste. La religion primitive résultera, d’après lui, de deux ééments distincts :l’un subjectif qui serait une faculté spéciale, par laquelle l'homme percevrait l'infini, où mieux encore, aurait une sorte” d’intuition de la divinité” analogue à la perception des phénomènes sensibles. L’autre objectif et qui n’est autre que notre monde visible. De la rencontre de ces deux élements jallit Gans l’homme l’idée primitive de la divinité.

Mex Muller nous explique lui-même le mode de cette perception. ‘On peut diviser le vieux fond de la connaissance primi-

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tive en trois classes.

La première comprend tous les objets qui peuvent être tou. chés dans tonte leur étendue, une pierre, une fleur, un animal, Tous ces objets nous les avons devant les yeux. Il n'ya rien en eux d’incounu et d'inconnaissable, L'idée et le nom de ces choses sont le langage le plus familier et le plus simple de la société primitive. ”’Il en est tout autrement quand nous venons À l'arbre, à la montagne, à la rivière. L'arbre nous échappe par ses raci. ues les plus profondes et par sa cime la plus élevée, Nos sers ne penvent l’embrasser tout entier, Dans cet arbre qui naissait sous leurs yeux, graudissait, roussait des branches, des feuilles, des fruits, les anciens peuples sentaient quelque chose d’étrange qui devait être pour eux une source de perpétuel étonnement. Ils le saisissaient d'un côté, et de l'autre, ils étaient incapables de le Comprendre. Cette seconde classe forme d’après Max Muller, les semi-tangibles et à peuplé la nature des semi divinités.

Quant à la troisième classe, qui se compose de tous lea ob jets que nous pouvons voir sans les toucher comme le soleil, les étoiles, les nuages, elle est le germe de la divinité proprement dite.

Comment cet infini a t-il pu donner naissance à la divinité ? C’est ce que nous allons voir.

‘Nous entendons le bruit du tonnerre, mais nous ne pouvons voir le tonnerre lui-même, le toucher, le sentir, Un bruit sans personne pour l'émettre, un tonnerre impersonnel, les vieux Aiiens ne pouvaient en avoir l'idée, Le tonnerre éveillait en eux l’idée d’un être tonnant, comme les bruits de la forêt éveiliaient l’idée d’un hurleur, lion cu antre. Dans ce tonnant ou ce hurleur nous avous le premier exemple de l’un de ces êtres que l’on ne peut voir, et dont pourtant il est impossible de nier l’existence et le pouvoir en bien et en mal. .

Cet être qui tonne s’appelle dans les Védas le hurleur Rudra. Il est facile de comprendre, coment une fois créé, Rudra, le hurleur,'a dû manier la foudre, porter l’are et la flèche, frapper les méchants, épargner les bons. Le premier jalon posé, tout le reste en découle naturellement. ‘Ce chemin, étudié à la lumière des religions de l'Inde, c’est d’après lui”, la nature même qui l’a tracé. Cette route conduisit leg hommes du connu à l’inconnu, de la nature at dieu de la nature Conçu sous différents aspects, Cette

même route a ensuite conduit au Polythéisme en séparant com. pléterment chaqne dieu, et an monothéisme en formant l’idée d'un dieu Gnbyue muni ne peut avoir d'égae: Elle-même conduit le penseur Cconseencienx aux rives de l’Ath‘igme,

‘Tel est l’énothéisme, théorie ingénieuse et même brilliante dont le seul tort est d'être hypothétique et sans fondement.

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