PERVERSITE DE LA VOLONTE
Les hommes qui renoncent à leurs plaisirs ou à leurs travaux pour se livrer à l'étude de la science n’ont pas la faculté du dé. doublement. Ils apportent avec eux tout ce qu’ils ont: penchant, habitudes et volonté, causes inévitables des affections désordonnées. On a beau faire, on a toujours, sinon des travers d'esprit, du moins des conclusions pratiques dont on ne se sépare point. Un homme qui a vécu, a des convictions. Or l’homme qui se livre à l'étude, à déjà vécu. C’est dire qu’il a un but déterminé. Malgré lui, il est et restera ancré dans un vouloir de vingt, trente ans d’une conduite plus ou moins vertueuse ou désœuvrée. Il croit chercher la vérité et il cherche son caprice. avoir la passion du v Le malheur est que,
Il s’imagine rai et il n’a que la passion de son vouloir.
le plus souvent, cet homme est inconscient.
Tout en étant convaincu qu’il recherche la vérité, il ne travaille qu’à justifier ses préjugés, À excuser son avenir et son passé, caressant tel ou tel caprice, favorisant telle où telle inclination dont il ne veut ou ne peut se défaire.
Cela n’arriverait pas si l’homme était capable de dédoublement e
t n’était pas abso-
Jament un. Il est un composé moral et intellectuer qui re sanraït .
divorcer d’avec lui-même, Or ce qui étonnera peut-être et n’en est pas moins réel, c’est que la définition de l’homme «un être libre”, vraie en priueipe est fausse en pratique. Malgré Mi, l’homme eubit toutés sortes d’influences. Un sourire, un regard suftit pour lui faire aimer aujourd’hui ee qu'il détestait hier, pour lui faire estimer juste et légitime ce qu’il condamnait,, un instant au- ParaVaut, comme injust: et coupable. Il arrive ainsi que l’intelligence. au lieu de déterminer la volonté se trouve déterminée par” elle. ‘loutes les fois qu’une passion vélémente se dresse devant la volonté, et lui eommande, vette faculté maîtresse cède généralement ; çar eile la presse et la domine avee une telle violence que ba volonté tremblante et éperdue n'ose même Pas prendre conseil de l’intelligenee. Voilà pourquoi l’homune esclave d’vne passion, entendra difticilement raison.
Il y à dans l’homme un premier moteur immobile qui imprime à tous les autres son propre mouvement, Que vous l’appeliez passion dominante, tenacité de caractère, travers d'esprit, cemoteur existe, fait pivot dans notre vie et aut tout notre être. Est-il anormal, le mc'ivement qu’il imprime sera. deréglé et notre vie sera celle d’un désœuvré. Il importe donc: d'y maintenir et d'y retablir l’ordre. Ce ne peut être le résultat que dun effort, grand mais néeessaire, pour rester des hommes. libres, des hommes ‘raison’ et non des hommes sapression.
La perversité de la volonté est certaivwement le plus grand obstaele que rencontre la vérité non spéeulative mais pratique.
S'agit-il de sciences purement spéeulatives, n’entrainant à leursuite aucuue conséquenee pratique, les opinions ne diffèrent pas. S'agit-il au contraire de principes d’où découlent des conelusions pratiques, c’est alors que règne la plus grande confusion. Et voyez-vous, la raison en est bien simple, e’est que ees conelusions s'attaquent à des vouloirs de trente et quarante ans peut-être, lesquels, bien qu’inconseients, ne permettront pas à l'intelligence de tirer ses conelusions. Iustinetivement, sans s’en rendre compte, des hommes intelligents ne voudront pas, selon l'affirmation de l’Esriture, connaître le vrai par érainte d’avoir à faire le bien. Leurs passions les dominent, elles ont tout pouvoir sur la volonté, mystifient l'intelligence, lobligent à se ranger de leur côté et à
our de lui gravite
‘opérer sous l'impulsion de leur propre: mouvement.
tuel qui re sanraït .
peut-être et n’em ‘homme ‘un être Malgré li, l'hom- + Un regard suftit it hier, pour lui it, Un instant auainsi que l’intele déterminée parse dresse devant esse cède générane telle violence pas prendre consclave d’une pas-
obile qui impriue vous l’appevers d'esprit, ce de lui gravite wil imprime sera.
| importe donc:
être le résultat er des hommes.
"apression, le plus grand mais pratique.
itrainant à leure diffèrent pas.
des conelusions confusion. Et:
€es conclusions ans peut-être, à l'intelligence a rendre compn l'affirmation à faire le bien.
r sur Îa volonté, e leur côté et à
pe
de la rareté des conversions, . côté de la vérité.
# 1] LS | #4 Te 1%
in LU ge
Ce qi rend ces passions sou eraines et leur communique cet. . te fixité, c’est leur objet sans cesse convoité, Un Lomme est il épris d'amour, il fera tout Pour jouir de l’objet aimé. Il en fera l'unique but de ses recherches, de ses j occupations, de toute sa vie. Son intelligence, sa volonté, toutes . les plus nobles facultés de son être graviteront autour de cette passion, subissant ses caprices, et essayant même l'impossible pour le triomphe de son vouloir, Il ne faut donc pas s'étonner et de rencontrer partout l'erreur à Une intelligence mise au service des passions mauvaises, ne peut qu’errer. Plus elle cherche, plus elle s’égare, parce que son rôle ne consiste qu’à trouver, à force de subtilités et de détours, des motifs justificateurs à la volonté déjà pervertie.