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CHAPITRE XX. — PftllfCIPE DE CONTIUOICT. KAST

cartésienne, a L attribat qui répugne à un sujet ne convient point à cq sujet. » Formule de Kant. Comparez, terme à terme, et signalez, s'il est possibl#, les différences. Ajoutons que le principe des cartésiens étant à la foi3 affirmatif et négatif, i identité ne saurait être plus complète. Qu'est devenne Toriginalité du philosophe de ^œnigsberg?

197. II n'a pas été plus heureux en attaquant la condition de simultanéité que l'on ajoute, généralement, à la formule de contradiction. Je vais le prouver. De l'aveu du philosophe, le principe de contradiction est la condition sine quâ non de toute science humaine. Or, si cette condition répond à son objet, elle doit être formulée de façon qu'elle se puisse appliquer à toutes les circonslances. Les idées qui se rapportent au contingent et au relatif entrent pour une grande part dans nos connaissances. Les vérités purement idéales n'ont de valeur qu'à la condition de descendre sur le terrain de la réalité ; le temps est la condition nécessaire de tous les êtres contingents ; l'existence de ces êtres est comprise dans une durée déterminée, et puisqu'ils sont objet de connaissance, la pensée et l'expression doivent tenir compte de celte condition. Les propriétés essentielles subissent ellesmêmes, en quelque sorte, la condition du teipps; car si, considérées en général, elles échappent à son action , il n'en est point ainsi lorsqu'elles descendent dans le domaine de la réalité, c'est-à-dire lorsqu'elles cessent d'être une pure abstraction et deviennent une chose positive. Yoilà pourquoi toutes les écoles

ont ajouté la condition de temps à la formule du principe de contradiction. Il est étrange que cette raison si profonde ait échappé à la pénétration du philosophe de Kœnigsberg.

198. Ne l'oublions point ; l'essence du principe de contradiction, c'est l'exclusion du non-être par l'être et de l'être par le non-être. La formule doit mettre en relief cette vérité ; vérité d'une évidence immédiate, vérité que notre entendement perçoit par une intuition si vive, qu'elle n'admet pas même l'ombre du doute.

Le verbe être s'emploie de deux manières : substantivement, en tant qu'il exprime l'existence; copulativement, en tant qu'il exprime le rapport d'un attribut avec son sujet.

Exemple : ce Pierre est. » Ici le verbe être signifie exister ; il est pris substantivement. « Un triangle équilatéral est équiangle. d Ici il est pris copulativement; en effet, il n'aiBrme point l'existence d'un triangle équilatéral quelconque , mais seulement le rapport de l'égalité des angles avec l'égalité des cêtés , abstraction faite de l'existence des uns et des autres.

Le principe de contradiction doit s'étendre aux cas où le verbe être est copulatif comme à ceux où il est substantif. Lorsque nous affirmons qu'il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en un même temps, nous ne l'affirmons point seulement de l'ordre idéal, ou des rapports de l'attribut avec son sujet; nous embrassons dans la formule l'ordre réel lui-

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