CHAPITRE XX. — PRIHCIFB D« CO!<ITRADICT. KANT
même ; que si ce dernier ordre ne 8*y troarait point compris, le inonde des existences ou des faits serait tout entier en dehors de la condition nécessaire à la connaissance. Ajoutons que cette condition s'applique, non-seulement à la connaissance, mais à Tètre en lui-même, quel qu'il soit, intelligent ou non; que Ton définisse un être réel qui pourrait être et n'être pas, ou bien encore, une contradiction réalisée. Donc le principe de contradiction doit s'étendre au verbe être pris dans les deux sens.
Toutes les existences finies , y compris la nôtre, sont mesurées par une durée successive ; donc, pour rester applicable à toutes nos connaissances, le principe de contradiction doit comprendre la condition de temps.
Nous savons que les choses finies n'ont pas toujours existé ; qu'elles pourraient ne pas exister : cela ressort de leur existence en un temps donné, existence qui ne peut être affirmée que par rapport à ce temps. Donc, la condition de temps est absolument nécessaire dans la formule du principe de contradiction, si Ton veut que cette formule s'applique à l'ordre des existences, c'est-à-dire à tout ce que nos connaissances ont de réel.
499. Voyons maintenant ce qui se passe dans l'ordre purement idéal où le verbe être est pris copulativement. Les propositions de l'ordre purement idéal sont de deux sortes : les unes ont pour sujet une idée générique ; cette idée, en s'unissant avec la différence, peut s'appliquer à une espèce déterminée;
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leB autres ont pour sujet respëce elle-môme , ou, si Ton veut, Tidée générique déterminée par la différence.
Le mot angle exprime une idée générique et comprend tous les angles ; cette idée, ea s'unissant avec la différence correspondante, peut constituer les es^ pèces, angle droit , aigu ou obtus. Il nous arrive, à chaque instant, de modifier Tidée de générique; et comme, dans ces opérations, il faut admettre une succession durant laquelle s'offrent à nous diverses idées, ayant toutes cette idée pour base, nous sommes amenés k la regarder comme un être qui se transforme successivement. Pour exprimer cette succession purement intellectuelle , nous employons l'idée de temps; voilà une des raisons justificatives de remploi de celte condition, môme dans Tordre purement idéal. Ainsi , nous dirons : Un angle ne peut être, en un môme temps, droit et non droite parce qu'il est possible que l'idée d'angle se trouve successivement déterminée par la différence qui le constitue droit ou non droit; mais ces formes déterminées ne peuvent coexister môme dans -notre pensée; c'est pourquoi nous n'affirmons point l'impossibilité abso* lue de l'union de la différence avec le genre, nous bornant à la comprendre dans la condition de simultanéité.
Dans cette proposition : «c Un angle droit ne peut être obtus, y> le sujet n'est pas seulement l'idée générique angle^ mais l'idée générique unie à la différence droit; or, l'impossibilité d'unir Tattribut obtu$