CHAPITRE U. — £TAr Dfi LA QUESTION
litne, nous Tenons de le voir, a pour appuis les sceptiquei eia-mèaiM, les Pyrrhon, les Hume, lesFichte. Ce n'est fias une simple méthode philosophique, c'est la soumission volontaire à une nécessité inévilaUe de notre raihire, c^est la combinaison de la raison avec l'instincl , c'est l'attention multiple et s imultan ée aux différentes voix qui résonnent dans le fond de notre esprit. Pascal a dit : « La nature confond les pyrrhoniens, la rtàmn confond les dogmalistes. » Cette pensée, qui passe pour profonde et qui Test, sous certttosjrapports» renferme néanmoins une inexactitude. Il n'y « pas égalité de confusion dan^; les deux cas. La raison, si elle reste naturelle, ne confond point le dogmatiste ; et la nature, soit seule, soit unie à la raison, confond le phyrronien» Le véritable dogmatiste commence par donner à la raison la nature pour fondement ; il se sert d'un instrument qui se connaît lui-même, qui confesse Tim** puissance de tout prouver, et qui, loin de choisir arbitrairenienl les premiers principes dont il a besoin, les reçoit de la nature. Ainsi, la raison ne confond pas le dogmatiste qui, guidé par elle, lui cherche un fondement solide* Quand la nature confond les pyrrhoniens, elle atteste le triomphe des dogniatisies dont le principal argument contre le scepticisme absolu est la voix de la nature même. La pensée de Pascal serait plus exacte sous cette forme : < La nar tare confond les i^^ rrhoniens, et elle est nécessaire à la raison des dogiuatistes. » L'antithèse serait moins
briUaute, mais plus vraie, Les dogmaiistes ne mé-
16 LIVRE i. — J)£ LA CERTITUDE*
comiaissenl pas la puibâance de la nature. En dehors de cette base^ la raisoa ne peut rien ; il lui faut un
point d'appui. Avec un point d'appui, Archimède offrait de soulever le monde ; sans point d'appui» le levier le plus puissant ne renuwait pas un atome ^
CHAPilRE m.
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16. La certitude n'est pas le produit de la réflexion; développement spontané de la nature de rhomme, elle est inhérente à rexercice de ses facultés intellectuelles et sensibles. Ces facultés ne se peu<- Tent passer de la certitude ; elle est leur raison d'agir. Voilà pourquoi nous la possédons d'instinct et sans réflexion, jouissant de ce don du créateur comme de tant d'autres bienfaits qui accompagnent l'existence.
n est donc indispensable de distinguer entre la certitude du genre humain et la certitude philosophique, bien qu'à vrai dire on ne comprenne pas trop ce que pourrait valoir une certitude humaine en lutte avec la certitude du genre humain.
17. Nous Posons affirmer : à part quelques instants douiiés à l'étude des bases de nos connaissances, le philosophe lui-même se range à l'opinion du commun
' y oyez U note U à la fia du volume.