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CHAPITRE II. --^ ÉTAT DE th OOfiSTION

Aeiéguant le doute dans le domaine de la spéeula*' tien, le» sceptiques eux-mêmes conviennent de la nécessité de s'accommoder, dans la pratique, aux témoignages des sens, à ce qu'ils nomment les appa* rences ; philosophes tant que dure la discussion, ils cessent de Tétre la discussion finie, et redeviennent hommes.

Écoutons Hume qui niait ayec Berkeley Fexistence

des corps. t< Je mange, dit-il, je joue au trictrac, je parle avec mes amis, je suis heureux dans leur compagnie; et quand, après deux ou trois heures do récréation, je reviens à ces spéculations» dles me paraissent si froides, si en dehors de la nature, si ridicules, que je n'ai pas le courage de les continuer. Je me vois absolument et nécessairement forcé de vi* vre, déparier et de travailler comme les autres hommes dans le train commun de la vie. » {Traité de la nature humaine, tom. i"*".)

13. Tenons-nous eu garde contre la tentation puérile d'ébranler les fondements de la raison humaine : ce qu'il faut chercher dans les questions relatives à la certitude, c'est une connaissance profonde des principes de la science et des lois qui président au déveli^pement de notre esprit. La mis»on de la philo*sopJiic n'est point d'entasser des ruines.

L'astronome scrute les proloodeurs des cieux, elle y découvre les lois qui régissent les mondes, et ne cherche pas à troubler Tordre admirable de l'univers. Non, le doute ne vivifie poiul la piiilosophi% il l'anéantit, i^uur étudier les phénomènes de la vie,

un ifilênfié oUfre sa poitrine et plonge le fer dans

son cœur palpitant. Voilà le sceptique !

La sobriété de Tesprit est aussi une vertu. Point de sagesse sans prudence; point de pbilosoptiie en dehyors du bon sens. Nous portons au fond de notre Ame une Itimière ditine» f;anliHis--iioas de l'6tein« dre; elle nous fait lire sur Técueil où vient se briser la sagesse Iminatue ces mots : Vous n*irêz pm plus loin / Celui qui les a tfacâs est Tauteur de tous les Mms, k iégidaieur du monde des corps et du monde des esprits , Tétre infini, raison dernière de feules diosas*

14. La certitude préexiste à tout examen, niais elle n'est pas aveagie ; eite naît ou de la darié de ta fîsion intellectuelle, ou d*un instinct conforme à la raison. Bana le raisonnemeni) aaire esprit arrive à la vérité par renohatnenMit des propositions , e'«stHli*dire I laide d'une lumière qui se réfléchit d'une vérité à Tauire. Dans la certitude primitive, la lumière est directe; la vision se nomme évidence et n u pas besoin de la réfleuon.

Ainsi, la certitude dont nous constatons Texis- •lence n'est point un ptiénomène obscur; loin de "^Niloir éteindre la lumière i son foyer, noM «04^ moub qu elle y est plus brillante que dans ses rayonnements. Le soleil éclaire le monde ; si l^on naM demande d'expliquer sa nature et ses rapports avec le reste de la eréation, nierons-4ious le soleil? Le ph^ sieien qui veut étudier la lumière et délerminer ses ^is commwcera-t-ii par faire la nuit autour de lui î

t8* C'est du dogmatisme, dira-t-on. Maisce dogma*

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