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CHAPITRE II. LA MATIÈRE ESI i.NSENSlbLE. âOÔ

matière ; esprit si^ilie quelque chose de plus ; nous entendons par esprit un être simple, doué d'intalligence et de libre arbitre. L'àme des auimaux peut donc n'être point matière, sans être spiritueile.

Ce qui n'est point corps est esprit, dit-on ; point de milieu entre ces deux classes d'êtres. Pourquoi ? Sur quelles raisons s'appuie cette al ih matioii absolue^ Que Ton dise^ point de milieu entre le matériel et Timmatériel, je le comprends, parce qu'en effet raHirmaUon et la négation n'admettent pas de terme moyen. Toute chose est ou n'est point; mais l'idée esprit contient plus qu'une négation de la matière, à savoir l'idée d'un principe actif, intelligent et libre.

16. On nous demaadcrci peut-être quelle est la nature de l'âme des bêies; eiii demanderai-je, à mon tour, la nature de la plupart des choses qui tombent sous notre observation, quelle est-elle î Connaissons-nous les êtres immatériels en eux-mêmes ? Notre âme immortelle, hi voyons-nous intuitivement? Elle nous est révélée par ses actes, dont nous avons conscience. C'est de la même manière, c'est par ses actes, c'est-à-dire par sa faculté de sentir que F âme sensitive nous est connue. Nous savons qu'elle n'est point matière, paixe que la matière est incapable de sensation. Les raisons en vertu desquelles nous pouvons affirmer de notre âme qu'elle est un être simple, un principe actif, doué d'intelligence et de liberté, nous autorisent & conclure que l'âme des animaux est un être simple doué de la faculté de sentir, doué d'instincts et d'appétits dans l'ordre sensible.

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ZU6 LIVRE II. — nSS

La nature de ce principe actif m'est inconnue; mais ses actes me le montrent comme une force mi^ périeure à la matière, comme une de ces mille acU« Yités qui viviûeiit le muade. Cette activité vivilianle •e découvre à moi dons uoe portion de matière admirablement organisée; organisation qui n'a d'autre fin que l'exercice harmonique des iacuités de l'être vivant que nous nommons Mlnui. L'ignonmee où je suis sur la nature de cette force ne saurait m'empècber d'affirmer son exMeansù , puisque les phéno» mènes me la révèlent d'une manière iacoiitestable.

17» Quelle sera, cependant « la destinée de ces âmes ou de ces forces, quand l'organisme qu'elles vivifient sera détruit? Ne pouvant se décomposer, puisqu'dles n'ont point de parties, rentreroni-^lea dans le néant? La vie leur sera-t-elle conservée en attendant qu'elles président k une orgamsatiou aottveller

Ùuestion multiple : nous allons examiner séparément diacune des parties qu'elle re&isrme*

Si l'âme des animaux n'est point composée, elle ne peut périr par désorganisation ; désorganisa*, tion suppose organisme. Ainsi l'âme des unlmaiix ne se peut corrompre, puisque l'incorruptibilité est le propre de tous les êtres qui ne sont point campotéa de matière. On ne saurait élever sur ce point la moiadre difficulté ; mais la question n'est résolue que dana sa partie négative ; nous savons seulement que rânne des bètes ne se corrompt ni ne meurt par déoompo* sition ; reste i sa voir ce qn'dle deviasl. PrDiang&4^

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CHAPITRB II- LA MATIÈRE BOT IHSENSIBLE. 307

eUeindétiDimeni gon existence/ ei d« quelle niaoièrer Sur toutes ces choses la raison ne nous fournit que des conjectures; nous supposons ce qui peut être * nous ne pouTODS affirmer ce qui est. La philosophie

nous fait entrevoir le possible, elle ne nous montre point la réalité. Seule, rei^périence pourrait résoudre le probitoie ; elle nous fait défaut. Demandez- vous une affirmation ; le vrai philosophe devra répondre : Je ne sais. Vous contenterez-TOUs d'un peut-être ; ces questions rentrent dans le donruune du raisonnement et de Vanalogie.

18. rUcn ne s'anéantit, dit-on commuiiénient. Être anéanti signiiie cesser d'exister sans qu'il reste rien de Tètre. Un corps qui se désorganise cesse d'être cx)iuaie corps organisé; mais la matière survit. 11 n'y a donc pas anéantissement. Rien ne s'anéantit ; on l'affirme ; peut-on l'affirmer? Selon quelques philosophes» il faudrait distinguer entre les substances et ' les accidents ; ces derniers étant une espèce d'êtres incomplets peuvent s'évanouir sans laisser de tiaces, mais ce n'est poiot, à proprement parler^ un anéantissement. Nous voyons que certaines chosos se transforment d'une manière continue, c'est-à-dire qu'elles sont soumises à une succession d'accidents qui ces-» sent d'exister lorsque le cercle des modifications respectives se trouve accompli. Quant aux substances, il y aurait anéantissement si elles cessaient d'être; mais nulle substance ne cesse d'être. giiore ce qu'il y a de vrai dans ce système, car je ne vois point sur quel fondement solide il s'appuie. Si

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l'on admet une substance destinée à quelque objet particulier, l'objet cessant, pourquoi lui survivraitelle ? L'être créé a toujours besoin de Taction conservatrice de Tètre créateur; c'est pourquoi Ton dit que la conservation est une création continue. Lorsque l'objet pour It quel une substance a été créée vient à cesser, pourquoi cette substance ne serait-elle pas anéantie ? Je n'y vois rien qui répugne, soit à la sagesse, soit à la bonté de Dieu. L'ouvrier détruit ou laisse là Finstrument qui ne peut plus lui servir; Dieu i?iispend Taction conservatrice, la créature retombe dans le néant. S'il n'est point contraire à la sagesse et à la bonté de Dieu qu'un être organisé se décompose ou cesse d'exister comme organisme, pourquoi lui répugnerait-il qu'une substance, après avoir rempli sa destinée, cessât d'être ? Donc, on peut admettre, en bonne philosophie, que l'âme des animaux meurt avec le corps ou plutôt s'anéantit.

19. Mais supposons qu'il n'en soit point ainsi ; rien ne nous empêche d'admettre leur persistance.

Quelle serait leur destinée? je l'ignore. Absorbées de nouveau dans l'immenseocéan de la vie, leCréateur leur assignerait leur emploi . Quelle multitude innom-» brable d'êtres dont nous ignorons la destination, sans pour cela nier leur existence ou leur utilité ! Pourquoi la force qui viviliait l'animal ne survivrait-elle |>uint à l'organisme, pour servir à d'autres usages. Lorsqu'une plante se détruit, les principes de vie qui iermenti^icnt en elle sont-ils donc entièrement éteints? Ët ces principes, bien qu'ils n'exercent plus leur ac-

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