CHAPITRE m
SO. Le fittt ddla septttion n'mt |»s isolé, ii ne lia à
d'autres laits. Nos connaissaacas sont, en grande partie, le résultat deoetteliaisoii.Oiiadîtbarâiiiifiat:
Il est impossible de démontrer, par la sensation,
Ve^ustence des corps ; ce phénomène puremmt sul^ jectif ne nous aatoriee point à condure l'esiatence d'un objet plftcé bors de nous» Nos sensations peuvent être considérées comme iiii ensemble de faite
individuels enfermés dans le sanctuaire de notre ame.
La diliicuitô parait insoluble ; toutislois, à bien regaiw der au fond des choses, il eA facile de s'apercevoir qu'on lui donne une importance qu'elle ne mérite point*
21 . La première olijectiou contre le témoignage des sens se tire» ordinairementi de la difficulté que Ton éprouve à distinguer, avec certitude, la veille du som^ meil. Nous éprouvons durant le rêve les mêmes sen-* salions que durant la veille. Comment nous asmrer
que riUusion n'est pas continuelle ? « Qui démontrerait
que la vie entière n'est pas un songe, ume illusion
* Voya la noie 1 à U fin du volume.
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CaAPiTRE m. ~ LE SOMMEIL £T U VEIUE. 3i|
indéiiuissable. Cirait phis qu3 n'ont pu iaue Ji»qu'à ]M>s jours tous les philosophes ensemUe. » {Lamen* iMte, SêÊoi 9ur findifStrencê.) U ne sturais von là qu'uae exagération. Examinons^ avant toutes chosos MlerMeetla veiltediflèrmt, non^Milemaotan yernc (lu sens commun, mais à ceux de la raison. L'abbé de liimfliinaiti prétendque seul le cansentemeateomniUQ peut poptar «a jugement déinitif et tttitfaisant. Je suis convaincu qu'un raisonnement sévère peut al» teindre le résuitat où nous eonduieent, de eoneert, le sens intime, le sens commun et le consentement général ; en d'autres termes, a^re propre témefgnag^ et eelm de uoa semblablet.
22. L'homme trouve, en lui-même, la certitude d'ttoe diffiérenee entre ie r6?e et l'état de veille. Pour savoir que nous sommes éveillés, nous n'avons nui besoin du témoignage d'antrui.
NoBS ne chereheroBS peint les dUMreiicee de oee deux états dans la clarté, dans la vivacité des sen* aalioiis ou dans la certitude actuelle qu'elles eiigeudreat. Souvent, durant le rêve, les images perçues sont aussi distinctes qu'elles pourraient Tètre durant la vaille, et dans ce noment, du moim, la eertiluda est complète. Uui ne se souvient des joies vives ou des (erriUes angoisses d'un rète. Quelquefois, cependant, il nous arrive, au réveil, d'avoir comme la réminiscence d'un doute qui» pour ainsi dire, c6toysît notre songe. Dans le rêve même, nous pressentions le rêve; mais le phénomène est rare. Ce eré« imsonie de raison réfléchie, qui nons nvertil ^ Mtre
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3iS UVRE II. DES SENSATIONS.
état et de l'illusion dans laquelle nous sommes, n'est qu'une exception ; en générai, tant que le rêve se poursuit, nous n'admettons point de doute à son sujet. Nous serrons un ami dans nos bras, nous pleurons sur une tombe, et nous sentons comme en présence de la réalité.
33. La différence n'est point dans rincertitude du moment, au contraire, la certitnde est complète. Où donc est-eUe i Comment la raison peut-elle parvenir à la signaler r Comment la philosophie \ient-dUe à l'appui du sens intime et du sens commun? C'est ce que nous allons examiner.
Laissant de côté la question du rapport des sensations avec les objets extérieurs, et sans rechercher si, dans tel ou tel cas, leur témoignage est ou n'est point suffisant, mais à les considérer seulement comme des phénomènes de notre Ame, nous affirmons que les sensations présentent deux ordres de faits parfaitement distincts et caractérisés : le sommeil et la veille. Notre aem intime atteste cette distinction; les idéalistes eux-mêmes sont forcés delà reconnaître.
En réfléchissant sur ce qui se passe en nous dès les premiers jours de notre existence, ou plutôt du moment où notre conscience s éveille, il nous est facile d'observer que nous é|Mrouyons, d'une manière périodique et constante, deux ordres de sensations : les unes, plus ou moins claires, plus ou moins vives, limitées à leur objet, privées du concours du plus grand nombre de nos facultés, sans réflexion sur eUe-mème; les autres toujours daires, toujours vives, appuyées
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