CHAPITRE IV
Rftpi^rt des MWNita^M »TM !• fliOM«e •sterne.
S4. Nm sensatioDS ont-eU^t des rapports avec les
objets extérieurs, ou sont-ellesde simples pliénoniciics de ootre âiua / De i'eiisteocede ce monde interne que les sensations font liyre en nous, est->U permis d'infiérer Fexistence du monde extérieur ?
Question purement théorique» on le comprend; ici, n ous en appelons à la raison, non à la nature dont la yoix irrésistible nous subjugue et s'impose au rai* aonnement.
Quel que soit le résultat de nos recherches philosophiques sur les rapports du monde idéal avec le monde réel, nous obéirons h cette voix impérieuse. Le nombre est bien petit de ceux qui s'avisent d'un pareil examen; combien n'y songeront jamais; et cependant, rhumanité tout entière admet, sans hésitation, Texistence d'un monde réd, distinct de nous, en communication continuelle avec nous. La nature a le pas sur la philosophie 1
Il n'entre point dans ma pensée d'infirmer la légitimité de 1 induction par laquelle on conclut de ridéal au réel, de Texistence du monde intérieur à
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celle du moade extérieur. Je veux seulemeut signaler les limites au-dett desquelles la philosophie ne peut, sans s'égarer, poursuivre ses i ccherches. Toute science en contradiction aTec un fait nécessaire et palpable ue saurait être qu'une erreur ; une philosophie contre laquelle rhumanilé toute entière proteste, y compris le philosophe qui la défend, .ne mérite pas ce nom. Les sophismes qu'elle entasse seront spécieux peutêtre ; vain bruit de paroles auquel la nature, à défaut de la raison, se chargera d'imposer silence, jusqu'à ce qu'enlin les lumières d'une autre \ie viennent éclairer le mystère ; la raison ne wit pcAnt comment les anneaux de la chaîne se rattachent l'un à Tautre; la nature sent leur liaison intime, indissoluble ; elle éprouve leur force et s'y confie.
Î8. Que les sensations soient autre chose que de simples phénomènes de notre âme, qu'elles soient les effets d'une cause distiucte de nous-mêmes , la comparaison des sensations entre elles le prouve jusqu'à révidcnce. Nous rapportons les unes à un objet externe, nous ne le faisons pas pour d'autres; il y a là deux ordres de phénon^nes que ron ne
saurait confondre.
L'image du pays où je suis né se retrace vivement à ma pensée. Je vois une vaste plaine, des champs cultivés, de vertes prairies; je vois de modestes collines qui tantôt s'arrondissent en mamelons isolés, tantôt, s'enfonçant à 1 horizon, s'effacent peu à peu, et se confondent avec la plaine, ou, s'élevanl par une gradation successive, vont se rattacher aux monta*
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