IV. LES SENSATIONS El LE MONDE EXTERNE. 3i
gnes. La haute chaîne de ces montagnes entoure la plaine tout entière et lui tlonne la forme d'un vaste drquequi n'a d'issue que vers le sud, et çà et là dans quelques interstices qui semblent lézarder la haute muraille, travail gigaulesque de la nature. Ce spec« tade est-il placé sous mes yeux ? Non ; mais n'importe ; quelle que soit la distance, je puis le renouveler à mou gré.
Pcut-cLic môme ces images s'offrironl-elles à ma pensée malgré moi ; mais je reste libre de m'en dis* Iraire; je puis, pour ainsi dire, à volonté, lever ou baisser la toile.
Le fait que je viens de décrire se reproduit de mille manières; ainsi j'éprouve intérieurement une suite de phénomènes qui représentent des objets extérieurs. Toutefois, je ne suis point soumis à ces phénomènes; par un acte de ma volonté libre, je les éloigne et les rappelle tour à tour.
Mais à côté de ceux-ci, je sens qu'il en est d'autres qui se produisent indépendamment de ma volonté , et sont soumis à certaines conditions fiuxquelles il m'est impossible de me soustraire, sous peine de ne point obtenir ce que je me propose.
J'éprouve la sensation produite par la vue d'un tableau; en langage ordinaire, je vois un tableau placé sous mes yeux. Supposez que ce tableau soit un phénomène purement interne ; nous allons étudier les conditions de son existence, abstraction faite de toute réalité extérieure, y compris celle de mon corps ou des organes par lesquels les sensations