‹ Philosophie fondamentaleChapitre 113 sur 165 · LIVRE II. — > DES SENSATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE II. — > DES SENSATIONS

sensation y simplement en fermant les yeux. Je puis à volonté cesser de voir et jouir mille et mille fois de la lumière, à condition de les ouvrir , la sensation restant la même si nous supposons toutes choses tenues dans le même état, ou changeant si nous changeons de place ou si les objets sont changés.

il existe donc , en dehors de nous, un ensemble d'êtres soumis à des lois nécessaires ; ces êtres pro duis^t nos sensations.

35. L'influence que ces êtres ont sur nous, il est à propos de le remarquer, n'est, de leur côté, ni libre ni spontanée; ils ne nous paraissent même point doués d'une activité propre. Un tableau que je regarde produira toujours sur moi la même sensation, le regarderais-je mille fois; n'était l'action du temps, il en serait ainsi durant l'éternité.

Ajoutons qu'ils relèvent en quelque sorte de nous, puisque nous pouvons, à volonté, leur faire produire des sensations différentes. Je touche une boule, c'est* à"dirc un corps sphchque dur et poli ; la continuité de la sensation m'aifertit que le même objet produit cette sensation multiple; je puis, au même instant, . recevoir de cet objet, à l'aide de la vue, une suite de sensations d'un autre ordre et les multiplier indéfiniment, si je le présente à la lumière.

36. L'assujettissement de ces êtres à des lois nécessaires n'est point relatif aux sensations, mais à une sorte de solidarité qui les enchaîne les unes aux autres. 11 arrive souvent que pour produhre une impression délerniiucc, nous employons un objet qui, par

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