CHAPITRE VU. OBJECTiVITE |>«S &£^i&AT10WS. â^i
«on aiF«cla théofie plûlû«i^bique de la lamière, cef fe çoatr^icliou n'est qu'apparente. Au loud, k juge* meut ne fuit auir« chose que rapporter rimpression uii objet déterminé. C'est pourquoi, lorsque Ja phy, «ique mw découvre que les oouieurg ne soat point dans Tobjet coloré» nous n'épreuvon» nulle peine à concilier la théorie ^vec V'mpr^ùou du sens de le vue.
En effet , quelle que soit la théorie, le vrai, c'est que tellett impression» nous viennent de tel otget» ou de telle de ses parties.
40. ce rapport, il n'est diliicile d'expliquer ni le phénomène de la sensation, ni la correipondance des sensations ^\ec les objets extériuurse U suffît, en effet, pour sauvegarder cette correspondanoe, que ces objets soient réellement la cause ou roccasion des sensations. La tâche n'est pas aussi facile relative^ ment k l'étendue ; or cette propriété est comme la base de toutes les propriétés sensibles. Qu'elle constitue OU oou Tesseuce des corps, il est certain que nous lie concevons point de corps sans étendue.
41» L'observation suivante fera toucher au duigt combien l'étendue diffère des autres quaUtés sen^ sibles. L'homme qui n'a jamais réfléchi sur les rapports de la $ensation avec les objets ae trouve dan« je ne sais quelle confusion d'idées. Pour lui, la couleur, la saveur^ Todeur et jusqu'au son même, appartiennent aux objets odorants , savoureux pu sonores, comme des qualités qui leur seraicut inhérentes : la couleur verte au feuillage, le parfum à la li^^ur, le
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son au corps sonore, la saveur au fruit. Il est facile de Toir, toutefois, que le jugement qu'il porte est vague, et qu'il ne s'en rend pas un compte bien exact. Quoi qu'il en soit, on peut modifier, détruire inêmc co jugement, sans modifier ou détruire les rapports des sens avec les objets. Nous nous accoutu* mons sans peine ft rapporter la couleur à la lumière, ou même à considérer la couleur comme une im« pression produite dans le sens qui la perçoit par cet agent mystérieux. Il nous en coûte également très peu de considérer les odeurs comme des impres* sions résultant de Taction des effluves d'un corps sur Torgane de Todorat; c'est ainsi que le son n'est bient6t, pour nous, que l'impression causée dans le sens de Touie par la vibration de l'air mis en mouvement en vertu de la vibration du corps sonore.
Ces découvertes philosophiques, qui nous paraissaient, à première vue, ejn contradiction avec notre
jugement, ne changent point nos rapports avec le monde extérieur; nos idées sont les mêmes; seulement notre attention se porte avec plus de soin sur certains rapports que nous définissions mal. Nous cessons d'attribuer aux objets ce qui ne leur appartient pas ; nous avons renfermé le témoignage des sens dans leur sphère ; nos jugements ont été rectifiés ; mais le monde est resté pour nous ce qu'il était, à cette seule différence près que nous avons reconnu dans les merveilles de la nature des rapports avec notre être, plus intimes que nous ne Timaginions ; nous avons
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C8AF1TE9.VII. ^ OBIBCriVIVE OB8 SKUTSATIOUSU 333
constaté que notre organisme, que notre âme pou* vaient en réclamer une plus grande part.
42. Hais supprimons Tétendue; dépouillons, de cette propriété, le monde extérieur ; supposons que rétenduc n'est qu'une simple sensation ; qu'il nous est impossible de savoir autre chose, sinon qu'il ctiste un objet qui la produit eu nous. Le monde matériel s'évaaouit; nous ne pouvons plus nous former l'idée d^un corps ; impossible de savoir si tout ce que nous avons pensé sur le monde n'est point une pure illusion. Je me défais sans peine de ce préjugé de mon enfance, à savoir que la couleur que je vois sur ma main, ou le bruit qu'elle produit, appartient à ma
main ; mais, en dépit de mes eiforts, je ne puis lui
enlever l'étendue ; je ne puis imaginer que la distance de la paume de la main à Textrémité des doigts ne soit qu'une sensation ; je ne saurais me contenter de cette hypothèse, qu'il existe un être produisant en moi la sensation de distance, sans pouvoir affirmer que cette distance existe. J'enlève au fruit la saveur, j'admets que cette propriété ne réside point dans le fruit, maïs je ne puis enlever à celui-d son étendue; il m'est impossible de le considérer comme une iAose indivisible ; il m'est impossible de regarder la distance qui sépare un point de l'aulre point, une partie de ce fruit de l'autre partie, couune de pures sensations. En vain je fais effort pour regarder comm^ indivisible en soi cet objet savoureux; si, pour un moment, je crois avoir vaincu la nature, tout sç £ontond et se bouleverse dans ma pensée; le droit
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que j'ai de faire d'un iruii une chose iodivisibldy Je rapplique à l'unifers, et Punivers hidivitible cesse d'être l'univers; mon inteUigetice se trouble, tout s'anéantit autour de moi ; ce que je vois est pire que
le eliaos; le chaos se présente du moins comme une diose« bien que cette chose soit une épouvantahle et ténébreuse confusion ; l'univers matériel , tel que je Tavais con$u, s'évanouit, il reste ie néant*
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CHAPIIRB VUL 43. Deux sens, la vue et le toucher, perçoivent
l'étendue; il y a étendue dans l'odeur, dans le son, dans la saveur; mais le son, la saveur et l'odeur sont une chose différente de l'étendue. La vue ne perçoit rien qui ne soit étendu. Nous écoutons une musique harmonieuse ; tout entiers au charme de l'entendre, nous pouvons oublier et l'étendue des instruments et celle des sons qui cliarment nos oreilles ; mais lors* que nous regardons un tableau, quelle que soit Pad* niii atioii qu'il nous inspire, l'étendue fait partie de notre sensation. Que sarait, sans l'étendue, le cfaef«> d'œuvre de Raphaël, la Transjiguratimf L'étendue ne serait-elle qu'un phénomène de notre âme, la con* tinuité et les distances entrent dans son essence, li eu cbt ainsi du toucher, bien que d*une manière
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moins générale; la dureté, la malléabilité, l'aapérilé le poli, la rondeur, l'anguloailé soot iiwéparables de réteDdue, Toutefois dans certaine» impressiojjs du tact la sensation de Tétendue est mom^ certaine; lu douleur aîguê que produit une piqûre, ca'taines doiir leurs sans cause extérieure appréciable, ne se rap^ portent poiat aussi manifestement à l'étendue» et semblent avoir quelque chose de la simplicité qtij dii^lingue les impressions qni nous sont transmises par d Wreu «ras*
Quoi qu'il eu soit, il appartient, d'une mîinière particulière, à la vue et au toucher de percevoir
rélendue.
44, Pour nous former doi idées claires des rapports de Téteodue avec la sensation, nous allons i'analyser avec quelque détail.
Multiplicité implique étendue; un être étendu est
nécessairemeiil un ensemble d'êtres, plus ou moins
unis mtf^ eui^ et formant un tout, en vertu d'un lien qui les rassemble ; ce qui n'empèebe pas quMls ue spient plusieurs* Un tableau, un par la pensée, n'eu est pas moins oomposé de diverses parties ; le lien moral qui unit ces pai lies les coordonne, les fait fioncourir k m sujet unique ; il ne les identifie pas* L'adhérence presque invincible qui lie entre elles le» molécules du diamant, n'empècbû pomt que ces molécoles ne soient distinctes ; il en est du lien ma^ tériel qui les rassçini)le comuie du lien moral qui relie les di£Cérentes parties du taUeau«.
J^onc, ss^m multipiii^ilé, pa» d'clciidue; rigoureiir