‹ Philosophie fondamentaleChapitre 135 sur 165 · LIVRE II. — DBS SENSATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE II. — DBS SENSATIONS

au milieu de l'obscurité la plus profonde ; et cette admirable magie des sensations qui fait passer sous le regard de Tâme le spectacle de l'univers, qui la plonge dans le ravissement, aux accords de la musique, qui lui donne les sensations si variées du goût et des od^s, qui la met en possession de toutes les merveilles de la vue, de Touîe, du toucher, de Todorat, cette magie relève du cerveau, c est-à-dirc d une matière blanchâtre, informe en apparence et grossière.

Quoi 1 de si nobles fiinctions h un peu de boue !

96. JLie nerf A qui communique avec la masse céré^ brale est-il affecté, notre âme éprouve une sensation que nous appelons t oir; est-ce le nerf B, elle éprouve celle que nous nommons entendre, et ainsi pour les autres sens. Que Ton nous dise la raison de ces phénomènes :

Ainsi la philosophie confesse son impuissance. Oui ;

mais elle donne en même temps Tidée la plus haute de la portée de son regard, puisque ce regard sonde Tabtme qui sépare les deux phénomènes, abîme que Dieu seul peut combler. Lorsqu^il existe des causes secondes , le mérite de la philosophie est de les si* gnaler; s'il n'en existe point, son mérite est de s^élever à la cause première. Un je ne mis est quel* quefois un acte de raison plus sublime et plus intelligent que Teifort désespéré d'uu orgueil sans mesure. H y a de la grandeur à comprendre son ignorance. Se nourrir de grandes vérités est le propre des intelligeuces élevées; or recounaitre notre ignorance n'est-ce pas une vérité de ce genre ?

GHANT. XVI. — flYPOTNÈSË b*m SULIÉME SENS. 389

97. Aiiisi l'existence d'un nouveau sens est chose possible; du moins n'y découvrons-*nou8 aucune ioi* possibililé . S'il est vrai de dire que le sourd et Taveuglene sauraient raisonuablcnicnt nier la possibilité, des impressions qui rdèvent de Toaie et de la vision, par la raison seule qu'ils ne les éprouvent pas, contester la possibilité d'un ordre de sensations autre que l'ordre connu, par cela seul qu'il nous est inconnu, ne seraitM^ pas la même chose ?

. Dans le système actuel, la raison ne nous dé^ couvre aucune dépendance essentielle entre les sensations et leurs organes respectifs ; entre l'organe , Tobjet qui Faflécte , et les circonstances dans lesquelles il est affecté. Pourquoi la sensation déterminée que l'impression de la lumière sur les yeux produit en nous, ne pourrait-elle résulter d'une impression pareille sur un autre organe? Qui nous assure que le cerveau ne peut recevoir de différantes manières une impression identique? Pourquoi ce fluide que nous appelons lumière, et non un autre, doit-ii produire l'impression? Cette même sensation voir ne pourrait-elle relever d'un autre ordre d'affections cérébrales? Un coup violent frappé sur la tète produit la sensation étrange d'une multitude de points lumineux. On connaît cette locution vulgaire : < voir les étoiles en plein midi. » Force nous est d'avouer que la' philosophie ne sait rien de toutes ces choses, qu'eile n'a pu jusqu'à ce jour pénétrer ces secrets, qu'elle n a pas de réponses à ces questions.

Elle voit un ordre de faits, mais elle uc voit pas un

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enchaînement nécessaire entre les faits, La sanction de OM phénonoènes se trouve dans la volonté libre du créateur ; la philosophie n'en a point ki secret.

98* S'U peut exister un ordre de MnaatioM tout

nouveau, nous pouvons admettre un animal doué d'un sixième ou septième sens; l'imagioaiion ne conçoit point ce que seraient les sensations noo* velles; la raison n'eu voit pas l'impossibilité.

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