‹ Philosophie fondamentaleChapitre 21 sur 165 · Il était bon d'écarter de notre route le système · texte numérisé non relu

Il était bon d'écarter de notre route le système

de Çaadillac, non ^uH ait une valeur iniiinsèque ou qu'il soit eu houneur aigourd'tiui » mais pour

déblayer le tcri aiu et préparer un champ libre à dos

études plus ^evées^ Ce système» aussi présomptueuse

que stérile, discréditait la philosophie. Les côtés les plus sublimes de la science de Tesprit s'évanouissent dans rhomme statue et dans les smsations traasfor* luées^ Mettie hors de cause de telles erreurs, c'est venger les droits de la raison humaine. Ainsi, pour préparer une voie large et sûre, on comble les londrières et Ton enlève les broussailles et les ronces ^ui gênent le passage, 6S« Mous voûtons prouver que dans Tordre Intel*

lectuel humain, durant celte vie, il n'est aucun principe source de toutes les vérités, parce qu'il n'est point de vérité, appartenant à cet ordre, qui embrasse toutes les autres.

Les vérités sont de deux sortes ; réelles ou idéales. J*appelle vérités réelles les faits, ou ce qui existe; vérités idéales , Tenchainement nécessaire des idées. Une vérité réelle se peut exprimer par le verbe être

pris substantivement, ou du moins elle suppose une

propusition où le verbe soil caipioyc daiis ce sens : une vérité idéale s'exprime par le même verbe pris dans le sens copulatif^ en tant qu'il désigne le rapport nécessaire de Tattribut avec le sujet, abstraction faite de Fexislence de l'un et de l'autre : Je suts^ c est-àdire J'exùie; voilà une vérité réelle, un fait. Ce qui pense existe, voilà une vérité idéale, puisqu'on n*affirme pas qu'il y ait quelqu'un qui pense ou qui existe : en d'autres termes, puisqu'on affirme un rapport entre la pensée et Tèire. Aux vérités réelles correspond le monde réel, le monde des existences ; aux vérités idéales, le moude logique, celui desj)ossibilités.

Quelquefois le verbe Être se prend copiilatire/ncîiê^ bien que le rapport qu'il exprime ne soit pas nécessaire : par exemple, dans toute proposition contingente, ou lorsque l'attribut n'appai tient pas à Tessenoe même du sujet. Quelquefois la nécessité est conditionnelle, c'est-à-dire qu'elle suppose un fait; et dans ce cas il n'y pas nécessité absolue, puisque le fait supposé est toujours contingent. Par vérités idéales, j'entends ces vérités qui expriment un rapport absolument nécessaire, abstraction laite de Texistence. Et je comprends , au contraire , parmi les vérités réelles toutes celles qui supposent une proposition établissant mi fait. A cet ordre appartiennent les î>cîeaces uatu-: relies, car elles supposent toutes quelque fait objet de l'observation.

Page 1