CHAPITRE VI. ~ SCIENCE TRAÎfSGENOANTALE
de toutes les autres. La mérité, dans ce cas, est Texpres-
siond'unfaîtparticolier, contingent, et parce la même elle ne saurait contenir en soi le monde des existences, c'est-à-dire le reste des vérités réelles, ou même les vérités idéales qui tiennent aux rapports nécessaires, dans Tordre du possible.
67. Si notre intelligence avait l'intuition de l'existence infime, nous connaîtrions une vérité réelle, principe de toute vérité. Mais cette existence infinie ne nous est connue que par le raisonnement. La vue intuitive de Dieu est réservée à une vie supérieure ; il suit de là que le tait de cette existence, raison de toutes les autres, se dérobe à nous. Que dis-je? même après que nous nous sommes élevés par le raisonnement à cette connaissance, nous ne pouvons expliquer, de ce point de vue, Texistence du fini par celle de l'infini . En effet, si nous faisons abstraction de Texistence du fini, le raisonnement ài aidedu* quel nous nous étions élevés jusqu'à la connaissance de l'infini s'évanouit, et avec lui Fédifico tout entier de notre science. Donnez à un bomme, au moyen du raisonnement, une dcraonslration de rexislunce de Dieu, et demandez*lui, qu'abandonnant le point de départ et s'appuyant sur l'idée seule de l'infini, il explique non-seulement la possibilité mais la réalité de la création ; c'est lui demander Timpossible. Le fini est la base de son raisonnement ; enlevez cette base, tout s'écroule. L'architecte qui vient d'élever dans les airs une coupuiaiiardie, l'y soulieadra-t-il en la privant de ses fondements?
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68. Que l'on prenne une Yérité réelle, le fUt le plu& incoutesté, le plus certain, il demeure stérile si les vérités idéales ne le fécondent. J'existe, je pense^ je sens, voilà des laits incontestables, san9 doute; mais qn'en peut tirer la science ? Rien, ce sont des faits particuliers, contiugeiits, eutièieaient isolés de ce qui n'est pas eux-mêmes, et dont l'existence reste indifférente au muiide des idées.
Vérités de Tordre sensible qui ne s'élèvent à Tordre scientifique que par leur combinaison avec les vérités idéales. £n constatant le tait de la pensée et de Texistence, Descartes ne s'aperçut point qu'il passait de i ordre réel à Tordre idéal. Je j^mse^ disait-il : s'en tenir là, c'était réduire toute sa philosophie à une simple intuition de la conscience ; or il voulait faire quelque chose de plus ; il voulait raisonner, et par nécessité il s'aida d une véiilc idéale : Ce qui pense existe^ Ainsi, il fécondait un fait individuelt contingent, par la vérité universelle et nécessaire; et, comme il avait besoin d*un guide pour aller m avant, il le demandait à la légitimité de l'évidence. Un le voit, ce philosophe, qui reclierchait avec tant d'empressement Tunité, se heurta dès les premiers pas œnlrc ce phénomène triple : unfait^ une vérité cJ^eciivey un critérium: un fait dans la conscienoe du moi; une vérité objective dans le rappoi l nccessciire de la pensée avec Texistence; un critérium dans la légiliniilé de Tévidence des idées.
On peut jeter à tous les philosophes le déû de raisonner sur un fait, sans appeler h leur aide le3