CHAPITRE XXIII
Critérium de la eou science .
225, Nous venons de passer en revue les phndpes de consdence, de contradiction» d'^idenôe, A ée signaler 1( vu s titres divers à la dignité de prinnùpe fondraneutai. Examinons» maintenant, iei iàMt intrinsèque des divers crîferium. Les chapitres qui suivent ne sont qu'un développement de ceux qui -préeèdent ; ils les complètent en letfr eiùpilnitaift la lumière. Commençons par la conscience ou sens in» lime.
Le témoignage de la conscience ou du sens intime comprend tous les phénomènes qm, soit d^une niBh nière active, soit d'une manière passive, se réalisent dans notre ftme. Ce témoignage est pmrement subjectif, de sorte que, par lui-même, abstraction faite de rinatinét intellectuel et de la lumière de Févi» dence, il n'atteste rien par rapport aux objets. Il constate, non ce qui est, mais ce que iious éprouvons; il nous fait percevoir le phéiioiiiène, non la réalité, nous autorisant à dire : il me semble; mais non, telle chose est ou n'est pas.
La transition du sujet à l'objet, de l'idée qui re- - présente à la chose représentée, de l'impression à !• cause qui la produit, appartient à d'autres critérium : h coiiscicucc :5 ai i O le aux phénomènes intérieurs, ott,
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pour mieux dire, à elle-même; c'est un fait de uoii\. flme, rien de plus.
ââ6. U faut distinguer entre la conscience directe et la conscience réflexe ; la première accompagne tout phénomène interne; il n'en est pas ainsi delà seconde; Tune est naturelle, Tautre philosophique; l'une fait abstraction des actes de la raison, l'autre est un de ces actes*
La conscience directe est la présence même du phénomène à Tesprit, sensation ou idée, acte ou impression, tant de Fordre intellectuel que de Fordre moral.
On voit, par cette définition, que la conscience directe accompagne tout développement actif ou passif des facultés de l'&me. Dire que ces phénomènes existent dans notre âme et qu'elle ne les a point présents, c'est une contradiction.
Il n'en est point de ces phénomènes comme des modifications qui s'accomplissent dans les dioses insensibles; il s'agit ici de modifications vivantes, daus un être vivant; Tidée seule de ces modifications implique leur présence à Tesprit.
Sentir, c'est éprouver une sensation; le mot éprouver suppose la présence; une sensation que Ton éprouve est une sensation présente.
Une pensée est essentiellement une représentation qui n'existe et ne peut exister qu'en tant qu'elle est présente. Le mot représentation Tindique ; l'idée que nous alluchons au mot en confirme le sens; ce mot implique l'existence d'un objet réel ou imaginaire,
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qui, médialemeut ou immédiatement , 2>'oili'e à un sujet ; or, dans toute représentation, il y a présence, et par couséqueiii aussi dans toute pensée.
6i des phénomènes passifs , comme les sensations et les représentations, nous passons aux phénomènes actifs, je yeux dire à ceux dans lesquels Tâme combine^ et veut, et développe librement sa force, intellectuèlle ou morale, la présence- est encore, pour ainsi dire, plus tvidenle. Ici l'être agissant n'obéit point à une impulsion naturelle, mats à des motifs qu'il se propose lui-même; motifs auxquels il peut se refuser. L'exercice de la combinaison et de la volonté suppose invinciblement dans notre âme la présence de rintelligence et du . vouloir.
227. La conscience réflexe, que les Français nommât apercepiion^ du verbe s'apercsvoir , c'est-àdire perception de la perception, est cet acte par lequel Tesprit prend explicitement connaissance d'un phénomène qui s'opère en lui. J'eulendi? un grand bruit; la sensation simple dont mon esprit est affecté constitue ce que je nomme conscience directe ; mais si je m^aperçois que j'entends, la sensation devient objet de pensée; je pense que j'entends; c'est là ce que je nomme conscience rétlexe.
228. On voit, par cet exemple que, non-seulement la conscience directe eX 'a conscience réflexe sont distiDCtes, mais qu'elles se peuvent séparer. Que de fois ii nous est arrivé d'entendre sans penser que nous entendions !
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229. Le coxomun des bomiues exerce rarement cette conscience réflexe ; la force intdlectoelle réside surtout dans le sens direct ; phénomène qui se lie à des yérités morales de la plus haute importance. L'esprit humain n'a pas été fait ppur se contempler lui-même, pour penser quUl pense ; les passions ne lui ont pas été duanées comme objet de réflexion, mais comme des forces <pii le doivent pousser à raccomplissement de ses destinées! L être infini ! Yoilà Tobjet principal de son intelligence et de son amour, dans la vie du temps comme dans l'autre vie. Le cuite du rnoi est une aberration de l'orgueil dont les ténèbres et Timpuissaiice sont le cfaàtiment.