Les grandes découvertes appartiennent toutes
h Tordre ohjcctif. Les sciences exactes, les sciences naturelles, la science morale elle-méote, ne doivenÉ point leurs progrès à la réflexion sur le ?noz, mais à Tétude des objets et de leurs rapports, li n'est pas jusqu'aux sciences métaphysiques qui, dans ce qu'elles ont de plus solide, comme roniologie, la cosmologie et la théologie, ne soient purement objectives; Tidéologie et la psydiologie, dont Tobjet est TéliMie du moi^ participent déjà de Tobscurité de tout ce qui tient au subjectif; Tidéologie ne sort point de iobservatiott simple des phénomènes internes, observation qui, pour le dire en passant, est presque toujours superficielle ou se perd en de vaines subtilités ; la psyehotogie se horne à démonlrer l'unité , la simplicité de Tesprit, conséquence rigoureuse de Tunité de con^
CHAP. XXIIÎ. CRITERÏUM DE LA COXSCIEiXCE. 183
sëmce. Sor tout le reste, elle n'est paB plus avancée
que l'idéologie et se confond avec elle,
231 . Le sens intime ou la consdenoe est le fondement des autres criteriuiii, iioii couiine proposition, mais comme fait indiapensaUe à 'lenriescisteiiee.
23:2. Lu conscience nous dit que nous voyons Fidée d'une diose dans ridée «d'une autre ; ee n'est encore qu'une apparence; on devrait exprimer Je témoignage par cette formule : // me semble , le phénomène étant poreraeiit subjectif. Hais ce phé* nomàne est accompagné d'une impulsion de 'lUntCl* ligenoe, d'un in^not irrésistible qui nous fon^ 1 donner noire assentiuieut à la vérité du rapport, soit uobjeetif, soit objectif, dans l'ordre réel coimne dans l'ordre possible. Ainsi s'explique comment l'^éi^idence, bien qu'elle ne s'identifie point Mec le sens intime, s'appuie sur lui comme sur un fait dont elle ne peut être séparée, parce qu'à ce fait vient s'ajouter l'instinct inlellectuel, en vertu duquel nous admettons comme vrai ce qui est évident.
983. La sensation, en tant que sensation, n^est qu^uu simple piienomène de conscience, car elle est immanente. 'L'esprit ne va point vers l'objet, il ne sort pas de lui-môme; la sensation est un acte, mais un acte passif, si je puis m'exprimer ainsi ; le mot n'a pas une autre signification dans le langage ordinaire. Toutefois, le témoignage des sens, c'està-dire la connaissance du monde externe , de ses propriétés et de ses rapports, repose sur ce fait de comciencc.
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Jlaiis la sensation que j'éprouve à h vue du soleil^ il y a deux choses : la sensalioa elle-mèine, c'est-àdire la représentation intérieure que j'appelle wir^ et la correspondance de celte sensation avec un objet externe que j'appelle soleil. Objets très distincts qpie, toutefois, nous ne séparons jamais.
La conscience est certainement la base de tout jugement. Base insuffisante; la conscience rend témoignage de ce qu'elle. sent, non de ce qui est. Le jugement se complète au moyen d'un instinct naturel qui nous porte à objectiver les sensations, c'est-à-dire qui nous fait croire à Texistence d*un objet externe correspondant au phénomène intérieur. Voilà comment le témoignage des sens se fonde, en quelque sorte, sur la conscience. Mais il ne relève pas d'elle seule; il a besoin de Tinstinct qui donne confiance au jugement.