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CHAPITRE XXIX. — KANT. — JUGEMENT SYiNTHÉTIQUE

de U synthèse, mais par Tanalyse du concept total*

Selon le philosophe allemand , une véritable synthèse exige union de choses étrangères entre elles» si étrangères, que le lion qui les unit est une sorte d'agent mystérieux, une x qu'il s'agit de déterminer, et cette x constitue Fun des grands problèmes de la philosophie. Mais, si cette inconnue se trouve dans le rapport essentiel des idées particulières contenues dans le concept total, le problème est résolu par une simple analyse , ou , plus exactement , le problème n'existait pus, puisque Vx était une quantité connue.

Voir ks parties dans le tout; jugement analytique par excelience. Le tout n'^t autre chose que l'en-

scinbie de ses parties. Dire, un et un font deux, ou bien, deux est égal à un plus un, c'est posséder un concept total , deux , dans lequel je trouve un plus un. Concept essentiellement analytique, puisque l'attribut est contenu dans Tidée du sujet de la manière la plus évidente. Or, ici même il y a diversité de concepts, un plus un dont on forme le concept total. Le rapport existe, bien qu'il soit d une extrême simplicité. Que ce rapport soit simple ou ne le soit point, qu'il soit aperçu i)Uis ou moins facilement, il n'importe; les jugements restent ce qu'ils sont et ne changent point de nature.

286. Pour coinpiéier celle explication, nous allons emprunter un exemple à la géométrie élémentaire, c Lasuperlicie d'un parallélogramme à anj^les obli- 4)ues est égale à celle d'un rectangle ayant même

base et iiièine hauteur. » 1** Dans l'idée paralléiogramme à angles obliques nous ne voyons point celle d'égalité avec le rectangle et nous ne pouvoiiS l'y voir, parce qu'il n'existe point de rapport sans terme de comparaison. L'idée rectangle n'entre pas dans ridée parallélogramme, et par conséquent celle d'égalité n'y saurait entrer. 2^ Le rapport naît de la comparaison de l'angle oblique avec le rectangle; on doit donc le trouver dans un concept total comprenant ces deux figures. Ainsi Von ne peut dire qu'à ridée angle oblique nous ajoutions quelque chose qui n'appartienne point à cette idée, puisque nous voyons surgir cette égalité des concepts angle oblique et rectangle, comme partie de l'idée ou concept total dans lequel ces deux idées partielles se combinent. L'analyse de ce concept total nous découvre le rapport cherché. Chose remarquable! s'il ne suffit point de l'union des idées comparées, nous appelons à notre aide un concept nouveau comprenant ces idées et quelque chose de plus ; et, de celuici, nous tirons, par l'analyse, le rapport des deux parties comparées.

289. La construction géométrique de ce théorèiiic peut nous faire toucher du doigt, pour ainsi dire, ce que je viens d'avancer relativement aux idées totales qui contiennent d'autres idées que celles que l'on compare. Lorsque les bases des parallélogrammes oblique et rectangle sont confondues, on aperçoit sur-le-champ une partie qui leur est commune, c'est le triangle formé par la base, par une

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