L'é\idencc est iiiiiiiédiatc lorsque Tidée du
eiy^ nous révèle, par la signilicatioa seule des mots, la conTenance ou Tinoompatibilité de l'attribut. Les jugemeuts de cette espèce sont analytiques ; il sullit, en effet, de déoomposer Tidée ou la conception du
sujet , pour y découvrir que i attribut lui convient ou ne lui convient pas.
L*évidcace est médiate lorsque, ne voyant point sur-le-cfaamp , et par la simple compréhension du sujet, la convenance ou la répugnance de l'aliiiijut, il nous faut recourir à un terme moyen.
290. Les jugements d'évidence médiate sont -ils analytiques 7 Si les jugements sont analytiques alors seulement que la compréhension des termes eniporte la vue de la convenance ou de 1 opposition de l'attribut et du sujet, les jugements d'évidence médiate ne peuvent prendre ce nom ; mais si l'on entend par ce mot un jugement dans lequel U suffise de dècom^ posef^ une idée pour y trouver la convenance ou Tincompatibilité de l'attribut, nous serons forcés de reconnaiUc que les ju^^ements d'évidence médiate appartiennent à cette classe de jugements, le moyen employé n'étant autre chose que la formation d'un conceipi total dans lequel entrent les idées partielles dont on veut découvrir le rapport. La riunùm de ces concepts [partiels est une synthèse, j'en conviens,
236 LIVRE I. — DË LA GEamUDE.
mais il n'y a point de synthèse dans la dicouvertê de
leurs rapports ; cette découverte s'obtient par Fanalyse-
De ce qu'il a fallu plusieurs idées pour former un jugement, il ne suit point que ce jugement soit synthétique; ce serait dire qu'il n'existe que des jugements de cetteespèee. Danscetteaffirmation : l'homme est raisonnable, l'idée homme implique deux idées , animal et raisonnable; le jugement n'en est pas moins analytique. Décomposer une idée pour y trouyer certains attributs , abstraction faite de la manière dont ridée que Ton décompose a été formée , et du uombre d'idées que Ton y a fait entrer, voilà les caractères d'un jugement analytique. Le nom définit la chose.
291. Dans révidence médiate, le sujet contient l'attribut; mais nuire intelligence saisit ces idées d'une manière incomplète ; nous ne les embrassons point dans toute leur étendue ; c'est pourquoi la compréhension des mots ne nous révèle point sur-lechamp la présence de Tattribut dans l'idée du sujet. De plus , les objets s'offrent à nous comme épars , même ceux qui relèvent de l'ordre idéal ; ne connaissant point l'ensemble, nous passons successivement des uns aux autres, découvrant à mesure les rapports qu'ils ont entre eux.
29â. Il suit de là que, dans l'ordre purement idéal, tous les jugements sont analytiques. En effet , les connaissances de ce genre relèvent d'une intuition en vertu de laquelle l'esprit pénètre une idée plus