CHAPITRE XXIX. — KANT. — JUGEMENT SYNTHÉTIQUE
au moins complexe, cl découvre ce qu'elle contienf. 11 n'y a là d'autre synlhèse que le rapprochement des objetsen vertu derunioii des idées de ces objets en un concept total, lequel sert à découvrir les rapports des idées partielles.
293. Donc Finconnue, Vx qu'il s'agit de dégager, problème redoutable que le penseur allemand pose à la philosophie, n'est autre chose que la faculté donnée à rintelligence de réunir, en un concept total, un certain nombre d'idées , et de saisir dans ce concept nouveau les rapports que ces idées ont entre elles ; mais cette iaculté n'est pas une découverte moderne ; toutes les écoles l'ont reconnue. Nul ne refusa jamais à rentendement la faculté de comparer ; or la comparaison est un acte par lequel Tentendement met sous son regard deux ou plusieurs idées aiiii d'étudier leurs rapports.
Cet acte est la formation d'une idée totale dont les idées comparées sont les parties. Ainsi, en géom étrie, pour vérifier le rapport que certaines figures ont entre elles, ou construit une nouvelle figure qui les comprend toutes, sorte de champ sur lequel se fait la comparaison.
Ce que je viens d'exposer à propos des jugements analytiques et synthétiques me semble suffire ; je n'ai voulu traiter cette question que d'une manière générale et seulement dans ses rapports avec la certitude; je ne descendrai donc point en des détails qui seront mieux placés dans une autre partie de cet ouvrage.
CUAPIÏRE XXX.
Crlterlmn de ITIeo*
294. Avoir liii la vérité que Ton connaît; nos connaissances enlièieincTU certaines, alors seulement qu'elles relèvent de nous eoimna ite leur cause, et perdant de leur certitude, à mesure que Tentendement perd son caractère de causalité par rapport aux objets qu'il connaît » voilà le critérium de Vico. Dieu, cause iniinie, universelle, possède toute connaissance ; la créature, cause ûnie^ connaît peu de choses et les coauail iniparfaitcinent; si, dans une certaine mesure, il est permis de comparer TinteUigence finie à rintelligence infinie, c'est dans la création du monde idéal. Cet idéal, TinteUigence finie Tétend à volonté, sans qu'il soit possible de lui assigner une limite intranchissable*.
Nous allons laisser parler Fauteur :
« Les mois verum et facluin^ le vrai et le fait, s'emploient Tun pour Tautre dans la langue latine, ou, selon l'expression de Técole, se transforment l'un en l'autre. InteUigere^ comprendre, est la même chose que lire clairement et connaître avec c vidence; cogilare se traduit en italien par pmmre e (mdar rac^ cogliendo; ratio, raison, désignait chez les Romains une collection d'éléments numériques, en même