CHAPITRE XXX, — CanEHIUM l>fi vico. J
temps que ce don qui distingue l'homme de Ja hrate et consiUuô sa supériorité. Ils définissaient l'Jiomme : animal rationis particeps, qui participe de Ja raison par conséquent qui ne la possède pas. Les mofg «ont les signes des idées, les idées sont les représeiualioiis des choses. Ainsi, légère^ lire, c'est réunir les éiéments de l'écriture, les lettres dont les mots sont formés ; et comprendre, intelhyere^ c'est ré4Aiiir les éléments qui constituent l'idée parfaite d'une choae.
D'où 1 ou peut inférer que l'ancienne Italie professait ta doctrine suivante sur le vrai : c La vérité est le fait même; par conséquent, Dieu est la \érilé première parce qu'il est le premier agent ( fadw) , ia Térité infinie, parce qu'il a fait toutes choses ; la vérité alJtsolue, car il représente tous les éléments des choses tant internes qu'externes , et il les reiurésmte, parée qu'il les contient. Savoir, c'est réunir les éléments des choses ; d'où il suit que la pensée ( cogU^tio) est le propre de l'esprit de l'homme et l'intelligence le propra de Tesprit de Dieu. Ën effet, Dieu réunit en lui les éléments des choses et les coordonne; l'esprit humain» borné dans sa nature, placé hors de tout ce qui n'est pas lui, a la faculté de rapprocher, non de réunir ; il peut penser sur les choses, non les comprendre; c'est pourquoi il participe de la raison, msds ne la possède pas. Uue Ton me permette celte comparaison : le vrai divin est une image solide des choses, une sorte de figure plastique ; le vrai humain, une image plane, sans profcmdeur» une sorte de peinture. Le vrai divin est vrai , parce que , dans
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racte même de la comiaissance, Dieu veut et produit.
Ainsi du vrai liumain ; il n'est \rai que relativement à cet ordre de choses dans lesquelles l'homme décide, et crée. SaYoir, c^est connaître la manière dont une chose se iait; connaissance en vertu de laquelle Tes- {irit fait lui-même Pobjet connu, puisqu'il recompose ses éléments. L'objet est un solide pour Dieu qui comprend tout, une surface pour Thomme qui ne comprend que l'extérieur des choses. Ces points une fois étatdis, observons que les anciens philosophes de ritalie identifiaient le vrai avec le fait, parce qu'ils croyaient le monde éterneL Leur Dieu opérait toujours ad extra^ ce que notre théologie repousse. Le dogme chrétien enseigne que le monde a été créé de rien, dans le temps. li faut donc établir une distinction ; identifier la vérité créée avec le fait , et la vérité incréée avec t engendré (genito). Ainsi les saints livres, dans leur langage divin, donnent le nom de Verbe à la sagesse de Dieu, qui contient en elle, avec les idées de tous les êtres, les éléments des idées elles^ mêmes. Dans le Verbe, le vrai est la compréhension de Tensemble des éléments qui composent cet univers, compréhension d'où pourrait sortir une infinité de mondes; de ces éléments connus et compris dans la toute -puissance divine est formé le Verbe réel absotu, connu de toute éternité par le Père, engendré par lui tle toute éternité » {De F ancienne sagesse de ritcUze, liv. V\ chap, !•')•
295. Le philosophe napolitain tire de ces principes, entre autres conséquences importantes, une