‹ Philosophie fondamentaleChapitre 84 sur 165 · CHAPITRE XXX. CRITERIUM ûfi \h^q · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX. CRITERIUM ûfi \h^q

explication très ingénieuse de la division des sciences et de leurs divers degrés de certitude, iians cette divîsion, les mathématiques occupent le preiniei l aug, parce qu'elles sont une sorte de création de TintelU-*' gence qui, partant du point et de l'unité, construit un monde tout entier de formes et de nombres en prolongeant les lignes, en multipliant ronifé jusqu a l'intini. L'entendement connaît donc ce qu'il produitd'où il résuite que les théorèmes relèvent de Taction comme les problèmes , bien qu'ils soient considérés vulgairement comme objets de pure contemplation.

La mécanique offre moins de certitude que la géométrie et Tarithmétique, parce qu'elle a pour objet le mouvement réalisé dans les machines. La physique a moins de certitude que la mécauique, parce qu'elle ne considère point , comme celle-ci , le mouvement externe des cii coulérences, mais le mouvement interne des centres. Dans les sciences de Vùrdre moral, le degré de certitude J^aisse encore ; la science morale ayant pour objet, non les mouvements des corps, dontrongme, du moins, est certaine et constante , mais les mouvements des âmes, mouvements qui s'opèrent à de grandes profondeurs , et souvent naissent du caprice.

€ La science humaine, dit-il, est née de Timperfeclion de 1 esprit humain. Placé par ses facultés en dehors de toute chose, notre entendement ne contient rien de ce qu'il veut connaître, et, partant, ne peut créer la vérité à laquelle il aspire. Les sciences les plus certaine sont celles qui, réparant le vice de leur I. 14

(Mîgine, s'assimilent, comme création , à la science ditîne/ tfesWk-dlre \eé actences dans lesquelles le vrai et le fait 5ont susceptibles d'une transformation niolttolte*

« Concluons de ce qui précède, qtic le criterhfm « de vérité, la règle pour reconnaître la Térilé , c'est « de Y avoir faite; aloM, «dée claire et dirtin<*e qoe « nous afonsde notre esprit n'est point un critérium « de vérité; elle n'ert même pas un critérium de € notre esprit ; parce que l'âme qui se connatt ne se « fait point «tte-ifttaie ; or, puisqu'elle ne se lait « point , elle ignore la iHMÎère dont die se ctm- « naît. U acieiiGebumaiiie ayant pour base Tabstrac- « tiou, les sdene»o#rentd^a«tairtwoiiisde certitude « qn'eUea se rapprochent davau tage de la matière . •

< E» m met, le vrai peut se traorformer et dec venir bon , si ce qui est connu comme vrai reçoit € r*tre de Y&Sfnï qui le connaît; la science bamaine < imite ahisi la science divine; Dieu cofinaisaant le «Tfai, l'engendre tntérieure7nent dans rélernilé et « le réalise esHirUurement dans le temps, Gommunic quer la bonté aux objets de sa pensée (vidtt Deus € fiÊod enent bona), voiMi, pour l'essence divine, le c crtterium de vérité. Avoir fait lavMti qu'il con- « naii, ▼oilè le critoriwn de 1 homme. » (làid. 31 .)

296. Ce système révèle dans te philosophe italien une TigWHr de pensée peu commune. Kien de plus spécieux, h première vue, que la grrfatiefi qu'il

CHAPITW Jia. ~ €BITERIini 0B VICO. ft4A

élaiMl eoU e les ^cieaces mathématiques , naturelles et morales, et leurs divm^ degrés de certitude. iiiaUiématiques oflreot une certitude aiisoiue, parce qu'eUes sont l'iBurre de l'entendement; elles suiit telles que renlendeuient les voit, parce qu'il les crée lui-même ; les sciences naturelles et morales roulant sur des objets qui ont une existence indépendante de la raison . rentendemant connaît peu de chose de ces objets; il les connaît d'autant moins qu'ils s'éloignent davantage de sa sphère de création. Ce système, ai-je dit, n'est que spécieux; toutefois, il est des erreurs qu 'un esprit médiocre ne commet jamais.

297. L'intelligence connaît ce qu'elle fait, et ne connaît point autre chose. Cette proposition résume le système de Vico. Sur quoi 8'appuie*t-«Ue? Prouvez ce que vous affirmez , dirons-nous au philosoplie ; et il lui est impossible de faire un pas. Pourquoi Tin* tclligence ne connaît-elle que ce qu'elle fait ? Le problème de la représentation ne se peut donc résoudre que par la causalité? Je crois avoir démontré qu'à cette origine de la représentation il fallait en ajouter une autre, l'identité; et que l'idéalité unie à la causalité, dans les conditions voulues» aidait pai'eillement à la solution du problème.

298. Comprendre, ce n'est pas être cause. Il peut exister, il existe en effet, une intelligence productrice; mais, en général, être cause et comprendre, sont des idées distinctes. L'intelligence implique Tac* tivilé, caractère essentiel de la vie intime qui distingue l'être intcUigent ; mais cette activité ne crée pas

ee qu'elle connaît ; elle s'exerce , sans sortir d'elle» même, sur les objets immédiatement ou médiate*ment en contact avec l'intelligence.

299. Si l'intelligence est condamnée à ne connaître que ce qu'elle fait elle-même , il devient difficile d'entendre comment l'acte qui constitue la compréhension pourrait commencer. Dans cette hypothèse, rentendement n'a d'autre objet que ce qu'il produit. Que comprend ra-t-il s'il n'a rien pruduil encore? Concevoir sans ohjet conçu implique contradiction. Je ne vois pas le point de départ ; la compréhension ne se peut prendre a rien ; l'intelligence elle-même demeure inexplicable. Impossible de supposer que rentendement se déploie en aveugle ; tout est clair lorsqu'il s'agit de représentations, et l'aotivilé productrice se rapporte essentiellement aux dioses représentées en tant que représentées. Que ces représentations soient produites extérieurement, que leur existence soit distincte de la représentation intellectuelle, cela ne change rien au problème de rintelligence. Ainsi, selon Vico, la raison de Tiiomme connaît ce qu'elle édifie dans un monde purement idéal , et Dieu connaît le Verbe qu'il engendre, bien que le Verbe soit compris dans l'essence divine, qu'il soit cette essence même.

300. Vico ne s'arrête pas à l'esprit de rhomme ; il généralise son système et l'applique à toutes les intelligences» y compris rintelligence iucréée, s'efforçant, dans un sentiment digne d'éloges, de le concilier avec le dogme chrétien. Disons-le sans hésitation ;

CllAiiiilE XXX. — CRITERIUM HE MCO. 243

il n'esl possible, en effet , d'atteindre ou d'entrevoir

la vérité que sur ces hauteurs. Pour cuiuprendre l'en* tendement humain, il ne suffit pas d'analyser la rai-*

son , il faut poser le problcinc général de rintellîgeuce. L'intelligence! lueur vacillante, éclair fugitif en nous ; mais dans l'êlre incréé, océan de luiiiicrc se dilatant sans mesure dans les régions de Tintini, On connaît les magnifiques paroles par lesquelles saint Jean comuience sou Evangile. Nulle pensée humaine n'avait atteint jusque-là. Toute philosophie s'abaisse devant cette philosophie.

En identifiant le vrai avec le fait, Vico reconnaît que le dogme chrétien distingue entre le créé et l'incréé. On dit du premier, qu'il est fait; du second, qu'il est engendré. Ce philosophe admire le sens protond des Ecritures qui donnent le nom de Vei'àe a la sagesse divine, laquelle contient les idées de toutes choses et les éléments des idées elles-mêmes. Toulcfois, les expressions dont il se sert pour expliquer la conception du Verbe, expressions qui feraient entendre que cette conception résulte seulement des éléments connus et contenus dans ia toute-puissance divine, sont profondément inexactes. « Dans le Verbe, dit-il, le vrai esl la coinpichension même des éléments qui composent cet univers, compréhension d'où * pourrait sortir une infinité de mondes; de ces éléments connus et contenus dans la toute-puissance divine se forme le Verbe réel , absolu , connu de toute éternité par le Père, engendré par lui de luute éternité » {De rancienne èag^se de riialie, 1. 1, c. i). Si

S46 LlVftE U — DB LA CEATITUDE.

Fauteur veut dire que le Verbe est conçu par la connaissance seule de ce qui est contenu dans la toutepuissance divine, son assertion est fausse. Si telle n'est point sa pensée» les expressions qu'il emploie sont au moins inexactes.

Saint Thomas part., quest. 34, art. 3) demande «i dans le nom du Verbe se trouve contenu quelque rapport avec la créature : Uirum m ?iomïne verbi imporieiur respecius ad creaiuram; » et il répond affîrmalivcaieiit , avec quel laconisme et quelle solidité ! « Dieu se connaissaut lui-même counait toute créature. Or le verbe conçu dans Tesprit est représentatif de tout ce qui est compris actuellement dans l'esprit; c'est ainsi qu'en nous le verbe est divers seiûu la diversité des choses comprises. Mais, comme Dieu se connaît lui-même et connaît toutes choses par un acLe unique, son Verbe unique est à la fois Texpression du Père et des créatures. £t, de même que la science de Dieu, en tant qu'elle s'applique à Dieu est seulement connaissance ; qu'elle est connaissance et cause en tant qu'elle s'appliqua aux créatures, de méuie le Verbe de Dieu, relativement à Dieu Père, est seulement expressif, tandis que, par rapport aux créatures, il est expressif et productif; c'est pourquoi nous lisons dans le psaume 3â : c JJùài et factasuni (il dit, et les choses furent faites) ; » car, dans le Verbe, se trouve contenue la raison produc^ Irice de ce que Dieu lait »

*Reftpoiiâ«o dioendttm, qaod In Terbo importatur respMtaa ad ma- (ttnin* oognçMendo 8e cogoeicll omnem cmitiratti. Ver»

CUAPITMi XXX. — CEITERIUM DB VICO. Î47

Ainsi, selon saint Thomas, le Verbe exprime les eréatiires; mais s'il est lui-méma conçu parla con* naissance de ces créatures , il Test aussi et premiè^ rement par la counaissance de Tesseuce diviue: c Le Père, dit encore le saint docteur, se comprenant luimême, et comprenant le Fils et TEsprit saint, et toutes les choses contenues dans sa science, conçoit le Verbe de manière que toute la Trinité est dite dans le Verbe, ainsi que toute créature ^ »

301. Selon le philosophe napolitain, Tintelligence connaît ce qu'elle fait et seulement ce qu'elle fait, et parce qu'elle le fait ; le fait et le vrai se peuvent transformer Tun en Tautre , le premier étant Tunique critérium de vérité. Cette doctrine, il rapplique à l'intelligence divine » substituant au mot faire le mot engendrer. En quoi il travestit Tordre des idées ; car Dieu ne comprend point parce qu'il engendre , mais il engendre parce qu'il comprend ; la génération du Verbe unphque préalablement l'intelligence.

biim îgitur la meate «Miceptum eBt rapreientaUTam oaniilt «foi qnod aeta intelligitor. Uode in nobissuDtdiTena verlka, Mcandum divena quflB intelligimus. Sed quia Detu ono acta et se et amnia Intelligit, unicuro Terbuni ejm «st txpre«ifum , nôn ratom Patrit itd etiam

crealuraruni. El sicut Dei scienlia, Dei quidem est co^masdliva lantum, crealurarum autcni cogiioscitiva et iacliva; ita verlnini Dei, ejus quod in Dpo Patre est, est expressivum lantum , creaturui um vero est expressivum cl opérât i vu m, et propler hoc dicîtur hi P.sal.:i*i : Dix t, et factasuDtyquia importalur in veri>o ratio factiva eorum qusB Ueutt lacit.

' Pater eniiu iolenigeado «e et Filium et Spirilum sanctum ei omnia alia qua cji» soientià eontiaentur, eoncipU Verbum. ut iic tota Trlniia» Verbo dieatttr, et eliam omoi* crealura* (1 P* q- 34, tttt I ad 3},

c Quiconque comprend, dit saint Thomas, par cela même qu'il comprend , quelque chose procède de lui; c'est Tidée de la chose comprise, provenant de la force intellectuelle et de sa connaissance K »

Celte doctrine de l'ange de Técole confirinc Topinton que nous avons émise sur Timpossibilité d'expliquer la couipréhension par la production. Dans Tordre inteUectuel, pour produire, il faut avoir compris. Ce n'est donc point l'acte créateur, mais Fintuition de Tobjet, que Ton doit placer à rorigine de toute connaissance. C'est pourquoi le saint docteur n'établit point Uintelligence divine sur la génération du Verbe; il fonde, au contraire, la génération du Verbe sur cette iuteiligence. Dieu engendre le Vei Le parce qu'il comprend , il ne comprend point parce qu'il engendre. Saint Thomas comprend dans le Verbe l'expression de tout ce qui est contenu eu Dieu parce qu'il présuppose rintelligence divine, intelligence en vertu de laquelle Dieu dit ou profère le Verbe. L'ordre des idées est donc celui-ci : Entendement, objet compris, verbe procédant de la compréhension, au moyen duquel l'être intelligent s*exprime a lui-même, se dit à lui-même la chose comprise. En Dieu : Dieu père se comprenant lui-même; essence divine avec tout ce qu'elle contient , enten-

< Quicumque aatem intellfglt, ex hœ ipio quodinuUigUf proeedit allquid intra Ipsam, quod est eonceptio rei Intellect» ex Yi Inteliecttvà

proveniens et ex ejus nolicià proccden». Qaam quidem eonceptionem ▼ox signiacat, et dicitur verbuiu cordis, signiftcalum wbo VOelf. (1 p. q. 27, arl. 1.}

CHAPITRB XXX« — GUTERIUH DB VICO. 249

due ou comprise; Verbe ou Fils engendré par celacie inteUeetuel, expression de tout ce qui est continu

dans l'acte générateur.

30â. U n'est point dans ma pensée d'accuser For- Uiodoxie de Vice. Si les termes qu'il caiploie manquent d'exactitude, s'il n'a pu dégager sa pensée avec assez de netteté, ses intentions sont hors de cause. Etudions maintenant le système de ce philo* sophe sous des points de vue moins délicats.

N'admettre pour critérium de vérité que je fait, c'est laisser l'entendement en dehors de tout ce qui n'est point son œuvre. L'entendement ne se connaîtra pas lui-même puisqu'il ne s'est pas créé, c L'âme, en se connaissaiU, dit Vico, ne se fait pas, et, parlant, ne sait point de quelle manière elle se connaît.»

Ainsi, sans aborder le problème de Tintelligibilifé dont nous avons parlé (chapitre xu), Vico retuse à notre àmc le critérium (relle-nièrne, par cette raison seule qu'elle n'est point sa propre cause. Dès lors , ridentité, loin d'être une origine de représentation , comme il a été prouvé (cbap. xi), est incompatible avec la représentation ; rien ne se pourra connaître soi-même, parce que rien ne se tait soi-même.

Erreur très grave; car on peut conclure que Dieu ne se connaît point, puisqu'il ne s'est i>uiiUraiL U ne suffît pas de dire qu'il se connaît dans le Verbe ; le Verbe suppose nécessairement l'inteliigencc, nous l'avons établi.

303. Le monde réel tout entier, monde distinct de l'être intellectuel, restera donc à jamais terme

LIVB£ !• M LA CSaTiTUfie.

pour nous ! Ce système est la consécration du scepticisme le plus absolu» Lf esprit ne connaît ipie Fœavre

même de l'esprit, y compris les actes de notre consi:ience et les objets appartenant au monde idéal que noufr créons dans notre conscience ; mais les sceptiques admettent les mêmes choses. lis reconnaissent la conscience et le monde idéal qu'elle crée ou du moins qu'elle atteste.

Ainsi ce prétendu critérium remplace la réalité par des appui ences; chose étrange et qui doime la mesure des illusions dans lesquelles peuvent tomber les meilleurs esprits. Vico croyait avoir forgé les seules armes capables de vaiucre le scepticisme. < L'unique moyen d'imposer silence aux sceptiques, disait-il, c'est de prendre pour critérium de vérité, que cha« 4saa est assuré du vrai qu'il fait. »

€ Les sceptiques, ajoute-t-il, répètent sans cesse que les dio^ leur sembUni éire ^ mais qu'ils ignorent ce qu'elles «on/. Ils admetteiit les effets, et, par conséquent, reconnaissent que ces effets ont leurs

causes; tûuleiois, ils [)rclcndcnt ne point coniiaitre celles <* ci , parce qu'ils ignorent comment les choses se font. Admettez ces proposiliohs, «t tournez -les contre eux ainsi qu il suit : cette compréhension de causes, embrassant tous les genres ou toutes les for«* mes sous lesquels les objets se produisent, dont le sceptique confesse voir les apparence» , prétendant toutefois ignorer leur essence réelle , celle eoniprébension, dis-je, se trouve dans une vérité première qui les embrasse toutes , qui les contient toutes sans

CHAPITRES XXX. CilITEfllUM tJCO. fg|

en excoplof uno seule*. Puisque cette vérité comprend toQle iférilé, etle esi itiAnic, et, partant, supérieure au corps, qui iv est qu^in effet. Donc, elle est queiqae ckiose de spirituel ; en d'autres tenacB^ elle est Dieu le Dieu de» èhrétiens, le vrai Dieu. Mesurons sur cette vérité la vérité humaine; celle-ci relève de nous puisque nous avons coordonné ses divers éléiueuts • elle réside en nous; à l'aide de certains raisonnements, nous pouvons l'étendre jusqu'à rînfini. Courdonner ces vérités, c'est les connaître et les créer en même temps. Voilà ponrqmâ nous possédons en ce Cils le genre ou la foiine selon laquelle nous agissons » (làid. 3).

Il m'est impossibie de rien trouver là contre le scepticisme ; supposons le principe de eausaUté gé^ néraleftieirt admis, ce qiri est inexact, que tirer de ce principe, en admettant pour critérium unique l'e^irrre même de l'entendement qui doit s'en sèrvli ? Si la causalité est le seul critérium, que devient lïntettfenee? Bans V&vàre des %Um, elle ne peut aller au delà de ceux qu'elle produit; dans l'ordre des cauees, eUe ne peut detse^Mlre phis profondément qu'elle-même, sans trouver aussitôt la cause à laquelle elle doit i'existence. ttonc, la victoire reste au seepikisme; la eonMiseaiice se renferme dans le monde intérieur» dans le monde des apparences. Que si l'on veut en sortir, on se heurte contre l'obstacle du crileriuiii unique, renteadenient 7ie connaît que ce qu'il a/où. Plus de réalitée; noM en sommes séparés par un abîme. Le monde est comme s'il n'exis-

tait point. Cette loi s'appliquant à toutes les iateliigences , seule , la cause première pourra connaître les réalités sensibles.

Conséquences inévitables du système de Yico : le doute absolu. Étrange moyen de combattre le scepticisme !

CUAPITRE XXXI.

Sotte.

304. S'il est un terrain sur lequel on puisse admettre le critérium de Vico, c'est le terrain des vérités idéales. Ces vérités n'ayant aucun rapport avec l'existence, il est permis» à la rigueur, de supposer que renteudement les comprend, bien qu'il les produise pas. En tant que connues, elles ne contiennent rien de réel, et par conséquent nMmpliquent aucune condition de force productrice hors de Tordre purement idéal. Mais dans cet ordre de vérités, la raison semble en effet produire. Prenons pour exemple la géométrie : tfest-il pas évident qu'eUe est l'œuvre de la raison ? Édifice magnifique , dont chaque pierre, pour ainsi parier, a été tirée de l'inteUigeuce humaine. Oui! c'est à l'énergique persévérance de la raison qu'est dû ce monument gigantesque. Elle peut dire en toute vérité : ceci est mon ouvrage!

Il sutlii de suivre avec attention les développements

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