U en est, par rapport à oelte inclination, de
révidcncc médiate comme de révidence immédiate. Notre intelligence est iorcée de donner son assentiment non^seulement aux premiers principes, mais à toutes les propositions liées clairement avec eux.
320. Ajoutons que ce penchant irrésistible ne s'arrête point à la valeur subjective des idées ; il reconnaît leur valeur objective. Nous avons déjà vu que celte objectivité ne se peut démontrer directement et àpriori. Si notre intelligence ne doit point se renfermer dans le monde purement idéal et subjectif, nous avons besoin de savoir non-seulement que les choses
nous paraù.seni d une certaine manière, mais qu'elles 9(mt en réalité ce qu'elles nous paraissent. L'assentiment à Tobjectivité des idées est donc nécessaire, et nous nous trouvcms en présence d'une inclination universelle et irrésistible à cet assœtiment.
321. Ce que nous avons dit de Févidence immé* diate et médiate, rdativement à la valeur objective des idées, se réalise non-seulement dans Tordre intellectuel, mais aussi dans Pordre moral. L'esprit a besoin de règles, parce qu'il est libre. Les principes moraux nous aident à vouloir, comme des principes d'un autre ordre nous aident à comprendre. Le bien et le mal sont à la volonté ce que Terreur et la vérité sont à Tintelligence. La volonté a sa vie comme Ten-
tendement ; elle meurt à la vie morale, s'U n'y a point
de règles dont rol^servancc ou la violation constitue pour elle la perleclion ou rimperfection. Ainsi Tassentiment à certaines vérités morales est nécessaire, et voilà pourquoi il existe une iaclinaliou irrésistible et universelle à les reeonnaltre.
Dans Tordre moral, il ne sufût point de savoir, il faut agir. Chose remarquable ! le sentiment étant principe d'action, les vérités morales sont non-seulement connues, mais senties. Lorsque ces vérités s'oiiVcnl à l'esprit, reiiteiidemciit y adhère, parce qu'il les reconnut inébranlables, et de son côté le cœur les embrasse avec enthousiasme, avec amour.
Si les sensations étaient purement subjectives, elles ne suffiraient pas même aux nécessités de la vie des sens. Il fallait que, sur la correspondance des sensations avec un monde extérieur, réel et vrai, le doute fût impossible. Le commun des hommes n'a ni le temps, ni Tintelligence nécessaires pour décider en faveur ou contre le système de Berkeley, La sécurité, disons-nous, devait être absolue, irrésistible, inébranlable ; il en est ainsi. La croyance à robjectivile des sensations, c'est-à-dire à l'existence des corps, est universelle, irrésistible, absolue.
323. La foi dans Tautorité humaine nous offre un autre exemple de cet admirable instinct. Cette foi est nécessaire à l'individu comme à la société; sans la foi au témoignage des hommes, l'individu serait condamné à risolement, partant, à la mort. Cette foi importe à l'existence même du genre humain. Elle se