CHAPIT. XXXII. CRITERIUM DU SENS COMMUN. 26S
modifie selon les circonstances, elle a ses nuances, ses degrés, mais elle est. L'homme croit à la parole de rhomme en vertu d'une loi de sa nature. Quand les témoignages sont nombreux, que des témoignages contraires n'en viennent point atténuer la valeur, Tas^ sentiment devient irrésistible. Qui doute de Texislence deCoDstantinople? Et cependaut, le plus grand nom* bre ne connaît Constantinople que par ouï-dire.
Sur quoi repose la croyance au témoignage des hommes? Les raisons philosophiques que I on peut invoquer en sa faveur sont généralement ignorées, et, toutefois, l'adhésion des ignorants^n'est pas moins vive que celle des philosophes. Pourquoi? c'est qu'il y a nécessité, et à côté de la nécessité un instinct pour la satisfaire. L'homme a besoin de croire à l'homme : il y croit. Chose digne de remarque! céKe iacullé de croire est d'autant plus ouverte que la nécessité de croire est plus grande. Les esprits peu développés admettent tout ce qu'on leur dit; leurs yeux sont fermés, ils marcheut sur la foi d'autrui. Le jeune enfant qui ne connaît rien par lui-même croit, sans hésitation, les impossibilités les plus absurdes ; toute parole est pour lui un critérium infaillible de vérité.