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DE LA VALEUR DU TOUCHER POUR OBJECTIVER LES SENSATIONS

54. On a dit : Le tact est le plus sûr et peut-être Tunique témoin de l'existence des corps ; sans lui les sensations resteraient de simples modifications de notre être, nous ne pourrions les rapporter aux objets extérieurs. Je ne crois pas à la vérité de cette assertion. Nous recevons du tact une impression, comme nous recevons une impression des autres sens-, dans tous les cas, l'impression du tact est une modification de notre être et non un fait externe-, et lorsqu'en vertu de la continuité, en vertu de l'ordre auquel les impressions sont soumises, ou de leur indépendance de notre volonté, nous jugeons qu'elles procèdent de causes placées hors de nous, ce jugement, nous le portons à propos des impressions qui nous viennent du tact, comme de toutes les impressions qui relèvent des sens.

55. Une des raisons sur lesquelles on prétend établir la supériorité du témoignage du toucher par rapport à l'existence des corps, c'est qu'il nous donne l'idée ou la sensation de l'étendue : exemple, un homme, n'ayant conservé de tous ses sens que celui du toucher, éprouve, en parcourant avec sa main la

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