‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 20 sur 607 · CHAPITRE n.-^ÉTAT DE LA QUESTIOÎS · texte numérisé non relu

CHAPITRE n.-^ÉTAT DE LA QUESTIOÎS

le reste de la création, nierons-nous le mM\ ? Le physicien qui veut étudier la lumière et déterminer ses lois commeocera-t-il par faire la nuit autour de lui ?

15. C'est du dogmatisme, dira-t-on. Mais ce dogmatisme,^nous venons de le voir, a pour a])ppuis les sceptiques eux-mêmes, les Pyrrhon, les Hume, les Fichte. Ce n'est pas une simple méthode-, philosophique, c'est la soumission volontaire à une nécessité inévitable de notre nature, c'est la combinaison de la raison avec l'instinct, c'est l'attention multiple et simultanée aux diff*érentes voix qui résonnent dans le fond de notre esprit. Pascal a dit : « La nature confond les pyrrhoniens, la raison confond les dogmatismes. « Cette pensée, qui passe pour ])rofonde, et qui l'est sous certains rapports, renferme néanmoins une inexactitude. Il n'y a pas égahtc; de confusion dans les deux cas. La raison, si (îHe reste naturelle, ne confond point le dogmatiste; et la nature, soit seule, soit unie à la raison, confond le pyrrhonien. Le véritable dogmatisme commence par donner à la raison la nature pour fondement ; il se sert d'un instrument qui se connaît lui-même, qui confesse l'impuissance de tout prouver, et qui,' loin de choisir arbitrairement les premiers principes' dont il a besoin, les reçoit de la nature. Ainsi, la raison ne confond pas le dogmatisme qui, guidé par efle lui cherche un fondement solide. Quand hi nature confond les pyrrhoniens, elle atteste le Momphe des dogmatistes dont le principal argument contre le *^

scepticisme absolu est la voix de la nature même. La pensée de Pascal serait plus exacte sous cette forme ; u La nature confond les pyrrhoniens , et elle est nécessaire à la raison des dogmatistes. » L'antithèse serait moins brillante, mais plus vraie. Les dogmatistes ne méconnaissent pas la puissance de la nature. En dehors de cette base, la raison ne peut rien ; il lui faut un point d'appui. Avec un point d'appui, Archifhède offrait de soulever le monde ^ sans point d'appui, le levier le plus puissant ne remuerait pas un atome ^

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