‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 212 sur 607 · CHAP. VU. — ESPACE. NÉANT · texte numérisé non relu

CHAP. VU. — ESPACE. NÉANT

comme un vase immense dans lequel tous les corps sont contenus; faisons-y le vide, voilà une cavité egalea univers. Que si, par delàles limites du monde Il y a place pour d'autres corps, voilà l'espace sans un , 1 espace imaginaire.

L'espace se présente à nous d'abord, sinon comme une capacte infinie , au moins comme une capacité indéfinie. En quelque point de l'espace que nous concevions un corps , nous concevons qu'il se puisse

rnouvoir, décrire toute espèce de ligL ; prend toutes sortes de directions, s'éloigner indéfiniment de sa première place. Donc à cette capacité, à ces dimensions, nous n'imaginons aucune limitJ. Donc 1 espace est indéfini.

ccrÏ^n^Tr 'f "" "" P""" "^^"'- 0"'' ^«P«"dent cmams philosophes. L'espace, abstraction faite de

la superficie que présentent les corps et considéré comme simple intervalle, est un pur néant. Et, toutefois lis ajoutent : c'est à l'espace que les corps doi-

cep i ri'u ^^'T' "^ ""'"" «'-Nantirait, à l'exception d un seul corps, que celui-ci pourrait encore se mouvoir et changer de place PpiIp . "\^"''°'^ semble contenir des contradictions difilciles à conci-

toT/es" ~ ''''"' '""' '^'^ ""«'^ «'"^••««lie-

tout; 1'''"' "? "'^""' '""'"^ '^' ™^«' «" anéantit outes choses, ,1 semble que les murs ne peuvent

ester distants. L'idée de distance implique 'Idt

dn milieu entre les objets. Lenéant ne'peît étr u„

•"•lieu; Il n'est rien. Si l'intervalle n'esf rien, il n"y

42 LIVRE ni. — l'étendue et l'espace.

a pas de distance : le mot distance serait vide de sens. Dire que le néant peut avoir quelques propriétés, c*est bouleverser toutes les idées, c'est affirmer la possibilité de l'être et du non être en un même temps, et ruiner le fondement des connaissances humaines.

47. Prétendre que tout le contenu s'étant anéanti, il reste un espace négatif, c'est se payer de mots. Cet espace négatif est quelque chose ou il n'est rien 5 s'il est quelque chose , que devient l'opinion que nous combattons? s'il n'est rien, la difficulté reste la môme.

48. Mais , dira-t-on peut-être , bien qu'il ne reste rien entre les surfaces, celles-ci conservent la capacité de contenir. Observons alors que cette capacité n'est pas dans les surfaces, mais dans les distances respectives : s'il en était autrement, quelle que fût la disposition des surfaces, elles devraient avoir la même capacité , ce qui est absurde. Nous n'avons donc pas avancé d'une hgne. Il nous faut expliquer ce qu'est cette capacité, ce qu'est cette distance -, la question demeure tout entière.

49. On pourra répondre que le contenu des surfaces venant à s'anéantir, il reste le volume, et que l'idée de volume implique capacité. Mais l'idée de volume implique aussi l'idée de distance-, sans distance, il ne saurait y avoir de volume. Or comment cette distance existera-t-elle si la distance est un pur néant?

50. A bout d'efforts pour échapper à ces difficultés, il s'offre à nous une réponse, spécieuse en apparence, mais dont l'observation nous montre bientôt la futilité, La distance, pourrions-nous dire, est une pure

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négation de contact; or, la négation, c'est le néant. Donc la distance nous fournit ce que nous cherchons. Je le répète : cette solution est aussi futile que les précédentes. En effet, si la distance n'est autre chose que la négation de contact, il faut admettre l'égalité pour toutes les distances. Cette négation ne comporte pas le plus ou le moins. Que deux superficies soient distantes d'un millionième de hgne ou d'un million de heues, la distance est la même -, donc elle n'expHque rien, la difficulté reste.

*^1. Loin que la distance se puisse expliquer par le contact considéré comme son contraire , l'idée de contact ne nous est connue qu'au moyen de la distance. La contiguïté s'explique par la liaison immédiate-, nous disons de deux superficies qu'elles se touchent parce qu'entre les deux il n'y a rien, qu'il n'y a point de distance. L'idée de contact n'implique ni les qualités qui se rapportent aux sens , ni l'idée de faction que l'un des deux corps contigus peut exercer sur 1 autre, comme f impulsion ou la compression. La contiguïté est une idée négative, une idée purement géométrique, une négation de la distance, voilà toutpour être tout ce qu'elle peut être, il lui suffit que la distance ne soit pas. Deux choses sont plus ou moins distantes, mais elles ne peuvent se toucher plus ou moins 5 le contact a heu en plus ou moins de points Il ne saurait y avoir plus ou moins de contact.

52. Imaginons une sphère de deux pieds de diamètre entièrement vide ; au dedans de la sphère il ne reste que l'espace : si l'espace n'est rien, il ne re^sterien.

44 LIVRE m. .- l'étendue et l'espace.

Dans l'intérieur de la sphère vide le mouvement est-il possible ? Il semble qu'on ne saurait le mettre en doute. Il y a un corps mobile , une étendue plus grande que celle du corps, des distances à parcourirajoutons que l'impossibilité du mouvement impliquel rmt l'impossibilité de faire le vide dans la sphère ou, après avoir fait le vide, de la remplir de nouveau' Dans les deux cas, le mouvement est indispensable • or ce mouvement d'un corps dans un autre ne se fait que dans l'espace : I» parce que les corps sont impénétrables ; 2» parce que dans la sphère vide que l'on remplit de nouveau, le corps qui entre ne rencontre point d autre corps ; et que celui qui sort lorsqu'on y fait le vide parcourt l'espace qu'il abandonne espace qu'il occupe seul , dans lequel il ne reste rien après lui.

Ainsi dans une sphère que nous supposons vide Il peut y avoir mouvement; mais si l'espace contenu dans cette sphère est un pur néant, le mouvement lui-même n'est rien. Donc il n'existe pas. La distance est essentielle au mouvement; on ne conçoit point le mouvement sans une distance à parcourir. Or si la distance n'est rien , le mouvement ne parcourt rien, ,1 n'est rien. Que l'on dise, par exemple, que le corps a parcouru la moitié du diamètre ; si cet espace n'est rien, quel sens donner à cette phrase ? Ces raisonnements s'appuient sur l'axiome suivant • '< Le néant n'a aucune propriété. ,. J'ignore ce que 1 on peut y répondre.

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