CHAPITRE IX
DE CEUX QUI ATTRIBUENT A L'ESPACE UNE NATURE DISTINCTE DE LA NATURE DES CORPS.
62. Les considérations précédentes me semblent etabhr, a peu de chose près, que ce mot, espace-néant implique contradiction. '
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CHAP. IX. —OPINIONS SUR L'eSPACE. 5S
Cette proposition : « Tout corps est un composé >» n'est pas identique à celle-ci : « Tout composé est corps. » Donc, il peut exister des composés qui ne soient point corps. Être composé, c'est-à-dire avoir des parties, est une propriété des corps, mais ne constitue pas l'essence des corps -, au moins, n'en savonsnous rien. Il faudrait, dans cette supposition, se ranger à l'opinion de Descartes : l'étendu^î est l'essence des corps. Savons-nous s'il n'existe point des êtres composés et incorporels ?
64. Que l'on veuille bien le remarquer^ la manière dont la question était posée nous forçait à supposer Tespace comme substance, c'est-à-dire comme existant par lui-même, indépendamment de toute union avec un autre être. La difficulté une fois résolue dans cette supposition, elle est tranchée dans sa partie essentielle et la moins accessible, partant dans tout le reste. Si nous admettons lespace comme une réalité distincte des corps, nous sommes forcés de l'admettre comme substance, puisqu'il existe par lui-même et n'est inhérent à rien.
65. Nous avons dit : par cela qu'il est simple, il ne suit point qu'un être soit nécessairement esprit. Observons encore que ces deux propositions : a Tout esprit est simple, » et « Tout objet simple est esprit, » ne sont pas identiques. La simplicité est une qualité des êtres spirituels, qualité nécessaire, mais qui ne constitue pas leur essence. L'idée de simplicité implique négation de parties: mais l'essence de l'esprit ne peut consister en une négation.
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