CHAP. XIII.— NOUVELLKS DIFFICULTÉS
rait un pur néant; partant, il n'aurait point de distance, et ne saurait être mesuré par des lignes Ainsi se trouvent exclues une multitude de figures irrégulieres; amsi nous trouvons la régularité géométrique absolue germant, en quelque sorte, d'une idée métaphysique.
II suit de là qu'un corps unique, à angles rentrants est une impossibilité. En effet, dans cette figure le' pomt A, sommet d'un angle, devrait être séparé'du point D, sommet d'un autre angle, de la distance A D. Or, cette distance n'existe pas, car ci il n'y a pomt de corps il n'y a point de distance. Ainsi la distance serait et ne serait pas en même temp«, ce qui est contradictoire. '^ ' i
Au reste, l'observation des faits naturels vient contirmer d une manière particulière nos pré,"édentes inductions. La nature a comme une tendance à terminer toutes choses par des lignes et des surfaces courbes. Les orbites des astres sont des courbes- des surfaces courbes terminent les astres eux-mêmes. Les irrégularités que ces surfaces présentent sembleraient Il est vrai, détruire mes conjectures, mais la figure des astres est terminée par l'atmosphère qui les entoure. Or, cette atmosphère, étant un fluide, ne saurait offrir ces irrégularités.
88. Ici se présente une nouvelle cons('quence également étrange; c'est que nous sommes forcés d admettre l'existence dune surface géométrique parlaite , et cela , à priori.
Si là où il n'y a point de corps, la distance est mé-
tapliysiquement impossible, le principe vaut pour les grandes comme pour les petites distances-, d'où Ton conclut que le vide disséminé n'existe ni ne peut exister. Or il est évident qu'une surface n'est parfaite qu'à la condition d'être unie^ de telle sorte que la perfection géométrique est d'autant plus près d'être atteinte, que les irrégularités de la surface ont moins de relief. Une surface géométrique sera celle où nul point ne dépassera l'autre: or c'est le cas où se trouve, selon nos précédentes démonstrations, la surface de l'univers^ et c'est ce que nous nous proposions de démontrer.
Nous avons prouvé que la partie extérieure de la surface ne pouvait offrir des angles rentrants. Il est donc impossible qu'il s'élève sur cette surface même la plus légère proéminence : donc il est nécessaire , de nécessité absolue, que sur la surface extrême il y ait absence complète, absolue d'angles rentrants-, ce qui donne une surface géométrique parfaite.