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Il suit de ce qui précède que les objets, en

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tant qu'étendus, impliquent deux choses : multiplicité et continuité. La première de ces qualités est absolument nécessaire ; elle suppose des parties distinctes. Or ce qui est distinct ne peut être identique. La continuité, relevant de l'impression sensible, n'est pas essentielle aux choses étendues^ elle résulte d'un ensemble de rapports, nécessairement enchaînés dans l'ordre actuel de sensibilité, mais qui ne sont pas nécessaires d'une manière absolue dans Tordre réel. La philosophie transcendantale, s'élevant au-dessus des représentations, abandonnant le phénomène pour contempler les êtres en eux-mêmes, considère ces rapports comme de simples faits qui pourraient cesser d'être. Ainsi la correspondance du phénomène avec la réalité se trouve sauvegardée ^ le monde intérieur s'harmonise avec le monde extérieur 5 mais on ne transporte point à celui-ci les conditions subjectives du premier. Une chose peut être nécessaire par rapport à la représentation sensible, et ne l'être point en soi et d'une manière absolue.

2o0. Arrivé à ces hauteurs, l'esprit humain voit se dérouler devant lui comme un nouvel univers. Disons-le, dans la joie de notre cœur, cette découverte apporte une preuve nouvelle en faveur du dogme catholique, et nous rend plus évidente et plus chère sa lumineuse infaiUibilité. Nous apprenons ainsi à nous défier d'une philosophie orgueilleuse, et toute de surface, qui croit découvrir une contradiction partout où des ombres augustes viennent arrêter ses regards.

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m. Il est un mystère que l'Éghse catholique célèbre avec toutes les pompes, toutes les manifc^stalions du respect et de la foi! Mystère de l'amour par excellence, résumé sublime et profond du symbole clirétien tout entier.

L'incrédule a vu nos saints tabernacles, et dans son ignorance il a dit : « Monument de superstition ! l'homme adore une absurdité. »

Que l'on me pardonne si je semble empiéter sur les droits de la théologie; mais l'occasion me semble SI belle d'en finir avec certaines difficultés sans cesse soulevées, que je ne saurais y résister; le sujet, d'aïUeurs, vaut bien qu'on s'y arrête; je serai bref.'

2o2. Le mystère eucharistique est un fait surnaturel; ni la faible raison de l'homme ne le saurait comprendre, ni sa parole l'expliquer. Il ne s'agit donc point ici d'expliquer philosophiquement un mystère (qui oserait égarer si haut sa vanité?), mais uniq[ue. ment de savoir si le mystère eucharistique est absorde en soi, c'est-à-dire intrinsèquement contradictoire, ce qui impliquerait l'erreur, car la toute-puissance elle-même ne va pas jusqu'à réaliser l'absurde. Le fait, bien qu'en dehors des lois de la nature, e^it-il possible? la question est là; dès lors, elle entre dans le domaine de la critique. Admet-il Dieu , l'incrédule doit admettre sa toute-puissance ; ce qui reste à discuter, ce n'est donc point si Dieu peut ou ne peut pas faire le miracle, mais s'il l'a fait.

253. Difficultés soulevées contre l'auguste mystère de l'Eucharistie. Un corps existe en dehors des con-

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ditions auxquelles les autres corps sont soumis ; il ne produit aucune des impressions sensibles que les autres corps produisent ; il se trouve en même temps en plusieurs lieux. Pour résoudre ces difficultés, précisons les idées.

254. Et d'abord , que l'on se rappelle la théorie de la sensibilité que nous avons exposée dans ce volume^ on comprendra combien ces objections sont futiles.

Sous les espèces sacrées, un corps existe , que nos sens ne peuvent atteindre^ il y a miracle , j'en conviens-, mais impossibilité, je le nie. Il n'existe, nous l'avons prouvé, nul rapport nécessaire entre les corps et notre fajculté de sentir-, ce dont il s'agit ici ne saurait s'expliquer par aucune propriété intrinsèque soit de Fesprit , soit de la matière. Il nous faut invoquer une cause supérieure libre-, mais cette cause peut suspendre les rapports qu'elle établit. A ce point de vue, la question se réduit à ceci: Est-il au pouvoir de la toute-puissance qu'un corps n'excite point en nous les phénomènes de la sensibilité-, en d'autres termes. Dieu peut-il suspendre les lois qu'il a hbrement établies ?

Que Ton nous dise s'il est deux solutions possibles ? Il faut la résoudre affirmativement ou nier la toutepuissance.

255. Pour étabhr que le dogme eucharistique est une impossibilité, il s'agirait de prouver ce qui suit :

Qu'enlever à la matière la sensibilité passive, c'est détruire le principe de contradiction.

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