‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 261 sur 607 · CONCLUSION ET RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

CONCLUSION ET RÉSUMÉ

262. Avant de commencer le traité des idées, arrêtons-nous un instant sur l'idée de retendue.

Nous constaterons, en préparant des recherches nouvelles, quel fruit nous avons recueilli de nos précédents travaux.

La fécondité scientifique de cette idée, le rang qu^elle occupe dans notre esprit nous révèlent la distance qui sépare l'impression sensible de la perception intellectuelle. Nous ne savons, nous ne pouvons savoir si cette idée féconde précède en nous toute impression. Si elle est antérieure, nous n'en avions point conscience ; et, sous ce rapport, dire qu'elle est une idée innée, c'est avancer une proposition sans preuves.

Ce que l'on peut affirmer toutefois, c'est qu'il y a là deux ordres de phénomènes internes entièrement distincts; que la sensation n'a pu produire l'idée^ que Tidée est supérieure à l'impression externe et même à l'intuition interne sensitive, et, partant, que si l'idée ne préexistait pas dans l'intelligence, elle n'a pu naître de la sensation comme un effet de sa cause.

263. Nous voilà donc passant de l'ordre des sensations à l'ordre des idées , transition importante !

Nous voilà découvrant dans notre esprit uti nouvel ordre de faits. Que ces faits préexistent à l'impression, qu'ils se produisent au contact de l'impression, il n'importe! Dans le premier cas, l'intelligence nous apparaît comme enfermant des germes qui n'attendent pour éclore que la chaleur et la vie ^ dans le second, comme portant en elle la fécondité qui les produit. Etre sublime et privilégié parmi les êtres, qui, d'un seul élan, franchit les régions de la matière ou s'éveille au contact des impressions extérieures, pour une vie nouvelle que ce monde lui-même ne peut contenir.

264. Dans ce sens, il existe des idées innées^ idées que la sensation n'a pu produire. Dans ce sens, toutes les idées générales et nécessaires sont innées , car elles ne peuvent émaner de la sensation. La sensation n'est qu'un phénomène, un fait particulier, contingent, et, partant, incapable de produire une idée générale, l'idée des rapports nécessaires des êtres. La vue ou la représentation imagée d'un triangle est un phénomène contingent qui ne nous apprend rien sur les rapports nécessaires des côtés et des angles entre eux. Pour arriver à percevoir ces rapports et leur nécessité, il faut quelque chose de plus ^ ce quelque chose, qu'on l'appelle idées innées, force, activité, fécondité de l'esprit, comme on voudra, il est certain qu'il existe, qu'il n'a pu naître de la sensation, qu'il relève d'un autre ordre de faits que les phénomènes sensibles, et qu'il leur est infiniment supéri(»ur.

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