‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 272 sur 607 · CHAP. II. — LA STATUE DE CONDILLAC · texte numérisé non relu

CHAP. II. — LA STATUE DE CONDILLAC

pour y découvrir des phénomènes distincts de la sensation, des facultés qui n'ont rien de commun avec les facultés sensitives. Si Condillac s'en tenait à soutenir que nos facultés ont besoin pour se dév(îlopper et sortir de leur sommeil d'une sorte d'impulsion, rien là qui n'eût été conforme à la raison et à la philosophie. Mais prétendre que la faculté ([ui s'éveille, que la force qui se développe en nous n'est autre chose que le principe même qui donne l'impulsion, c'est aller contre le fait, contre l'observation elle-même ^ c'est se condamner à l'immobilité. Toutefois, l'auteur du Traité des Sensations s'applaudit de sa découverte. Impression actuelle, voilà ce qu'est la sensation^ souvenir de la sensation, voilà l'idée intellectuelle. Le fond manque de solidité-, la forme y supplée. Sous l'apparence d'une observation déliée et pénétrante, l'auteur reste à la superticie des choses; il séduit ses disciples par la facilité. Tout sort de la sensation; mais c'est parce que le philosophe fait parler sa statue, comme il lui convient, sans rester dans l'hypothèse de la sensation seule.

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