‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 289 sur 607 · CHAP. XI. — INTUITION INTELLECTUELLE · texte numérisé non relu

CHAP. XI. — INTUITION INTELLECTUELLE

nous parle par ses œuvres , disent les saints livres : Cœli enarrant gloriam Dei. Le Dieu invisible se manifeste à nous dans les créatures visibles ; les cieux racontent sa gloire, le firmament annonce les merveilles de sa droite; c'est pourquoi Thomme, cn^ature intelligente, doit rapporter à lui toute gloire et tout honneur; mais ce même dogme nous apprend aussi qu'il est une autre manière de voir Dieu ; il nous apprend que, dans le monde meilleur, les bieinheureux le verront tel qu'il est et face à face. Voilà donc une différence établie par le christianisme entre les connaissances intuitive et discursive. D'une part, l'entendement va des effets à la cause; et, concentrant dans cette cause les idées de sagesse, de bonté, de sainteté, de toute-puissance infinies, il s'élève jusqu'à Dieu; de l'autre, Dieu s'offre clairement à lui non dans une idée conçue par la raison , non sous les voiles sublimes que la foi soulève, mais dans son essence môme. Dieu, devenu l'objet immédiat de notre faculté perceptive ! sans raisonnements, sans nuages !

Merveilleuse profondeur du dogme chrétien ! lueurs sublimes que laissent entrevoir tous nos mystères ! Cette distinction , si décisive pour la science idéologique, est enseignée dès les premières pages du catéchisme. Demandez à l'enfant ce qu'est Dieu; il répond, en énumérant ses perfections, c'est-à-dire en prouvant qu'il le connaît. Que si vous lui demandez pour quelles fins l'homme a été créé : Pour voir Dieu * répond-il, sans hésiter. N'est-<*e pas établir une dis-

tinction entre la connaissance de raisonnement ou par concepts et la connaissance intuitive-, connaître et voir ?

Page 1