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CHAP. XII. — SENSUALISME DE KANT

tendement; sensations distribuées dans les concepts comme en des casiers où elles se classent et se conservent.

Dès lors, l'entendement pur est si peu de chose que le philosophe français aurait pu Tadmettre sans difficulté.

81 En efFet, le système de la sensation transformée suppose une force de transformation par laquelle sont exphqués les divers phénomènes de Xkmi^. Sans cela, que deviendrait le titre même du traité de Condillac? Croit-on que ce philosophe se serait fait scrupule à: ^àmQiiv^XdL synthèse de F imagination , les rapports des intuitions sensibles avec Vunité de fa perception, entin, les fonctions logiques ou de raisonnement qui classent et comparent les intuitions sensibles ? Au fond, le système de Kant ne .diffère point du système de Condillac. A côté de son principe unique, la sensation, celui-ci ne reconnaît-il pas Texistence d'une force capable de transformer les sensations, de les classer, de les généraliser?

82. Encore un échec à la prétention la plus chère du philosophe allemand, l'originahté. Il a combattu le sensualisme par des arguments connus dans les écoles plusieurs siècles avant lui (Voir ch. v;ii); et lorsqu'il veut prendre une route nouvelle pour expliquer l'ordre intellectuel pur, il retombe dans le système sensualiste ; ses concepts vides, sans application en dehors de l'ordre sensible, ne nous apprennent rien que Condillac n'enseigne dans son analyse de la génération des idées ^ la différence est dans les mots.

Tout sensualiste adoptera sans peine et dans son entier la Critique de la raison pure^ lorsqu'il aura vu quelles applications le philosophe allemand fait de ses doctrines spiritualistes. Avant de proclamer avec emphase que le spiritualisme de Kant ruine le sensualisme de Condillac, il eût été bon d'aller au fond des choses.

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