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EXISTENCE DE LA RAISON UNIVERSELLE

1 52. La vérité générale a certains rapports avec la vérité particulière \ elle nous échappe si nous ne la rattachons à quelque objet existant ou pouvant exister. Tout ce qui existe est individuel et particulier. Le possible même, en tant qu'être, ne se conçoit qu'à la condition qu'on le particularise dans les régions vagues de la possibilité. L'être par essence, ftieu , n'est pas un être abstrait, mais une réalité injinie. Il individualise en lui l'idée générale de l'être dans sa plénitude, l'idée de toute perfection, Vidée de l'infini.

Plus de vérités générales si l'on ne pouvait les rapporter à des individualités réelles ou possibles. Toute connaissance serait purement subjective. La science n'aurait point d'objet 5 on saurait et il n'y aurait point de chose sue.

L'apparence même de la science manifeste quelque chose de plus qu'un fait purement subjectif. Croire que nous connaissons, c'est connaître quelque chose en nous ou hors de nous ; que si ce phénomène était un fait purement subjectif, s' objectivant lui-même, nous serions dans une erreur continuelle. La raison humaine, forcée de chercher le vrai à l'aide du faux, se sentirait irrémédiablement atteinte.

153. Dans cette correspondance de la vérité générale avec la vérité particulière, laquelle est le principe ? La vérité générale relève-t-elle des vérités particulières , ou les vérités particulières de la vérité générale? « Tous les diamètres d'un même cercle sont égaux. » Vérité générale. L'existence du cercle implique l'égalité des diamètres. Nous avons déjà vu que^a certitude de la vérité générale ne nous vient ni ne peut nous venir* de la vérité particulière -, mais, de son côté, la vérité particulière se peut passer de la vérité générale 5 les diamètres d'un cercle restent égaux, qu'il existe ou n'existe pas une intelligence capable de percevoir cette vérité.

154. La vérité ne pourrait être générale si elle cessait d'être vraie une seule fois. La vérité particulière resterait vraie alors même que la vérité générale viendrait à faillir. L'égalité des diamètres dans un cercle existant est une condition nécessaire à la vérité générale -, l'égalité des diamètres est indépendante de cette vérité. Il est vrai , en général , que tous les diamètres sont égaux, parce qu'il en est ainsi de tous les diamètres réels et possibles -, la vérité générale n'est autre chose que l'expression de ce fait. Un tout particulier est en soi plus grand que sa partie, abstraction faite de toute vérité générale. Si dans un tout particulier l'axiome ne se réalisait point, il cesserait d'être vrai en général que le tout soit plus grand que sa partie.

lo5. De ces observations on pourrait conclure que la vérité des principes dépend de la vérité des faits ,

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