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DU FONDEMENT RÉEL DE LA POSSIBILITÉ PURE; ÉCLAIRCISSEMENTS

162. Cette question de l'existence d'un être dans lequel les rapports de l'ordre possible trouvent leur point d'appui, question difficile, l'une des plus difficiles et des plus hautes de la science métaphysique, nous semble exiger certains développements. — Que l'on me permette d'insister sur les considérations que nous n'avons qu'effleurés au chapitre précédent.

Je vais remplacer les réflexions abstraites par un exemple dans lequel nous essayerons d'établir la possibilité des choses, indépendamment de cet être, raison de tous les êtres ; le résultat jugera la méthode que j'emploie.

163. « L'égalité des diamètres implique Ft^galité des cercles. )> Nul ne conteste cette proposition. Analysons-la ; c'est une proposition de l'ordre des possibilités-, elle fait abstraction, d'une manière absolue, de l'existence des diamètres et des cercles 5 point d'exception. La proposition est universelle.

On voit , au premier abord, que la vérité de cette proposition ne repose point sur notre expérience-, notre expérience est et doit être personnelle ; quelque multipUée qu'elle soit, quelle que soit sa durée, notre

expérience reste toujours infiniment loin de l'universalité.

164. Cette vérité ne relève point de notre manière de comprendre ^ nous la concevons comme indépendante de notre pensée. Que deviendrait-elle si nous cessions d'être ? elle resterait ce qu'elle est \ ne devant rien à notre existence, elle ne perdrait rien à notre anéantissement. Que si elle dépendait de nous en quelque chose, elle ne serait plus une vérité nécessaire, mais une vérité contingente.

165. Elle ne tient pas même à l'existence du monde des corps-, que le monde matériel s'évanouisse, elle restera vraie, nécessaire, universelle.

166. Mais qu'adviendra-t-il si , détruisant toutes choses, tous les corps, toutes les représentations sensibles, toutes les intelhgences , nous imaginons le néant universel, absolu ? La proposition restera vraie; il nous est impossible de la tenir pour fausse. Dans toutes les suppositions , notre entendement voit un enchaînement qu'il ne peut détruire \ la condition posée, le résultat suit d'une manière infailHble.

167. Un enchaînement d'une nécessité absolue, qui ne relève ni de nous ni du monde extérieur, un enchaînement qui préexiste à tout ce que nous pouvons imaginer, qui survit à la destruction de toute créature, ne peut avoir le néant pour cause première ; tout fait nécessaire a sa raison d'être.

168. Il est vrai qu'ici l'affirmation n'implique aucune réahté particuUère^ mais c'est là ce qui se peut objecter de plus fort contre ceux qui refusent à la

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