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CHAP. XXVI. — POSSIBILITÉ PURE

possibilité pure un fondement réel. N'est -il pas étrange que notre intelligence soit forcée d'admettre un rapport nécessaire d'une nécessité absolues, indépendamment de tout objet existant ? On conçoit qu'une intelligence en contact avec un ordre d'êtres connaisse la nature et les rapports de ces êtres ; mais comment découvrir cette nature, ces rapports nécessaires, en dehors de toute existence, si le fond sur lequel l'entendement s'arrête est le néant ?

169. Quelle erreur de croire que nous puissions faire abstraction de toute existence ? Même alors que nous supposions l'anéantissement de notre propre esprit, supposition facile, puisque la conscience nous révèle à nous-mêmes comme finis et contiagents, notre entendement ne laisse pas de percevoir un ordre possible, lequel est une simple possibilité, puisqu'il ne repose sur aucun objet réel. Je le répète, c'est une illusion qu'un instant de réflexion peut dissiper. Dans le néant absolu il n'est rien de possible ; toute combinaison avec le néant est absurde ; fond impalpable et vide, sur lequel on ne saurait rien représenter.

170. L'objectivité de nos idées, les rapports nécessaires que nous percevons dans l'ordre possible, rendent manifeste une communication mystérieuse entre notre esprit et l'intelligence incréée, principe et fondement de toute possibilité. Le possible est inexplicable si l'on n'admet cette communication., C'est l'action même de Dieu donnant à notre esprit les facultés en vertu desquelles il perçoit lè rapport néces-

saire que certaines idées ont entre elles-, rapport dont le fondement est l'être absolu , dont Timage ou le type se trouve dans l'essence infinie elle-même.

171. Nier cette communication, c'est nier la possibilité pure, et partant toutes les vérités de l'ordre possible qui s'y rapportent j c'est ruiner toute science. Point de rapports nécessaires s'il n'existe un être nécessaire sur lequel ces rapports s'appuient et où ils soient représentés. Dès lors impossible de connaître autre cliose que ce qui est ou même ce qui paraît, ce qui se voit, ce qui nous affecte. Impossible de rien affirmer en dehors de l'ordre actuel. Nous ne pouvons dire : « Cela sera ou ne sera point, cela peut ou ne peut pas être. » Tout ce qui s'élève au-dessus de la sphère des phénomènes individuels est à jamais celé pour nous.

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